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Opposition: où est le sérieux ?
Publié le mardi 3 novembre 2015  |  Info Matin
Conférence
© aBamako.com par A.S
Conférence de presse de Soumaila Cissé
Bamako, le 30 juillet 2015. Le chef de file de l’opposition malienne, honorable Soumaila Cissé était face à la presse à la Maison de la presse. Objectif : échanger avec les hommes de media sur le statut de l’opposition, le rôle du chef de file et donner son point de vue sur l’actualité au Mali




Les caïds de l’opposition n’ont pas digéré le fait que le président IBK, à son retour de Paris, a hélé l’un d’entre eux, en l’occurrence Tiébilé Drame, le président du Parena, assimilant cela à une « attaque personnelle, de façon gratuite, malencontreuse et injurieuse ». Une surprenante échappée politico-médiatique d’une opposition qui ne résigne pas elle-même à invectiver frontalement le président IBK, si ce n’est pas le gouvernement qu’elle agresse. Sans ménagement…

Les ténors de l’opposition malienne étaient au grand complet, avant-hier, réunis au CICB, pour dénoncer, comme ils l’ont révélé, le fait pour le président IBK de s’être livré, à son retour de Paris, à « une attaque personnelle, de façon gratuite, malencontreuse et injurieuse à l’encontre de M. Tiébilé Dramé, président du Parena, parti politique membre de l’opposition démocratique et républicaine ». Au cœur de la polémique : il y a quelques jours, à l’aéroport de Bamako, à la suite de la visite d’État qu’il a effectuée à Paris, et dont les échos positifs lui ont valu un accueil populaire d’une grande facture, le président IBK, face à la presse, s’était indigné de l’attitude du leader de l’opposition qu’il avait d’ailleurs qualifié de « petit monsieur » pour avoir voulu saboter la visite présidentielle par des tracts. Auparavant, en France, en contact avec ses compatriotes, le président IBK, sans le désigner nommément, avait déploré la même attitude, visant à ternir l’image du pays à l’extérieur.
Certes, on le sait, dans un communiqué paru en boucle dans les réseaux sociaux, le leader du Parena, Tiébilé Dramé, même s’il a reconnu être en séjour privé à Paris, au moment où le président IBK s’y trouvait, avait nié toute implication personnelle dans l’affaire des tracts. Mais, il n’a pas émoussé l’ardeur de l’opposition à répliquer violemment contre l’attitude du président IBK, qu’elle tient d’ailleurs « pour responsable de la détérioration du climat ».
À l’appui de ses diatribes à l’encontre le président IBK, l’opposition fait état de larges extraits de la Loi fondamentale du pays et des traités internationaux, ratifiés par le Mali, et qui consacrent tous la sacralité de la personne humaine et la liberté d’expression ; des valeurs fondamentales, promet-elle, pour le respect desquelles elle consacrera une lutte sans merci.
L’opposition, comme dira l’autre, est bien dans son rôle à s’activer pour dénoncer, du côté des tenants du pouvoir, y compris le président de la République, quels que comportements que ce soient, surtout que dans notre contexte politique actuel, la ligne de démarcation est nette entre la majorité présidentielle qui gouverne et une opposition qui n’est pas admise, selon la philosophie politique jusqu’ici en pratique par le maître de Koulouba, à participer à l’action du gouvernement.
Mais seulement voilà : que l’opposition, ici, comme ailleurs, s’arroge le monopole de la critique et de l’invective politique, cela étonne et surprend d’autant plus que cette même opposition malienne, dans toutes ses composantes, ne ménage pas elle-même ses critiques et ses invectives verbales ou autres à l’encontre des acteurs nationaux, y compris le président de la République, qui sont acerbes et osées, prenant parfois les allures de véritables accusations, si ce ne sont que des procès d’intention, ne visant à ternir l’image de marque d’un homme.
