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Élection avant la reconquête du nord : Les prémisses d’une confrontation civilo-militaire au sud
Publié le vendredi 28 decembre 2012  |  L'enquêteur




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Apres avoir sacrifié son Premier Ministre, l’astrophysicien Cheick Modibo Diarra, le Pr. ‘’Mathémagicien’’ Dioncounda (l’unique Président au monde qui a le temps de beaucoup réfléchir sur tout et de peu agir) a repris la main. Non seulement il a les cartes en mains pour gouverner le pays selon son intuition du moment où en fonction de sa bonne étoile, mais l’ONU vient de lui aménager un large boulevard, avec la résolution 2085, qui lui confère toute la latitude d’organiser les élections avant la libération du nord. Une nième victoire du FDR, non seulement sur Kati, mais aussi sur la COPAM et ses alliés; car l’Adema, accompagnée de ses affidés, est partie pour rester éternellement aux commandes de la République dans l’impunité la plus totale et avec une insolente facilité.

L’élection c’est maintenant ! La libération c’est Inchallahou !

Comment peut-on parler d’élection dans un pays qui est en voie de disparition ou coupé en deux ? Ces mots, sortant de la bouche des hommes politiques, avaient surpris Mme Zuma, présidente de la commission de l’Union Africaine (UA), lors du sommet de Bamako en octobre dernier. Dans les coulisses, elle avait montré son indignation en ces termes: «Alors que le monde entier se lève pour éviter un désastre humanitaire et réunifier le pays, les hommes politiques ne parlent que d’élection », parce qu’en femme politique très expérimentée, elle avait saisi le message codé. Quelques mois après, ce projet prend forme et s’officialise aussi bien dans les Etats major des partis politiques les plus représentatifs de l’électorat traditionnel organisé qu’au niveau des institutions internationales. Le ballon de sonde est lancé depuis quelques jours pour tâter le pouls du peuple malien traumatisé et humilié et voir s’il va encore avaler cette nouvelle couleuvre, comme il a toujours su bien le faire depuis vingt (20) ans.

Le plan machiavélique du FDR en marche ! Il n’y a plus aucun doute, avec la résolution 2085 de l’ONU taillée sur mesure pour le FDR et ses alliés, l’élection présidentielle aura bel et bien lieu avant la reconquête des régions du nord du Mali, si tant est qu’elle reste encore une préoccupation pour la classe politique. Un pari voulu et à moitié gagné pour l’instant par les barons de l’Adema PASJ, à travers le Front uni pour la Démocratie et la République (FDR), organisation revendiquant, sans vergogne, l’héritage du Président ATT. Même si la tenue de ces élections devrait entériner la partition de fait du Mali; le Président Dioncounda Traoré et les tenants de cette ligne le savent plus que quiconque, mais ils sont sans états d’âme chaque fois qu’il s’agit d’une occasion de contrôler l’appareil d’Etat. Le peuple malien doit prendre acte de cet agenda jusque-là caché et en tirer la seule conséquence qui sied, à savoir que les hommes politiques sont plus intéressés par la gestion du pouvoir que par la réunification du territoire. Ce qui, malheureusement, risque d’encourager les terroristes à consolider leur stratégie d’occupation des régions nord du Mali et de soumission des populations autochtones qui, se sentant ignorées par la République dans un moment aussi solennel qu’important que représentent les élections nationales, n’auraient plus que le choix de la résignation motivé par le sentiment d’abandon, l’absence d’espoir et l’exigence de survie.

Ce qui se tramait dans l’ombre froide de la nuit dans les Etats majors politiques et se murmurait dans les salons feutrés des hôtels chics de Bamako, Dakar, Paris et New York, vient d’être officiellement entériné par la résolution 2085 de l’ONU qui engage les autorités maliennes à faire tenir les élections avant fin avril 2013 en ces termes (« ……..notamment par l’organisation d’élections présidentielle et législatives pacifiques, crédibles et sans exclusive, conformément à l’accord susmentionné, qui prévoit la tenue d’élections d’ici à avril 2013 ou, à défaut, dès qu’elles seront techniquement possibles ….. » ), en se taisant volontairement sur les dates ou la période de l’intervention militaire (« …………le Secrétaire général, agissant en étroite coordination avec le Mali, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, l’Union africaine, les pays voisins du Mali, les autres pays de la région tous les autres partenaires bilatéraux intéressés et toutes les organisations internationales concernées, de continuer d’apporter son concours à l’établissement des plans et aux préparatifs autour du déploiement de la MISMA et de le tenir régulièrement informé du déroulement du processus, et le prie également de confirmer à l’avance que l’offensive prévue satisfait le Conseil……… »).

Cette résolution de l’ONU, comme du reste toute résolution de sortie de crise en zone de conflit, s’inspire de la réalité du terrain qui héberge ce conflit et s’appuie sur la position des autorités du pays concerné, en l’occurrence le Mali, relayée par l’institution régionale (la CEDEAO) et régionale (l’Union Africaine). Il est donc aisé de constater que c’est la voix du Pr. Dioncounda, amplifiée par les barons du FDR sous la direction de son éminence grise Iba N’ Diaye qui a constitué la base juridique et le fondement politique de cette résolution 2085 de l’ONU.

Pourtant rien ne s’oppose aujourd’hui à ce que l’armée malienne engage seule la guerre de la reconquête des régions nord si l’Etat malien lui assure le peu de moyens que requiert le complément d’équipements dont elle a besoin. Mais le Pr. Dioncounda ne le fera pas, car le gain politique, en cas de victoire, risque de revenir à l’armée qui verra par conséquent son influence sur le champ politique et social renforcée; ce qui n’arrange ni le FDR ni la communauté internationale. Avant la démission du PM Cheick Modibo, l’empêcheur de tourner en rond, il était loisible de brandir l’argument de l’absence de pouvoirs de décision de la part du Président Dioncounda, mais aujourd’hui que le centre de tous les pouvoirs exécutifs est transféré à Koulouba, un tel argument ne prospère plus.

Aliou Badara Diarra

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