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Affaire Société Dial BTP contre Somilo : Diall BTP court toujours après ses sous
Publié le mercredi 2 decembre 2015  |  Delta News




La Société minière de Loulo (Somilo) appartenant au géant Randgold Resources, serait-elle au-dessus de la loi ? C’est l’impression qui ressort du comportement de sa direction qui depuis plus d’une année se refuse à plier à une décision de justice rendu contre elle, dans l’affaire qui l’oppose à la société Dial BTP.

Au cours d’un point de presse animé le vendredi 28 novembre, à son domicile, le PDG de la société, Alou Diallo, donne sa version des faits

En 2013, par l’entremise de son directeur adjoint de l’environnement Diakaridia Koné, le directeur de l’entreprise Dial BTP, Alou Diallo, est convoqué dans les locaux de la mine. Sur place, la direction de la mine lui fait une offre. Cette offre consistait à céder une certaine quantité de ferraille à Alou Diallo. En contrepartie, Alou Diallo avait à évacuer un tas d’ordure qui était amassé dans la cour de la mine. En plus du ramassage de ce tas d’ordure, Alou Diallo devrait verser la somme de 7 millions à la Somilo. Le contrat conclu, les employés de Dial BTP procèdent au ramassage du tas d’ordure. Cet énorme travail, qui a mobilisé 5 camions, 2 chargeurs et 45 manœuvres, dure 40 jours. Après le ramassage des ordures, Alou Diallo verse en plus les 7 millions comme convenu. Il faut noter que le coût de ramassage a été évalué à 80 millions.

La direction de la Somilo autorise Alou Diallo à procéder au retrait de la ferraille qui lui avait été promis. Mais avant, la Somilo prend le soin de photographier toute la ferraille qui revient à Alou Diallo. Ensuite, au cours du ramassage, tous les camions transportant la ferraille sont soumis à un contrôle rigoureux pour ne pas que d’autres objets ne faisant pas partir de la ferraille sortent. Ainsi, toute la ferraille est récupérée par Alou Diallo et entassée sur une aire aménagée à cet effet.



Quelques jours après, à sa grande surprise, Alou Diallo est appelé par Siaka Berthé, directeur de la Somilo, qui l’informe qu’un rouleau de fil de fer ne faisant pas partie de la transaction aurait été aperçu sur son site. Immédiatement Alou Diallo rejoint son site et trouve là-bas toute la direction de la Somilo avec des agents de sécurité de la mine et quelques éléments de la gendarmerie. Siaka Berthé demande aux gendarmeries de procéder à l’interpellation d’Alou Diallo pour vol. Les gendarmes, en connaissance de cause, refusent et déclarent à Siaka Berthé que les interpellations se feront après une enquête. Les gendarmes demandent à Alou Diallo et à ses deux gardiens de se rendre à la gendarmerie. Au moment où la gendarmerie procédait à l’interrogation des personnes convoquées, la direction de la Somilo fait ramasser toute la ferraille offerte à Alou Diallo. La gendarmerie au cours de son interrogatoire apprend qu’un véhicule aurait été aperçu dans la zone et nuitamment. Ce véhicule est repéré et le conducteur interpelé. Interrogé, le chauffeur passe aux aveux et dénonce ses complices. 4 personnes ayant déposé le rouleau de fil de fer, sont arrêtées et jetés en prison. Ils reconnaissent avoir agi de la sorte pour nuire à Alou Diallo. La gendarmerie envoie le dossier au tribunal de Keniéba qui, aussi ouvre son enquête et arrive la même conclusion. Suite au procès qui s’en est suivi, les coupables sont condamnés. Alou Diallo et tous ses employés sont déclarés non coupables.

Après le procès, la direction de Somilo convoque Alou Diallo une seconde fois pour lui dire qu’il souhaite rembourser ses 7 millions. A la question de savoir pour la valeur du travail effectué, Siaka Berthé dira qu’il n’aura rien. En outre, Siaka Berthé lui demande d’aller se plaindre là où il veut, car personne sur cette terre ne peut inquiéter la Somilo qui est l’Etat du Mali.

Alou Diallo porte plainte à Keniéba. Le tribunal donne raison à Alou Diallo et condamne la Somilo à lui payer pour le ramassage des ordures, les 7 millions versés et pour les dommages, la somme de 175 millions de FCFA. La Somilo fait appel à la Cour d’Appel de Kayes. A Kayes, après les débats, les juges confirment la décision du tribunal de Keniéba. Mais revoie le montant à la baisse. Ainsi, la Cour d’Appel condamne la Somilo à payer à Alou Diallo, la somme de 90 millions FCFA. Muni de la grosse du tribunal, un huissier procède à la saisie provisoire des biens de la mine avec toutes les difficultés. Pour l’instant, Alou Diallo n’a pu être mis dans ses droits. Aujourd’hui par les agissements de la Somilo, Dial- BTP qui était une entreprise pourvoyeuse d’emplois, a du plomb dans l’aile. Elle s’est débarrassée de la plupart de ses employés. D’ailleurs, 5 de ces ex-employés ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’Europe.

A. K.

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