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Mali : Qu’en est-il des familles des soldats tombés au front ?
Publié le lundi 9 novembre 2015  |  sahelien
Aguel
© AFP par ISSOUF SANOGO
Aguel Hoc




C’est dans une chambre-salon, logée au cœur du camp nord de Kati, que nous la veuve, Safiatou Diarra nous a reçus. Son mari, l’adjudant-chef Issa Diarra est tombé au front à Léré en avril dernier.
Six personnes partagent un dortoir en banco, construit par l’adjudant, il y a quelques années. Plus de 6 mois après son décès, la veuve Diarra et ses enfants attendent toujours la réaction des autorités. « A part quelques vivres que le service social nous a donné pour les deux fêtes, et une fiche de santé, rien ne nous a été dit concernant l’avenir. Puisque notre cas est récent, les anciennes veuves sont mieux placées pour témoigner », indique Safiatou Niaré.
Nous nous sommes rendus dans la famille Coulibaly pour recueillir les témoignages des veuves du sergent Modibo Coulibaly, décédé le 28 février 2012. « Nous sommes au nombre de 18 personnes, ma coépouse, nos enfants et moi. Depuis quatre ans, nous nous débrouillons chaque mois, avec la somme de 100.000 FCFA comme pension », témoigne Fatoumata Traoré.
Une autre veuve qui perçoit, 53000 FCFA, nous explique que cette pension, varie en fonction du grade du défunt. De plus, les militaires tombés au front, laissent souvent de nombreux enfants qui s’en sortent difficilement. Électricien de formation, Lassine Coulibaly affirme qu’il est actuellement au chômage et cherche à être recruté dans l’armée, pour aider sa famille, à "sortir de la misère".
La famille d’un soldat décédé, ne dispose que de six mois pour quitter la maison, qu’elle soit construite par le militaire lui-même, ou par l’Etat dans certains cas. « Pour le moment nous n’avons aucun espoir d’avoir une maison en dehors du camp. Nous espérons que l’État fera quelque pour nous », souligne Safiatou Niaré.
Le président de la République, a promis, le 22 septembre à Kati, que les familles des militaires décédés au combat seront prises en charge par l’Etat. Il a indiqué qu’une loi est en cours d’élaboration et sera bientôt adoptée par l’Assemblée nationale.
Ces veuves ont créé depuis 2012, l'"Association des femmes des porteurs d’uniformes tombés sur le champ d’honneur". Depuis sa création, cette association qui comprend 26 membres, n’a reçu que des promesses selon, selon sa présidente Balkissa Touré.
La relecture des textes sur les pupilles du Mali était au centre d’une rencontre, la semaine dernière, au ministère de la solidarité, de l’action humanitaire et de la reconstruction du nord. Selon le ministre Hamadoun Konaté, l’initiative s’inscrit dans la volonté du président de la République de rendre opérationnelle, la reconnaissance de la patrie à ceux qui l’ont servie de manière exceptionnelle et qui, au cours de ce service, ont perdu la vie.
Lors de la réalisation de ce reportage, nous avons contacté le service social des armées, mais aucune suite n’a été donnée à nos demandes.
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