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Ségué: une attaque djihadiste repoussée
Publié le jeudi 15 octobre 2015  |  Info Matin
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© RFI par DR
Un combattant du Mujao monte la garde près de l`aéroport de Gao.




Dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 octobre, une attaque djihadiste a été repoussée dans la localité de Ségué, cercle de Bankass, en 5e région. Dans leur débandade, les assaillants ont abandonné une moto et un sac contenant plusieurs objets, dont une tenue militaire. La principale de cible de cette attaque djihadiste avortée a bien voulu témoigner de son calvaire.

Décidément, le pays dogon, notamment la plaine du Seno, est devenu le lieu de prédilection des groupes terroristes circulant à moto, présumés proches de Amadou KOUFA du Front de libération du Macina. En effet, après l’attaque meurtrière de la localité de Ouenkoro, chef-lieu d’arrondissement et de commune du même nom, dans le cercle de Bankass, le samedi 12 septembre 2015, et celle de la localité de Bi, dans le cercle de Koro, le samedi 19 septembre, et juste avant l’attaque meurtrière de Douna Pen, le vendredi 9 octobre ; la localité de Ségué, dans le cercle de Bankass, a reçu la visite nocturne des djihadistes. Mais, à la différence des autres localités, les assaillants ont failli laisser leur peau à Ségué.
Ainsi, dans leur débandade, ils ont abandonné une moto, un sac contenant de tenue militaire, et autres biens matériels qui peuvent d’ailleurs bien inspirer les enquêteurs.
La population de Ségué, en majorité chrétienne, a passé une nuit blanche dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 octobre 2015.
Entre 00h et 1 heure, des assaillants enturbannés ont encerclé le domicile du conseiller communal, Théodore SOMBORO, un redoutable chasseur, à l’entrée de la localité. Pour une fois, les assaillants se sont trompés de cible. Le chasseur SOMBORO leur a tenu tête et a même réussi à les mettre en déroute, selon des sources locales. Nous avons pu joindre, hier, au téléphone le conseiller communal, Théodore SOMBORO.
Son récit :
«Dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 octobre, entre 00h30 et 1heure du matin, j’ai été réveillé par la soif et la faim de manger. Au moment où je cherche à laver mes mains pour manger, quelqu’un, dans la nuit noire, dans ma cour, me demande, qui suis-je, en bamanankan ? Aussitôt, j’ai braqué ma torche sur lui. Il était habillé en vert et enturbanné, il a tiré sur moi et les autres embusqués ont commencé également à tirer. Heureusement, je n’ai pas été touché par les balles. Je me suis alors retiré dans mon salon pour chercher mon arme. Entre-temps, ils sont se tirés entre eux, un d’entre eux a été blessé. Ils l’ont pris pour regagner leurs motos gardés quelque part, non loin du village. Dans le village, des gens attendaient des coups de feu, mais personne ne pouvait venir à mon secours. Ma concession se trouvant un peu à l’écart du village. Au moment de l’attaque, j’étais avec les membres de ma famille, mes enfants et mes deux femmes.
Quand j’ai compris qu’ils fuyaient, je les ai poursuivis, un d’entre eux a paniqué croyant que j’étais très proche de lui et a abandonné sa moto pour prendre la poudre d’escampette, dans les buissons. Je me suis retourné à la maison.
Le lendemain, nous avons informé la gendarmerie de Bankass, qui est venue faire le constat. Le ratissage de la zone nous a permis de retrouver la moto abandonnée et un sac. Il s’est avéré que la moto abandonnée appartient au sous-préfet de Ouenkoro. Cette moto a été enlevée lors de l’attaque de cette localité. Aussi, la tenue militaire retrouvée dans le sac abandonné appartenait au gendarme tué lors de la même attaque. S’agissant du béret, il appartient à l’un des gendarmes rescapés de l’attaque. D’ailleurs, c’est ce dernier parmi les éléments déployés pour le constat à Ségué qui a reconnu son propre béret et la tenue de son collègue tué ».
Ces attaques à répétition, avec les mêmes méthodes, inquiètent les populations du pays dogon, notamment celles de la plaine du Seno. Pour rappel, l’attaque de la localité de Ouenkoro, en septembre dernier, a fait un mort (un gendarme) et plusieurs dégâts matériels. Les assaillants, arrivés sur 2 motos, ont attaqué le poste de gendarmerie, avant de brûler ses locaux, puis incendier des véhicules et emporter 2 motos.
Le samedi 19 septembre, le poste frontalier de police de la localité de Bih, dans le cercle de Koro, a été attaqué faisant quatre morts, dont deux policiers, des armes et une moto emportées. Dans la nuit, du vendredi 9 au samedi, la localité de Douna –Pen, cercle de Koro, a été attaquée par les terroristes tuant un conseiller communal et son fils.
Si aucun élément de ces attaques n’a été encore arrêté, les soupçons pèsent sur les membres du front de la libération de Macina de Amadou KOUFA.

Rencontre ministres et des députés de la zone
Aux dernières nouvelles, nous avons appris que suites aux attaques répétées, dans cette partie du pays, une concertation a eu lieu entre les députés et les deux ministres (ministre de la Défense et des anciens combattants et le ministre de la Sécurité intérieure et de la protection civile) pour la sécurisation et la protection des populations de Bankass-Koro et Douentza. S’agissait, selon nos sources, la rencontre s’est articulée autour de comment mutualiser les actions pour mieux organiser le secteur. En tout cas, en ce moment difficile, ces cercles ont besoin d’une attention particulière des gouvernants.

Par Hamidou TOGO
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