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Accusé d’assassinat d’un chauffeur de sotrama : L’adjudant-chef de police Abdoul Aziz Maïga relaxé faute de preuve
Publié le vendredi 16 octobre 2015  |  L’Indépendant
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© Autre presse par DR
Police national




C’est un dossier d’un amateurisme sans équivoque qui a passé, mercredi 14 octobre, devant la Cour d’assises de Bamako dans l’affaire opposant le parquet à Abdoul Aziz Maïga et trois autres, accusés d’assassinat et complicité.

Les faits. Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2001, les adjudants de police Abdoul Aziz Maïga et Modibo Konaté avaient reçu un ordre de la hiérarchie leur indiquant de se rendre à Bougouni en mission de lutte contre la contrebande à bord d’une Mercedes 190. Ils étaient accompagnés de deux indicateurs.

Sur la route, ils croisèrent un véhicule 4X4 suspect qui transportait, semble-t-il, de la cigarette aux portes de Bamako. Ils ont donc suivi le véhicule jusqu’au niveau de l’ancien palais des Congrès (actuel CICB) où ils demandèrent au conducteur du véhicule suspect de s’arrêter. “Il a fait semblant de s’arrêter et a subitement fait marche arrière en nous cognant avant de s’enfuir”, a expliqué l’adjudant Maïga à la barre hier.

Les policiers se rendirent donc à la brigade fluviale où le véhicule qu’ils poursuivaient est arrivé avec à son bord des éléments de la garde nationale.

“Ledit véhicule appartient à Soumaïla Cissé (actuel député de Niafunké) alors ministre des Finances“, a expliqué M. Maïga, ajoutant que, sans autre forme de procès, lui et son collègue Modibo Konaté ont été conduits au camp I de la gendarmerie de Bamako où aucun procès verbal n’est sorti de leur interrogatoire.

Il s’est trouvé qu’une semaine auparavant, un chauffeur de SOTRAMA a été tué, nuitamment à Garantiguibougou, en compagnie de son apprenti. Des personnes dans une Range Rover auraient tiré sur lui.

Et, trois mois après leur libération du Camp I de la gendarmerie de Bamako, les policiers se sont vus de nouveau interpellés pour l’assassinat du chauffeur de SOTRAMA, qui répondait au nom de Yacouba Diallo.

“C’est un dossier troublant”

Pour le ministère public, c’est manifestement un dossier mal monté et mal instruit.

“On a l’impression que ce n’est pas la même affaire (l’assassinat ayant eu lieu le 25 décembre 2014 et la mission des policiers le 2 janvier 2015, ndlr)”, a-t-il dit. “Les deux affaires ne se sont pas passées le même jour encore moins au même endroit“, poursuit-il. L’assassinat a eu lieu à Garantiguibougou et l’affaire des agents devant le CICB.

Le parquet déplore, du reste, l’absence du témoin-clé qu’est l’apprenti de la victime durant toute la procédure. Aussi, selon le Procureur général, on aurait même pu vérifier s’il y a eu une autre mission des mêmes agents de la brigade spéciale entre les deux évènements. “Mais rien de tout cela n’a été fait”, s’étonne-t-il.Selon les déclarations de la partie civile, plusieurs jours après la mort de son mari, elle a appris à la gendarmerie que le tueur de son mari était Abdoul Aziz Maïga.

“On ne peut pas travailler légalement avec les informations d’un témoin invisible encore moins sur la base de simples déclarations de la partie civile “.

Après délibération, l’adjudant Abdoul Aziz Maïga et l’un des indicateurs ayant comparu ont été acquittés par la Cour. Modibo Konaté et l’autre indic ont été condamnés par contumace à la peine de mort.

Aboubacar DICKO
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