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Ibrahim Boubacar Kéita, AN II : Et pourtant…le Mali tourne
Publié le mercredi 7 octobre 2015  |  La Nouvelle République
Remise
© aBamako.com par A S
Remise officielle de deux bateaux à la COMANAV
La remise officielle de ces bateaux à la Comanav a eu lieu samedi, à Koulikoro, par le chef de l’Etat en présence du Premier ministre, Modibo Kéïta, du président de l’Assemblée nationale.




« Et pourtant elle tourne ».Galiléo Galilée, hautement suspecté d’hérésie, pour avoir professé que la terre tourne autour du soleil fut contraint d’abjurer et de maudire publiquement « ses erreurs » sous peine de perdre la tête. Plus que pénétré de sa conviction, il prononça en aparté cette phrase : « Et pourtant elle tourne ».

Nous pourrions paraphraser cette phrase qui a traversé les âges, cette vérité qui, comme la crotte de la hyène, blanchit au fil du temps, pour dire : « et pourtant…le Mali tourne ». Malgré le ressenti quelque peu défavorable des populations, malgré l’ambiance de sinistrose entretenue par l’opposition, il semble qu’il existe quelques motifs de satisfaction. Le candidat IBK avançait sur un trépied : la Paix au Nord et la réconciliation des Maliens ; la refondation l’armée nationale ; le développement agricole. Le président IBK peut être fier des résultats obtenus sur ces trois fronts, sans oublier la relance de l’économie fortement soutenue par les activités commerciales.

Et pourtant…le Mali tourne. L’un des thèmes que l’actualité a imposé dans la campagne présidentielle, c’est bien le retour de la paix au Nord. IBK, en a fait la pierre angulaire de sa vision : pas de Mali sans paix au Nord ; pas de Mali sans paix tout court. S’inspirant des échecs enregistrés par les différents accords et pactes, le président de la République a choisi de changer de fusil d’épaule et d’adopter une nouvelle approche afin d’apprendre des erreurs passées. Le premier acte important posé, a été de dessaisir le Burkina Faso du dossier pour le confier à l’Algérie. Malgré les grincements de dents (le Burkina avait obtenu au nom de la CEDEAO un premier accord qui a permis l’organisation des élections générales de 2013) et les déceptions (le Maroc espérait souffler le traitement de ce dossier à son encombrant voisin qu’il soupçonne de souffler sur les braises au gré de ses intérêts), le président IBK a gardé « la nuque raide » sur sa conviction que le salut ne pouvait venir que de chez Bouteflika. Hormis les lignes infranchissables (l’intégrité du territoire, la laïcité de la République, l’unité nationale), le président IBK a fait un point d’honneur à faire du Mali le lieu de la signature de l’accord.

Malgré les atermoiements, les surenchères, les caprices, le document portant paix et réconciliation au Mali fut paraphé le 1er mars. L’attitude de la Coordination des mouvements de l’Azawad laissait entrevoir quelques difficultés pour la signature des accords. Finalement, cela fut fait en deux étapes. D’abord le 15 mai, où en présence de dirigeants venus d’Afrique et du monde, le président IBK présidait la cérémonie de signature des accords, sans la CMA. Celle-ci, daigna enfin se joindre au mouvement d’ensemble en faveur de la paix le 20 juin. L’émotion était à son comble. Le président IBK a lâché quelques larmes avant de fondre dans les bras de ceux qui ont longtemps tenu l’Etat en respect avec leurs armes.

Le diner offert en grande pompe à Koulouba pour fumer définitivement le calumet de la paix dissipait mal les difficultés qui n’allaient pas tarder à surgir. Le rôle de la Minusma, jugé flou et ambigu par l’opinion malienne, la partialité supposée ou réelle de la France, la mauvaise foi de la CMA, le bellicisme gênant du GATIA, les desseins inavoués de partager le Mali, sont autant de points d’achoppement que les uns et les autres s’activent à surmonter. Près de cinq mois après la signature par toutes les parties de l’accord de paix et de réconciliation, sa mise en œuvre pose problème. Mais, personne aujourd’hui ne semble nourrir le dessein de reprendre les armes.

