Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Mali    Publicité
aBamako.com NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Le Communiqué gouvernemental du 27 octobre 2015, une nouvelle arme du terrorisme d’Etat ?
Publié le lundi 2 novembre 2015  |  aBamako.com
Marche
© aBamako.com par Momo
Marche de la Comode
Bamako, le 03 octobre 2015 la Comade a marché pour dénoncer la partialité de la Minusma et Barkhane




Il faut le dire ! Le Communiqué gouvernemental du 27 octobre 2015 a littéralement agacé, irrité, et même révolté l’ancien militant du Comité de Défense des Libertés Démocratiques au Mali (C.D.L.D.M), un camarade de lutte d’Ibrahim Boubacar Keita, son ami de toujours, son aîné dans le combat pour l’indépendance et la liberté, des biens les plus précieux pour les peuples et les nations selon le Président Ho Chi Minh, un des leaders émérites du Tiers-monde.

Un C.D.L.D.M dont furent membres, entre autres, Boubacar Alpha Ba dit Bill, le premier Secrétaire général, Ibrahim Boubacar Keita, le deuxième Secrétaire général et Tiébilé Dramé, son grand animateur dès qu’il eut rejoint la France.

C’était vraiment triste de voir le ministre de l’Economie Numérique, de l’Information et de la Communication, Choguel Kokala Maïga, tout de blanc vêtu, droit dans ses bottes, solennel, ânonner un Communiqué gouvernemental médiéval, digne des temps de Soni Ali ber !

Que vise au juste ce Communiqué gouvernemental du 27 octobre 2015 ?

A éteindre l’irrévérence millénaire des Segeeji et des Banyaji peulhs, des Gésseré du Wagadou ?
A étouffer le sens de la dérision des griots mandingues, les vrais, qui les pousse, de temps en temps, à rappeler à l’ordre le Mansa ou le Fama qui oublierait, qu’après tout, il n’est qu’un homme parmi tant d’autres que la chance et la fortune ont placé à leur tête ?
A venir à bout de l’éternel esprit gouailleur des maliens, en général, de Tiébilé Dramé, l’enfant espiègle de Nioro du Sahel, en particulier ?
Encore une fois, ce malencontreux Communiqué gouvernemental du 27 octobre 2015 vise – t – il à empêcher tout regard autre que celui de l’Exécutif, toute lecture autre que celle des décideurs du moment sur la situation politique malienne, africaine et internationale ?

Il est nécessaire, voire vital, de rappeler aux camarades, membres du Gouvernement de la République du Mali, qu’ils ne sont pas les ministres de sa Majesté le Roi Soleil. Ils sont des ministres de la République gérant l’intérêt général de la nation malienne avec la compétence, l’esprit de discernement et surtout l’indépendance de pensée dont Dieu, notre créateur, les a dotés ?

Au fait, qu’aurait dit le camarade Tiébilé Dramé pour mériter une telle ire royale et de la cour ? Aurait-il porté atteinte à l’honneur du citoyen Ibrahim Boubacar Keita et de sa famille ? Auquel cas, qu’Ibrahim Boubacar Keita porte plainte contre le citoyen Tiébilé Dramé qui répondra devant la justice de son pays.

Aurait-il tenu des propos diffamatoires l’encontre du Président de la République, Chef de l’Etat, Chef Suprême des Armées, Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, Chef effectif de la diplomatie malienne ? Auquel cas, que les procureurs habilités à le faire interpellent M. Tiébilé Dramé qui n’est pas au-dessus de la loi et, en cas de flagrant délit, le défèrent à la Maison d’Arrêt de Bamako ou à tout autre lieu de détention approprié.

Aurait-il commis une forfaiture, posé un acte de trahison de la nation, qu’il soit, dans ce cas, traduit devant la Haute Cour de Justice en tant qu’ancien ministre de la République.

Aurait-il proféré des contre-vérités économiques, politiques, sociales déstabilisatrices du régime en place ? Que les as du pamphlet du Rassemblement Pour le Mali (RPM) et ceux des autres partis de la Coalition de la Majorité Présidentielle (CMP) décortiquent ses propos, en démontrent l’inanité et surtout leur absence de fondements, toute chose qui pourrait liquider politiquement le leader du PARENA.

A dire vrai, le camp présidentiel dispose d’armes légales, tant juridiques que politiques, pour répondre aux attaques des adversaires. Aussi, est-il plus qu’étonnant que le camp présidentiel donne l’impression d’opter pour la solution finale en prenant un marteau-pilon pour écraser une mouche ! Encore qu’au regard de la lutte pour la conquête et la consolidation de la démocratie, le camarade Tiébilé Dramé est loin d’être une mouche. L’Odyssée de l’ancien dirigeant de l’UNEEM d’Abdoul Karim Camara dit Cabral, est bien connue. Tiébilé Dramé est un grand Monsieur du mouvement démocratique.

La joie et la fierté qu’a eu le peuple malien de voir son Président, le Président de la République du Mali Ibrahim Boubacar Keita, descendant les Champs Elysées, tout de rouge tapis, escorté par plus d’une trentaine de motards et d’une quinzaine de chevaux harnachés, sabres en l’air, saluant l’illustre hôte, heureux, resplendissant de bonheur, n’ont pas donné le tournis au Mali qui pense et qui réfléchit !

L’évocation de son maître, que dis-je, de son idole, le Professeur Leroi-Gourhan, lors d’une conférence donnée dans la prestigieuse Sorbonne, moment de véritable apothéose pour l’homme, rayonnant de félicité, irradiant instantanément la diaspora, ses fans et amis surtout, peut-être, le peuple malien, n’a pas, non plus, diverti, outre-mesure, le Mali qui pense et qui réfléchit.

Ces deux moments pleins d émotion contagieuse n’ont pas empêché le Mali lucide de faire des constats, de s’interroger et de formuler des hypothèses.

Non, la nouvelle arme du terrorisme d’Etat ne marchera pas ! Elle ne pourra pas annihiler la capacité d’indignation des maliens.

Les démocrates, les républicains, les vrais, ne se tairont pas. Ils auront leur propre lecture de la visite d’Etat offerte au Président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keita et au peuple malien. Ils auront leur propre lecture de l’accord de paix et de réconciliation nationale issu du processus d’Alger. Ils auront leurs propres priorités dans la mise en œuvre de cet accord.

En tout état de cause, il ne s’agit pas d’un homme, d’une famille, d’un clan ou d’un parti politique ; il s’agit du Mali ! Et tant qu’il s’agit du Mali, il y aura toujours des hommes et des femmes qui parleront et qui écriront ce qu’ils en pensent, n’en déplaise à ceux qui veulent museler la parole ou verrouiller la pensée plurielle.

Car, c’est de cela qu’il s’agit – la pensée plurielle, la liberté d’opinion et de parole. Il faut rompre avec la culture des thuriféraires, des laudateurs et des flagorneurs.

Donc, oui pour l’union sacrée au tour du Président de la République pour le Mali, mais non à l’unanimisme. Il est vrai que je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit Tiébilé Dramé, mais je me battrai de toutes mes forces pour qu’il puisse le dire !



Pr. Ali Nouhoun Diallo

Ancien militant du C.D.L.D.M
Commentaires