Il n’y a même pas longtemps, le Parena, dans un mémorandum qu’il a fait adopter par son comité directeur, dans l’affaire dite de l’engrais frelaté, a expressément pointé le doigt sur le président de la République en personne, IBK, qu’il a fait passer parmi les protagonistes d’un prétendu scandale d’État, autour duquel le Bélier blanc a porté toutes les incriminations possibles. Dans ce mémorandum, adopté par le comité directeur du Parena, en date du 27 juin dernier, il est notamment écrit : « Les protagonistes du scandale en cours sont : les deux fournisseurs ci-dessus mentionnés, le président du syndicat des producteurs de coton, le Groupement d’intérêt économique (GIE) qu’il préside, les membres de ce GIE, le Gouvernement du Mali avec en tête le ministre du Développement Rural et le président de la République. Les victimes sont : le paysan, le contribuable, le consommateur et l’État maliens. Entre autres conséquences, ce scandale risque de déstabiliser la filière coton qui est un des piliers de l’économie nationale. La morale publique ne sort pas grandie de ce nouveau scandale de l’ère IBK ». Dans cette récrimination du Parena, les allusions sont directes et violentes contre le président de la République qui est nommément accusé d’être au cœur d’un scandale, portant sur des dizaines de milliards de nos francs, au sujet desquels « il savait tout ».
Une fois, au nom de la démocratie, que le Parena a cru juger bon d’invectiver aussi crûment le président IBK sur un sujet aussi sensible relative à une accusation en règle portant sur la gestion d’une affaire publique, émanant d’un ministère quelconque, donc apparemment ne relevant pas directement de la responsabilité de celui qui en est accusé ; l’élégance politique, qui en résulte, aussi bien du côté de ce parti, que du reste de l’opposition, devait les pousser à accepter la contradiction du camp d’en face.
Comment peut-on voir, au podium, tous ces hommes politiques de l’opposition, de grandes valeurs qu’elles sont, s’empresser à condamner le président IBK parce qu’il a offensé l’un des leurs pendant que le même opposant a lui-même osé porter une aussi grave accusation contre lui ? S’il est logique que l’opposition doive faire front pour faire face à une épreuve, surtout lorsque cela concerne l’un des leurs, le devoir de solidarité politique ne pas lui ôter le sens de la justice et de la démocratie, en ce sens que ce qu’elle aspire, pour elle et pour ses membres, comme principe sacro-saint de la liberté d’expression, vaut également pour toutes les composantes nationales, y compris le président de la République et le gouvernement.
Dès lors que les ténors de l’opposition, à l’époque, n’ont pas levé le petit doigt pour attirer l’attention sur cette sortie aussi hasardeuse d’un des leurs à l’encontre du président IBK, qui se trouvait ainsi gravement accusé à partir de simples supputations, ils manquent véritablement de consistance politique pour toute action visant aujourd’hui à alerter contre quelles que dérives que ce soient cotre la démocratie ou contre le droit à la liberté d’expression. La preuve que rien de tel n’est menacé au Mali, c’est que les ténors de l’opposition, comme on l’a vu avec le Parena et son comité directeur peuvent, sans risque d’aucune interpellation, à tout moment, en toute circonstance, invectiver et même vilipender les gouvernants, y compris le président de la République, contre qui de graves accusations sont portées. Et sans ménagement. Comme si cela relevait, à leur entendement, de la logique formelle en démocratie.
L’opposition, en dépit de sa fronde organisée, se rend parfaitement ridicule, au sein de l’opinion publique, si elle continue, sans raison, à s’agiter contre les propos et autres faits du camp d’en face, pendant qu’elle-même en donne les mêmes coups virulents et disproportionnés au camp d’en face. Elle doit s’en convaincre par élégance politique, ou pour autre valeur démocratique, que ce qu’elle réclame, pour elle, le vaut également pour le camp d’en face. Et cela, pour la bonne raison que la démocratie ne s’accommode pas d’injustice.
Et puis, il n’y a pas encore longtemps, lorsque la plupart de ceux qui s’agitent aujourd’hui contre IBK, étaient avec le pouvoir, le président de la République de l’époque, l’un des hommes phares de la démocratie malienne, avait déclaré à la presse internationale que l’opposition malienne n’était pas sérieuse. Aucun signe discordant, n’émanant d’eux, n’a été entendu, comme assimilable à une quelconque offense visant une quelconque personnalité de l’opposition. En politique, tout comme dans la vie courante, tel que le philosophe le dit bien, ‘’on pense autrement dans un palais que dans une chaumière.

Par Sékouba Samaké
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