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Incendie à Lafiabougou Koda : Une femme et ses deux enfants meurent asphyxiés
Publié le lundi 7 janvier 2013  |  Le Prétoire




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Le seul rescapé, en l’occcurrence le chef de cette petite famille, brûlé au troisième degré, végète entre la vie et la mort à l’hôpital Gabriel Touré. Voilà une tragédie inédite dans ce nébuleux quartier

Le médecin après la mort

Dans la nuit du vendredi 5 janvier 2013, aux environs de 1 h 00 du matin, un appartement sis à Lafiabougou Koda prend feu non loin du cimetière. Les voisins avertissent aussitôt les soldats du feu et les flics.

Bilan : Makani Sogodogo, âgée de 28 ans et ses deux enfants, Youssouf Sangaré, 5 ans et Moussa Sangaré, un bébé de 5 mois meurent asphyxiés. Alors que le chef de famille, Assana Sangaré, s’en tire tout le corps brûlé sans doute au troisième degré. Sans compter deux motos, des ustensiles de cuisine et des appareils électroménagers calcinés, des meubles et des effets vestimentaires carbonisés, etc. C’est toujours la catastrophe avec les fourneaux malgaches et le «woussoulan» en cette période de froid de canard !

Cette nuit-là, les éléments de la police du 5e arrondissement et les sapeurs-pompiers arrivent sur les lieux du drame plus d’une heure après le déclenchement de l’incendie. Les premiers pour constater justement les dégâts et les seconds pour arroser à grande eau deux pièces complètement carbonisées encore fumantes.

Avant leur arrivée, les voisins et les riverains les plus consciencieux se relaient entre trois bornes fontaines pour étouffer les flammes avec de simples petits seaux à peine remplis d’eau. Les flammes sortent du toit en tôle et des fenêtres. Certains larguent des briques et de gros cailloux pour défoncer deux rideaux de fer. D’autres déconnectent l’électricité.

Le feu prend de plus en plus d’envergure. Pendant ce temps, la petite famille reste
prisonnière de la braise ardente. En fin, la porte principale de l’appartement s’ouvre violement. Un homme en caleçon sort et s’affale à même le sol. Il roule dans tous les sens. Il gémit sans discontinuer. Il ne peut même plus se relever pour retourner dans l’ardent brasier afin de retirer sa famille déjà dans l’au-delà. Il perd le sens de la réalité.

Alors, un jeune du quartier s’empare du raccord branché à l’une des bornes fontaines à faible débit –vive la Somagep- pour braver les flammes. Petit à petit, le téméraire avance dans le salon. Il défie le feu au passage. Les sapeurs-pompiers tardent toujours à arriver sur les lieux. Le courageux bonhomme réussit, tant bien que mal, à ses risques et péril, à retirer du feu un bébé déjà mort. Il remet en marche son modus operandi : avancer sûrement avec le raccord, toujours dans le salon en flammes, pour extirper de la fournaise un second enfant mort il y a longtemps.

Sur ce, une femme crie : «Moko b’a kono» ! C’est-à-dire ! Il y a encore une personne dans la braise. A mains nues, l’enfant serviable de Lafiabougou Koda, Fomba pour le nommer, retourne dans les flammes en compagnie d’un jeune de sa génération pour sortir la mère des enfants. Ils la déposent à côté de son mari, les bras en signe de croix.

C’est à ce moment précis que les soldats du feu arrivent sur le lieu du sinistre. Deux d’entre eux tentent, à tour de rôle, de ramener à la vie la morte via un massage cardiaque. En vain !

Car, c’était trop tard !

Pendant que d’autres sapeurs-pompiers arrosent l’appartement à grande eau, le chef de famille continue à gémir de plus belle. Tandis que les poulets, arrivés sur le lieu du drame avant les maîtres du feu, vont et viennent, semblablement aux nombreux curieux voisins qui n’ont même pas eu la présence d’esprit d’emmener un seau d’eau pour apporter aide et assistance aux secouristes occasionnels. Lesquels réussissent cependant à maîtriser le feu avec les moyens de bord avant l’arrivée du camion citerne des soldats du feu venus sans ambulance. Il faudra attendre encore une trentaine de minutes pour que celle-ci prenne à son bord le seul survivant de cette catastrophe, de surcroît brûlé à 90 %. L’ambulance revient quelques instants plus tard pour déposer à la morgue de l’hôpital la carapace des enfants enfouis dans un sac et leur maman chérie.

A Lafiabougou Koda, personne ne comprend le retard des sapeurs-sapeurs de la caserne de l’Aci 2000. Là-bas, tout le monde, dans ce quartier nébuleux, condamne avec la dernière énergie l’attitude, la passivité avérée des soi-disant redoutables éléments du commissariat du 5e Arrondissement.

En tout cas, ce déplorable incendie remet au goût du jour le déficit du personnel, le manque de moyen des maîtres du feu et leur surcharge de travail. Hélas ! Il s’y ajoute le nombre insuffisant de casernes dans la capitale.

En fait, un vaste quartier comme Lafiabougou ou Sébénicoro, entre autres lugubres quartiers populeux, mérite d’abriter une caserne pour que les hommes de mille (sapeur) interviennent -voire circonscrire un incendie- en temps réel. Sinon, ce sera toujours le médecin après la mort certaine.

L’incendie de Lafiabougou Koda apporte, une fois de plus, la preuve tangible que la protection civile à Bamako appartient au rêve et non à la réalité.

Aux dernières nouvelles, le lendemain de la tragédie, un «balini show» de lucifériens battait son plein à quelques encablures du lieu du sinistre, au grand dam des voisins et des riverains inconsolables.

L’autorité fout le camp au Mali !

Jo SOW

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