Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Mali    Publicité
aBamako.com NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Démolition des 1552 logements de Souleymanebougou : Le maire de Moribabougou, Diarha Diarra : « Je ne me reproche rien. C’est le Préfet de Kati qui a livré des permis d’occupation »
Publié le jeudi 1 octobre 2015  |  Politicien Africain
Opération
© aBamako.com par Androuicha
Opération de démolition des constructions illégales à Souleymanebougou
Bamako, le 23 juillet 2015. Le ministère des affaires foncières et des domaines de l`Etat a entrepris la démolition des constructions illégales sises à Souleymanebougou dans le cercle de Kati.




Indexé pour avoir livré illégalement des permis d’occupations à la zone de Souleymanebougou aux personnes dont les maisons ont été démolies, le jeune maire de la commune rurale de Moribabougou, Diarha Diarra, se dit blanc comme neige dans cette affaire. Dans une interview qu’il nous a accordée, le samedi 19 septembre 2015, à son domicile (sis à Moribabougou), ce jeune candidat à sa propre succession à la tête de Mairie de commune rurale de Moribabougou nous a entretenu sur les vastes chantiers qu’il a abattu pour le développement de Moribabougou, le report des élections communales, régionales et du District de Bamako, ainsi que l’hommage qe s’apprête à lui rendre l’Association des jeunes premiers.
Depuis votre ascension à la tête de la mairie de Moribabougou, quelles sont vos réalisations marquantes ?
On gère une commune par le pouvoir donné par la population de décider à leur place. L’Education, la Santé et l’Hydraulique sont les trois compétences qui ont été d’abord transférées à la Commune. Partant de ce fait, la population de Moribabougou sait ce qui a été fait. Au point de vue du soubassement de la ville, beaucoup de réalisations ont été faites. Du point de vu hydraulique, un travail colossal a été abattu. Moribabougou était confrontée à un problème crucial d’eau, mais aujourd’hui, il y a beaucoup adductions d’eaux. Pour ce qui concerne le volet de la santé, beaucoup de choses ont été réalisées. S’agissant des infrastructures, il y a eu plusieurs réalisations. Dans le domaine de l’emploi, beaucoup d’emplois ont été créés. Moribabougou étant une commune rurale, au début la mairie n’employait que deux agents. Au jour d’aujourd’hui, la mairie emploie plus d’une vingtaine de personnes qui sont payées uniquement par le budget de la municipalité. Au niveau des enseignants, on n’en parle pas.
Le ministre des Affaires foncières et des domaines de l’Etat, Me Mohamed Ali Bathily, a ordonné la démolition de 1552 logements sociaux de Souleymanebougou. Dans l’attribution illégale de permis d’occupation de ces logements appartenant à l’Aci, à des particuliers, certains maires ont été pointés du doigt. Votre nom est parmi ces maires spéculateurs fonciers. Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés ? Avez-vous délivré des permis d’occupation à des particuliers dans la zone Souleymanebougou ?
Une commune, c’est le maire. Et dans tout ce qui arrive de bon ou de mal, le maire est concerné. Par rapport au cas de Souleymanebougou, bien avant le transfert des compétences, Moribabougou relève du Cercle de Kati. Et bien avant la présence de l’Aci, il y avait des propriétaires terriens (des vieux) qui étaient là, bien avant la période coloniale. Pour régulariser leurs parcelles d’occupation, afin de pouvoir subvenir à leurs besoins, ces vieux ont approché le Préfet. En fonction de cela, le Préfet a régularisé leurs parcelles. Certains gens, sans chercher à comprendre, pensent que c’est le maire (moi) qui a livré ces permis d’occupation. Pourtant, c’est tout a fait le contraire. Je ne me reproche rien. Les personnes dont les maisons ont été démolies savent l’endroit où elles ont eu leurs papiers. Tout le monde l’a dit, c’est avec le préfet qu’ils ont eu leurs permis d’occupation. Leurs maisons ont été détruites, c’est regrettable pour tout le monde. Ce sont des Maliens comme nous tous, je pense qu’on pouvait trouver une autre solution que la démolition. C’est vraiment regrettable.
Le report des élections communales, régionales et du District de Bamako, initialement prévues à la date du 25 octobre 2015, défraie la chronique. Pensez-vous qu’elles pouvaient se tenir à cette date, même compte tenu de la dégradation sécuritaire sur presque l’ensemble du territoire ?
Par rapport à la tenue ou au report de ces élections de proximité à la date du 25 octobre 2015, je fais partie d’un parti politique’’ UM-RDA Faso Jigi. Donc, il m’était très difficile de me prononcer personnellement à ce sujet. Tout compte fait, tout ce qu’on souhaite au Mali, c’est la stabilité et la paix. Je souhaite qu’il y ait des élections paisibles et transparentes dans un Mali unifié. Les gens ont eu peur, par rapport à cette problématique des élections communales, régionales et du District de Bamako, parce que le pays risquait d’être scindé. Pour l’unité du Mali, nous devrions nous donner la main.
L’Association des jeunes premiers a décidé de vous décerner une médaille à cause de vos bons et loyaux services rendus à la commune de Moribabougou. Qu’est-ce que cela vous fait ?
Je remercie d’abord le bon Dieu pour le choix porté sur ma modeste personne. Le prix ne sera pas décerné à ma seule personne, mais à toute la commune rurale de Moribabougou. D’ailleurs, ce sont les populations de Moribabougou qui m’ont porté à la tête de la Mairie, donc s’il y a récompense ce sont elles qui doivent être récompensées. Pour qu’un maire puisse faire des réalisations, il faut d’abord qu’il y ait de l’entente. S’il y a l’entente, on peut tout reussir. C’est pour dire qu’il existe une parfaite entente dans la commune de Moribabougou.
Quel appel avez-vous à lancer aux Maliens en général et à la population de Moribabougou en particulier, pour la paix et la réconciliation nationale ?
Au Mali, on se réfère toujours au passé pour bâtir le présent. Le passé du Mali, comment était-il ? Les gens s’aimaient, aujourd’hui c’est tout à fait le contraire. Les gens n’aiment plus les gens. Pour que Dieu nous réponde, il faut qu’on s’aime d’abord. Des esprits ensemble, des cœurs unis, tant qu’il n’y a pas cela, il est très difficile que Le bon Dieu nous réponde. Les divergences qui existent au Mali, c’est la faute à nous-mêmes. Il faut qu’on s’unisse pour qu’il y ait la paix.
Réalisée par Badra Aliou Touré
Commentaires