Et pourtant…le Mali tourne. De son élection à aujourd’hui, IBK n’a eu de cesse de garder l’armée au centre de ses préoccupations. Parce qu’à l’image de l’Etat dont il a hérité, les Forces armées maliennes étaient complètement désarticulées et par terre. C’est le premier ministre de la Défense d’IBK, SoumeylouBoubèyeMaïga, qui dépeint le mieux la situation trouvée : « A l’entrée en fonction de notre Gouvernement en septembre 2013, la situation des Famas se résumait comme suit :

Un profond traumatisme et une crise de confiance, y compris dans la relation avec le reste de la nation, consécutifs à la défaite et à l’humiliation subies dans les régions du Nord ainsi qu’aux évènements liés au putsch du 22 mars 2012.
Un engagement dans les opérations militaires pour consolider la reconquête des régions du Nord, y combattre les forces terroristes et séparatistes, protéger les populations, sécuriser le redéploiement de l’administration et s’intégrer dans des opérations conjointes avec nos partenaires régionaux et internationaux.
La taille et les exigences du théâtre d’opération ont été démultipliées à partir de janvier 2013, passant d’une ligne d’environ 300 km Kona-Diabali où les FAMAS avaient essentiellement une mission statique de « garde-frontières » à un théâtre couvrant l’ensemble des 3 régions du Nord, toutes les villes comprises entre Kona et Tessalit d’une part et celles comprises entre Diabali et Kidal d’autre part ainsi que le secteur de Nara (cf. le décret créant l’opération Maliba)
Le niveau de l’équipement de nos forces était notoirement insuffisant et inadéquat (le ratio en armement individuel tournait autour de 45% dans le Nord, c’est à dire en zone opérationnelle, et de 20% dans le reste du pays).
Les conditions de vie et de travail des militaires étaient globalement infrahumaines en matière d’habillement (les dernières dotations en tenue remontaient à deux voire trois ans pour certains), de couchage et d’alimentation.
De plus, les déserteurs qui ont rejoint les rangs adverses continuent de porter leurs uniformes des FAMAS dans les actions contre celles-ci ou dans les actions et violences perpétrées contre les populations.

Certains de nos partenaires ne sont pas favorables à un équipement renforcé de nos Forces Armées.
Des ressources financières insuffisantes en dépit des efforts consentis par l’Etat depuis début 2012.
Faire la guerre, reconstruire les capacités opérationnelles et œuvrer à la réhabilitation et au réarmement moral des FAMAS, telles étaient les tâches qu’il fallait mener simultanément et dans l’urgence afin de garantir l’intégrité du territoire, la souveraineté de l’Etat, la sécurité des populations et la stabilité des nouvelles Institutions issues des élections de 2013 ».

