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Réalisation du mieux-être des maliens : Députés de la République, notre responsabilité est plus grande
Publié le lundi 30 novembre 2015  |  L’Indicateur Renouveau
Interpellation
© aBamako.com par A.S
Interpellation du ministre de la sécurité par l’honorable Karim Keita
Bamako, le 27 novembre 2015 l’honorable Karim Keita A interpellé le ministre de la sécurité sur les attaque au Radisson Blu.




Comme l’a dit feu Me Demba Diallo, “on ne fait pas de la politique pour entrer au paradis”. A ce que je sache, personne ne fait consciemment la politique aussi, pour aller en enfer non plus. La politique, c’est l’art et la manière de gouverner. Elle est plus là pour combattre les malheurs des hommes que pour faire leur bonheur.
La légitimité politique, selon les grands politologues, ne vient pas seulement de l’élection juste et transparente. Elle s’atteste aussi par l’exercice juste et transparent des charges publiques dévolues par un peuple à ses dirigeants.
Face à la situation qui prévaut aujourd’hui dans notre pays, personne, encore moins un député investi de la confiance nationale, ne doit accepter de vivre dans le déni de la réalité malienne, au risque de détruire davantage notre nation.
Si la démocratie ne peut pas apporter le mieux-être au plus grand nombre, elle doit être réorientée, sinon les représentants du peuple doivent être mis au pilori. La démocratie, c’est la prise en compte au quotidien de la vie du citoyen lambda.
Les députés ont des obligations vis-à-vis du citoyen parce qu’en fait, ils représentent une institution au service de ce même citoyen. Ils doivent dès à présent être les relais de sa volonté. A ce niveau, ils sont tenus d’informer le citoyen en permanence, mais aussi de collecter sa réaction sur ce qu’ils font pour mieux protéger la nation tout entière.
L’ancrage de la démocratie est un long processus historique. Chaque citoyen, chaque militant de chaque génération doit s’y investir. Dans le cas du Mali, il est impérieux que les acteurs du mouvement démocratique sachent mettre l’intérêt de leur parti respectif au-dessus de leurs intérêts personnels, et l’intérêt de la nation au-dessus des intérêts souvent divergents de leurs partis politiques, si tant est qu’il puisse exister un antagonisme entre ces deux intérêts.
Pour un solide ancrage de la démocratie dans notre pays, il nous faut en plus des beaux discours, des actes concrets, qui changent la vie de nos concitoyens. La lutte pour la démocratie est une lutte permanente qui exige vigilance et sacrifice de tous les instants.
Un tel sacrifice n’est pas au-dessus de nos capacités intellectuelles et morales, car nous nous sommes battus pour l’avènement du multipartisme intégral. Sachant bien que le multipartisme n’est que la partie visible de la démocratie.
L’objectif essentiel de la vraie démocratie, gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, c’est la prospérité du plus grand nombre, de la justice sociale, de l’accroissement durable de la production et la répartition équitable des richesses, des biens et des services.
Malheureusement, malgré l’instauration de la démocratie et l’organisation régulière d’élections générales, le Mali est toujours classé parmi les cinq pays les plus pauvres du monde.
C’est dire que la démocratie malienne, si souvent citée en exemple, n’a pas encore d’impact significatif sur les conditions de vie des populations. A première vue, ce gap pourrait être imputé au gouvernement, puisque c’est lui qui définit et met en œuvre la politique nationale. Mais la responsabilité des députés est encore plus grande.
Car, élus pour cinq ans, nos honorables ont le pouvoir et le devoir d’orienter et de contrôler l’action du gouvernement, afin que cette action contribue efficacement à un mieux-être des populations. Elus de la nation, c’est à la nation seule que les députés sont tenus de rendre compte des actes par eux posés et non à d’autres institutions de la République.
Donc, les députés siégeant à l’Assemblée nationale, temple de la démocratie et les partis politiques dont ils sont issus, ont une lourde responsabilité à assumer dans le processus d’ancrage de la démocratie et du mieux-être des populations. Comme quoi la démocratie ne consiste pas à s’unir à tout bout de champ mais à savoir se diviser, si nécessaire. “L’unanimité, le plein accord est un mauvais signe, en démocratie”, Alfred Sauvy dixit.
L’absence de vrais débats démocratiques au sein de la galaxie présidentielle chagrine les populations maliennes et les observateurs de la scène politique nationale. De plus en plus, des voix provenant des hommes et des femmes exigent la nécessité d’une vraie démocratie avec tout son corollaire.
De plus en plus, des voix s’élèvent pour demander aux députés maliens, toutes obédiences confondues, de critiquer certaines manières de faire, certains comportements de certains membres du gouvernement. Un simple acte de devoir à accomplir, car le pouvoir sous nos tropiques, comme on le sait, ce sont des avantages énormes, des privilèges importants mais, il fait obligation de faire “bouche cousue”.
