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Offense au chef de l’état: et si les pyromanes se taisaient
Publié le jeudi 12 novembre 2015  |  Info Matin
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Lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita
Bamako, le 11 juin 2015, le CICB a abrité la cérémonie de lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita, c`était sous la Haute présidence de SEM, Ibrahim Boubacar KEITA




On a cru vider la polémique autour du contentieux politique, né des propos d’IBK contre Tiébilé Dramé, le président du Parena, qu’il a qualifié de « petit monsieur », pour avoir osé saboter la visite d’État qu’il a effectuée en France, mais c’était sans compter avec l’aversion débordante de ces pyromanes impénitents qui ont bien repris du service. Un véritable lynchage par procuration…
Désormais, aucun doute n’est permis que des pyromanes incurables reprennent du service : IBK n’a toujours pas de répit plusieurs jours après la révolte de l’opposition contre lui pour avoir traité Tiébilé Dramé, président du Parena, de « petit monsieur », lequel a voulu saboter la visite d’État qu’il a effectuée à Paris. C’est à la faveur d’une nouvelle et virulente diatribe, émanant, cette fois-ci, d’un allié politique, de surcroît membre du C E de l’Adéma, relayée à grands renforts médiatiques, contre le Président IBK. Un véritable lynchage politique, aussi disproportionné que vindicatif, qui n’apporte rien, absolument rien, au débat politique. Sauf qu’à attiser une polémique stérile dont on a vite fait de croire que les effets se sont estompés. En se comportant comme ils le font, certains jouent simplement à l’ouvrier de la 25e heure.
L’indiscipline
En bonne discipline politique, comme on en rêve dans une parfaite culture démocratique, un tel responsable politique, allié de la majorité présidentielle, qui se fend d’une aussi haineuse et inappropriée attaque contre le président, aurait eu sa dose de sanction, ou de rappel à l’ordre, de la part de son parti d’origine qui, pour une question d’éthique, n’aurait aucun choix que d’agir ainsi. Mais hélas ! Autre temps, autres mœurs : le combat par procuration a miné les valeurs démocratiques dans ce pays et, par ricochet, a profondément abîmé la morale politique que l’on retrouve rarement dans la façon de faire de nombre de nos hommes politiques.
Au-delà de la même fréquentation politique, qui crée des droits de civilité politique entre alliés, ce pyromane bon teint de l’Adéma, député de son état, plutôt de s’ériger, à l’endroit du président IBK, en donneur de leçons, pour une polémique qui n’a plus aucun sens, a oublié, il y n’a pas longtemps, qu’il a été lui-même au cœur d’un scandale d’État. Les frasques du député sont encore fraîches dans les esprits lorsque, arborant le macaron de l’institution parlementaire, il n’a pas hésité à boxer, en pleine circulation, un policier, dans l’exercice de ses fonctions. Le fait, pour un élu de la nation, de boxer publiquement un policier, au-delà de son caractère avilissant pour l’auteur, a fini par plonger tout le pays dans une crise inutile. N’eût été le sens élevé de la hiérarchie de la police qui a su maîtriser à temps le mécontentement des policiers, la république aurait pu basculer dans une crise violente du fait de ce geste insensé et totalement impardonnable de la part d’un élu de la nation. D’ailleurs, si, ce jour-là, le député a pu échapper à la colère des deux autres policiers en fonction, ce n’est pas par peur devant la masse musculaire du député boxeur, mais bien leur sens du devoir et de respect des institutions de la république qui les a poussés à porter l’affaire devant la hiérarchie, plutôt que de s’ériger en justicier.
La conscience publique retient de ce député boxeur de policier, insensible aux normes d’éthique professionnelle, qu’il est totalement disqualifié à porter un jugement politique quelconque sur l’attitude d’un homme politique, dans ce pays, pour la bonne raison qu’il est passé lui-même à travers les bonnes commodités démocratiques et républicaines. Le pyromane de l’Adéma, en flinguant son principal allié sur de simples détails de la vie publique, se montre lui-même plus intolérant, plus vindicatif et plus inconvenant que jamais, en outrageant publiquement le porte-parole du gouvernement qu’il a accusé de tous les noms d’oiseaux. Le seul crime du pauvre, qui lui vaut une telle animosité politique, virulente et insensée, c’est son appartenance politique. Ce qui qu’il a toujours assumé, contrairement à d’autres qui suivent la direction du vent.
La couardise
Le pyromane impénitent de l’Adéma qui s’en prend violemment à son allié politique, écorchant au passage la vertu de la solidarité politique, gagné par une antipathie déconcertante, se rend lui-même coupable des mêmes bassesses verbales en décrochant des méchancetés gratuites et inappropriées à l’endroit d’un ministre de la république, dont il fait injustement référence au passé politique pour lui régler des comptes politiques. Le député incendiaire, tel un acteur d’un combat politique par procuration, n’observe aucune élégance à s’illustrer lui-même dans l’injure politique la plus gratuite, au même moment où il brille par sa désobligeance et son comportement irrévérencieux.
Quelle leçon de démocratie, le pyromane député de l’Adéma peut-il bien nous enseigner lorsqu’il est lui-même adepte d’un sectarisme démoralisant et déconcertant à l’endroit des autres au seul motif de leur provenance politique ? En opposant les Maliens entre bons et mauvais citoyens, selon leur supposé soutien ou non à la démocratie, le député pyromane de l’Adéma renie carrément les valeurs républiques et citoyennes, incarnées par son propre parti en faveur de l’égalité, la solidarité et la justice. Le député pyromane de l’Adéma, qui a un fort besoin de se dédouaner vis-à-vis de la corporation de la police, qu’il a vilipendée, n’est pas cet exemple de courage politique qui peut aujourd’hui se targuer de jouir du droit de donneur de leçons. Il le sait lui-même lorsque par manque de courage politique, il a fui publiquement ses responsabilités, il y a quelques années, en renonçant à exercer, sous la pression du pouvoir politique de l’époque, un droit d’interpellation d’un ministre de la république, dans une effroyable affaire d’injustice d’État à l’encontre des innocents, maintenus arbitrairement en prison. Cela s’appelle de la couardise.
Transformé en un vrai guérillero politique, il n’est pas surprenant que ce député pyromane de l’Adéma, rien qu’à voir sérieusement les éléments de langage ayant alimenté la diatribe violente qu’il a décrochée contre le Président IBK, fait le travail de nègre dans cette guerre par procuration politique, où chaque chaînon de ce système de dénigrement gratuit joue son abjecte partition politique, dont les sombres épisodes sont manigancés par de vrais commanditaires, tapis dans l’ombre.
Par Sékouba SAMAKE
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