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Cube alimentaire "BARA MUSO" Quand le fabricant écoule sciemment des produits périmés
Publié le mardi 3 novembre 2015  |  Le Procès Verbal
Le
© Autre presse par DR
Le directeur général Néstlé région l’Afrique de l’Ouest et du centre, Kais Marzouki en compagnie du DG Koumalim SA




Nous avons ainsi pris la société Aminata Konaté (SAK) en flagrant délit...
A coté des bouillons alimentaires traditionnels dénommés "Cube Maggi" et "Cube Jumbo" produits par des firmes étrangères, les ménagères maliennes ont accueilli avec enthousiasme un produit fabriqué au Mali par des Maliens: le bouillon "Bara Muso". Nos sœurs, épouses et mamans n'ont jamais pensé que le bouillon "Bara Muso" avait quelque chose à envier à ses concurrents. Le bouillon est produit et commercialisé par la société Aminata Konaté (SAK), qui a pignon sur rue depuis l'année 2008. Le succès du bouillon "Bara Muso", qui ne cesse de passer des pubs télévisées, est-il monté à la tête de la SAK ? Ou bien cette société veut-elle privilégier les bénéfices aux dépens de la qualité du produit ?
En tout cas, nous avons constaté, à notre grand étonnement, la présence sur le marché de bouillons "Bara Muso" portant deux dates différentes de péremption. Sur le bouillon de tomate, un autocollant en papier porte la date de fabrication et de péremption. Sur cet autocollant en papier, il est mentionné : "Date de fabrication: août 2014; date de péremption: août 2018". Or, sur des bouillons anciennement commercialisés, les dates de fabrication sont inscrites, non pas sur un autocollant, mais sur le sachet lui-même. Pourquoi donc cet autocollant ? Notre curiosité piquée au vif, nous décidons de décoller l'autocollant pour regarder en dessous. Surprise: là figure la vraie date de péremption du bouillon de tomate: juillet 2014. En clair, l'autocollant, qui ramène la date de péremption à août 2018, cache la vraie date de péremption: juillet 2014, soit 4 ans de rallonge !
Ni une , ni deux: nous nous rendons dans plusieurs marchés de la capitale pour vérifier si d'autres bouillons "Bara Muso" portent des autocollants si grossièrement mensongers. Partout où nous passons, nous mettons la main sur des sachets périmés dont la date de péremption est cachée par un autocollant mensonger. Interrogées, plusieurs vendeuses du produits nous diront n'avoir pas fait attention à cette combine. A la question de savoir si elles ne sont pas à la base de la fraude, les vendeuses nous déclarent: "Les bouillons nous sont livrés tels quels par les agents de Bara Muso; nous n'y changeons absolument rien!". Tout porte donc à croire que pour écouler ses bouillons de tomate périmés, la société SAK a confectionné des autocollants bidonnés. Les ménagères utilisant les bouillons étant à 90% analphabètes, elles ne font pas attention à cette fraude industrielle à grande échelle. Et tant pis si le consommateur final -les foyers maliens - s'intoxique !

La société SAK bafouille

Pour avoir la version des faits de la société SAK, fabricant du bouillon, nous avons sollicité et obtenu une audience. Nos interlocuteurs de la direction commerciale reconnaissent d'entrée de jeu que c'est bel et bien la société SAK qui a collé les autocollants portant une nouvelle date de péremption que celle qui figure sur le sachet du bouillon. La raison ? "Notre société commande en Chine les emballages du bouillon portant la date de péremption. Or, un moment, le bateau transportant les emballages s'est égaré pour se retrouver en Érythrée ; les emballages nous ont donc été livrés en retard. Ne voulant pas perdre l'argent injecté dans l'achat des emballages, nous avons jugé bon de les utiliser. En fait, le bouillon lui-même n'est pas périmé; c'est la date des emballages qui est erronée".
Cet argumentaire ne nous convains guère dans la mesure où la date de péremption concerne le produit et non l'emballage. De surcroît, selon nos informations, la société SAK, pour utiliser les autocollants portant de nouvelles dates de péremption, avait sollicité l'autorisation de la direction nationale de l'industrie. N'ayant pas reçu l'autorisation demandée, la société a décidé de passer outre.
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