C’est fort de constat que l’Etat a décidé d’équiper les Forces armées maliennes. Malgré la clameur et les accusations, les FAMAs ont été équipées. Contre vents et marées dirions-nous. C’est la conviction de l’ancien ministre de la Défense : « Ces acquisitions contribuent à renforcer les capacités opérationnelles de nos forces et nos hommes bénéficient pour la première fois d’effets d’habillement et de couchage, en cours dans toutes les armées modernes, qui leur rendent leur identité et leur dignité ». Au plus fort de la tempête qui a suivi l’achat des équipements militaires, Soumeylou mettait en garde contre la mauvaise publicité faite autour des FAMAs en pleine reconstruction morale et contre les desseins inavoués de certains partenaires financiers. « Certaines des critiques qui se sont exprimées ne peuvent pas nous opposer l’exemple d’une seule armée, à fortiori en guerre, qui organise de la publicité sur ses acquisitions. Et quand on sait que nombre de nos partenaires ne souhaitent pas en réalité que nous ayons une armée forte, il est à craindre que la médiatisation orchestrée autour de ces dossiers , sur lesquels l’Etat n’a occulté aucune information dans le cadre de ses relations avec les institutions et sur lesquels il a d’ailleursassuré être prêt à suivre les différentes recommandations, ne vise au fond à inhiber notre autonomie de décision et nous faire passer désormais sous des fourches caudines à propos d’une question fondamentale de souveraineté ». Cette conviction de Soumeylou est partagée par le président de la République. Lors de sa visite dans la région de Sikasso, IBK n’est pas passée par quatre chemins. Nous publions quelques extraits des déclarations d’IBK : « Soldats du Mali, je suis venu ici aujourd’hui vous dire mon engagement total à faire de notre armée nationale une armée parmi les meilleures, Incha Allah, à vous équiper. Oui! Tout a été fait pour nous tordre la main, pour nous empêcher de vous équiper. Et vous serez équipés, ou alors notre vie n’aura pas de sens. Notre mission n’est pas de venir jouir d’un pouvoir, mais de servir le Mali. Et, servir le Mali aujourd’hui, c’est servir nos forces de défense et de sécurité. Les mettre à hauteur de souhait, pas que matériellement, mais moralement aussi.

Elles doivent bénéficier de logis décents et il est temps que l’on vous sorte des quartiers. Que le rassemblement de nos éléments de défense et de sécurité puisse se faire dans des conditions dignes de toutes les forces de défense et de sécurité à travers le monde. Cela est ma mission et je n’aurai de cesse de l’accomplir. Donc, je suis venu ici aujourd’hui, pas en touriste, vous sentir et me sentir plus près de vous.

Ce repas de corps que je partagerai avec vous n’est pas folklorique. Il est un témoignage. Dans toute société, le partage du pain n’a jamais été indifférent. Je le ferai avec vous, pour dire que la vie de chacun et de chacune d’entre vous m’importe au plus haut degré. C’est pourquoi nous ferons tout pour que vous soyez en capacité de défense en toute circonstance, grâce aux équipements auxquels vous avez droit et dont vous avez besoin ».

Les Maliens retiendront qu’une loi de programmation militaire a été votée qui devrait permettre à l’armée dans mieux outillée dans les 5 ans à venir (l’histoire retiendra que la première loi de programmation militaire de l’ère démocratique a été votée quand IBK était Premier ministre).

Et pourtant…le Mali tourne. Le président IBK demeure convaincu que le salut du Mali passe l’agriculture. Raison pour laquelle il a multiplié les initiatives en direction du monde paysan afin de booster la production et d’alléger les difficultés. Preuve ne peut être plus éloquente que cette cérémonie de mise à disposition des producteurs de 1000 tracteurs subventionnés par l’Etat à hauteur de 50%. Avant les tracteurs, le président IBK avait instruit de subventionner le prix des intrants agricoles afin de booster la production. Et pour couronner le tout, la part du budget national a été portée à 15%.

Ces efforts ne sont pas passés inaperçus. En effet, lors de sa réunion à Rome au mois de mai dernier, la FAO a décerné un prix au président IBK parce que le Mali est l’un des rares pays africains à avoir atteint le premier objectif des OMD.

Et pourtant…le Mali tourne. L’économie malienne a fait mieux que de se défendre. Malgré les bourrasques en tous genres et les crises avec les partenaires techniques et financiers, le Mali a pu obtenir un taux de croissance de 7,2% essentiellement porté par les activités commerciales et les services. Fort de cette embellie, le pays a entrepris d’éponger sa dette intérieure. Sur les instructions du président de la République, plus de 500 milliards ont été pays à la date du 10 janvier 2015 pour permettre la relance de l’économie (cette précision de la date et des chiffres a été donnée par le président de la majorité présidentielle lors du meeting commémorant les deux ans d’IBK au pouvoir).

Comme on le voit, le Mali tourne, malgré tout. Tout n’est pas rose, loin s’en faut. De sérieux efforts restent encore à accomplir.

Bassaro Touré


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