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Coup de bec de Soloni : Le sort de Kidal aurait-il finalement échappé au Mali et à ses autorités ?
Publié le lundi 30 novembre 2015  |  Soloni
Kidal,
© Autre presse par Dr
Kidal, troisième grande ville du Nord du Mali




Devant les faits « têtus », l’on ne peut ne pas se poser cette question. Ce dernier fait en date est effectivement l’impossibilité pour la Commission Justice, vérité et réconciliation de se rendre à Kidal dans le cadre de sa mission de prise de contact du terrain. Des commissaires et le président de ladite commission ont fait Sévaré, Gao et Tombouctou et sont retournés à Bamako sans se rendre à Kidal.

L’on n’a jamais cessé au Mali de parler de la bravoure de nos ancêtres, ceux qui ont résisté et combattu les forces obscurantistes et méprisantes du colonialisme. Tous les superlatifs sont employés pour évoquer la grandeur d’âme et d’esprit de nos ancêtres. A leur suite le président Modibo Kéita aussi a marqué l’histoire du Mali par sa détermination à maîtriser la rébellion. Pour rappel, la première rébellion touareg aurait eu lieu en 1911 au soudan Français. En 1917 la France aurait massacré la rébellion et a même pris la décision de refuser l’inscription des enfants de touareg à l’école. Quand en 1960, il s’est agi de l’indépendance du Mali, les rescapés Touaregs ont refusé de s’allier au Mali. Certains voulaient s’allier à l’Algérie, d’autres voulaient constituer un territoire. Avec la révolte des Fellaga à KIDAL, des villages auraient été décimés. A partir de 1972, suite à la famine, beaucoup de Touaregs vont émigrer en Libye. En 1986, Kadhafi prête main-forte aux Touaregs en les intégrant dans son armée pour combattre le Tchad. De fil en aiguille, de révolte en révolte, finalement le premier mouvement touareg organisé vit le jour en 1988, le Mouvement Populaire pour Libération de l’Azawad (MPLA) avec Iyad comme leader. Après beaucoup d’autres mouvements verront le jour. Après la révolte contre Ménaka en juin 1990, il y’a eu les accords de Tamanrasset, sous l’égide de l’Algérie. En 1992, l’accord signé entre le Mali et le MFUA a formulé les recommandations telles que : l’intégration dans l’armée des rebelles ; la mise en place d’une commission pour préserver les droits des touaregs, pour veiller sur la cessation des hostilités, pour accorder un statut particulier au Nord.

Cette histoire évoquée a tout son sens. Le philosophe feu Mamadou Lamine Traoré disait : « Face à l’Europe et avec ses canons, sa terrible soif de pouvoir et sa pensée fortement structurée, la civilisation africaine s’est écroulée, vaincue et fascinée. A la conquête par les armes succéda la conquête par les idées : les Noirs instruits mirent des masques blancs et la nouvelle pensée africaine se détourna de l’Afrique pour ne considérer que les idées de l’Europe sur l’Afrique …L’intellectuel africain, fasciné par tout ce qui venait d’Europe, a laissé couler sa pensée dans les formes, images, représentations et théories élaborées sur l’Afrique par les penseurs européens. Cet intellectuel lui-même n’était qu’une création de l’Europe. La pensée africaine cessa d’être une forme historique autonome de culture pour ne devenir qu’une métamorphose, une forme dégradée, un avatar de la pensée européenne » (thèse, Philosophie et Géomancie, Introduction, pp. 6-7).



Les sacrifices auxquels la France consent au Nord du Mali (mort de militaires, de journalistes et dépenses financières) n’ont qu’un seul but, comme l’a fait savoir le député français de l’UMP, Alain Marsaud: “La paix dans cette région essentielle de l’Afrique passe par une partition, forcément douloureuse mais il n’est pas d’autres solutions y compris pour nous, Français, engagés militairement sur zone” En cela la France respecte sa ligne en tant que membre de l’impérialisme mondial dont les intentions sont on ne peut claires quant aux pays du tiers-monde. En voici la teneur de l’article 4 : «Tous les pays du tiers-monde sont divisibles et leurs frontières déplaçables selon notre volonté. Le respect de l’intégrité territoriale n’existe pas pour le tiers-monde ». L’incapacité de la commission de réconciliation de se rendre à Kidal serait sans aucun doute une phase d’application de la charte de l’impérialisme, même après la signature et l’accord de paix. Wait and see !

J. DJIRE.

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