Avoir une autre lecture ou une lecture divergente de la gouvernance, pour un membre de la majorité présidentielle, s’apparente à un suicide politique. Cela explique le peu d’empressement de bien de nos hommes politiques à s’assumer, même quand leurs convictions sont foulées au pied.
C’est dire qu’il n’est pas facile pour la plupart des représentants du peuple, d’accepter de sacrifier leurs privilèges pour défendre la volonté de leurs mandants. Le silence actuel observé autour de certains sujets est inquiétant pour les députés de la majorité. Beaucoup de questions se posent et les réponses se font trop attendre.
Des députés serviles à la manœuvre
Cette situation s’expliquerait par le fait que nombre de nos honorables députés doivent ou sont convaincus qu’ils doivent quasiment tout au président de la République ou à certains membres du gouvernement. Bien des représentants du peuple doivent leur élection à l’appareil d’Etat au service du président de la République qui aurait été, parfois, jusqu’à manœuvrer pour les imposer aux populations qu’ils sont censés représenter, mais qui ne se reconnaissent pas vraiment en eux.
Une fois élus dans ces conditions, ces parlementaires deviennent serviles et reconnaissants au chef de l’Etat, au point d’oublier qu’ils constituent eux-mêmes un pouvoir, un contre-pouvoir au pouvoir exécutif incarné par leur “parrain”.
En plus de ce sentiment de gratitude qui a pour conséquence le griotisme ambiant, certains élus deviennent corvéables parce que trempés dans des affaires scabreuses. Ce qui réduirait considérablement leurs marges de manœuvre en termes de liberté d’opinion, d’expression, de prises de position hardies vis-à-vis du pouvoir qui les tient par ces dossiers compromettants.
Tout cela ferait de certains de nos députés, de véritables soumis incapables de s’autodéterminer par rapport à des questions d’intérêt national, obnubilés qu’ils sont par le sentiment de reconnaissance au “magnanime parrain” chef de l’Etat, à sa famille et à son parti, ou par crainte de son courroux imprévisible. Incapables d’élever le niveau des débats parlementaires à l’Assemblée nationale, à défaut d’argumentaires solides, certains le tirent en arrière. Ils le rabaissent tout simplement ; ils le galvaudent pour le rendre maussade, ennuyant et insipide.
C’est dire combien il est difficile par ces temps qui courent d’avoir une liberté de ton dans la majorité chez nous. C’est certainement la preuve que de plus en plus que des hommes et des femmes commencent à comprendre l’importance et la nécessité d’une vraie démocratie et n’hésitent plus à prendre des risques pour donner une chance réelle à la satisfaction des aspirations profondes des populations. Il faut l’espérer, voire l’encourager, pour que la démocratie au Mali ait des chances réelles d’être sauvée, face à la boulimie de certains membres du parti majoritaire au passé sulfureux.
Comme on aime à le dire chez nous, à force de vouloir manger à toutes les tables, on finit par ne plus se faire inviter. Sachons donc rester nous-mêmes malgré les épreuves… Mieux, dans la marche pour la construction nationale, restons vertueux et la première des vertus, d’après un grand philosophe, est le dévouement à la patrie. Le respect de la parole donnée et des engagements pris devant les électeurs passent par là. Alors ne restons pas couchés… sinon on est mort… avait prévenu Joseph Ki-Zerbo.
Le peuple souverain du Mali sera toujours reconnaissant envers ses dignes serviteurs, et c’est lui seul qui peut sanctionner ces mandataires qui n’auraient pas été à hauteur de mission. Un peuple qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite le fonctionnement de ses institutions est un peuple décadent.
Un peuple qui choisit de fermer les yeux sur ses problèmes les plus cruciaux est un peuple atteint dans ses fondements. Un peuple qui ruse avec ses principes est simplement moribond. Le Mali restera debout malgré les épreuves et les turpitudes de certains de ses gouvernants qui voltigent de fleurs en fleurs à la recherche de jus plus succulent. A bas la dignité, à bas l’honneur, à bas la morale.
Et tant pis pour les progénitures en mal de boussole et de références.
En tant que députés, représentants du peuple, nous devons être capables de relever les défis qui se posent au pays. Il est temps pour les représentants du peuple que nous sommes de répondre à l’appel et d’être au rendez-vous de l’honneur et du courage.
Donc, à vos marques ! On peut être impuissant face à l’injustice, mais refuser de la dénoncer ou de protester est assimilable à l’abdication, à la lâcheté. Que Dieu nous en préserve. Amen !
Honorable Yaya Sangaré
(Député à l’Assemblée nationale)
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