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Polémique autour de l’engrais « frelaté » / L’heure de vérité : la production chute de 100 000 tonnes
Publié le lundi 7 decembre 2015  |  Le Républicain
Cérémonie
© aBamako.com par Androuicha
Cérémonie de Signature de convention de partenariat entre l`entreprise SLK et le Ministère du Développement Rural
Bamako, le 08 octobre 2015 au Cabinet du MDR. Le ministre du Développement Rural, Dr Bocary TRETA et le PDG de l`entreprise SLK, M. Yosi LAPID ont procédé à la signature de la convention de financement d`un complexe agro industriel.




La production de coton annoncée au Mali pour la campagne 2015-2016 n’est finalement pas à la hauteur des promesses faites par les responsables de la CMDT. Avec un objectif de production nationale prévu en début de saison à 650 000 tonnes, les paysans n’ont pu produire à la récolte que 550 000 tonnes. Ce profil bas, enregistré cette année par le secteur, crée un manque à gagner de 100 000 tonnes de coton malgré la clémence du ciel qui a gratifié le pays d’une bonne pluviométrie. Dans une interview accordée à « Le Républicain », il y a quelques semaines, le PDG de la CMDT, Kalfa Sanogo s’était lancé dans une justification préfabriquée de l’échec qui était inévitable. Au moment de la production, l’heure de vérité, des producteurs, interrogés lors de sa visite à Sikasso, apportent la preuve que l’engrais, qui a fait débat, n’a rien apporté à la production contrairement aux autres années.
Alors qu’il y a quelques semaines le PDG de la Compagnie malienne des textiles (CMDT) déclarait : «La campagne a débuté avec beaucoup de retard. Les pluies se sont installées très tardivement, et cela a joué sur les prévisions de semi déjà. Cette situation n’est pas propre au Mali, c’est toute la bande sahélienne qui est ainsi frappé par ce retard qui s’est souvent prolongé jusqu’en début juillet. Néanmoins, nous avons pu réaliser presque 95% des semis. Fort heureusement, la pluie nous a accompagnés et on a pratiquement rattrapé quelque part. C’est que la végétation s’est très bien portée par la suite. Compte tenu de ces aléas, vous avez vu aussi que la pluie que nous avons souhaitée a été tellement abondante qu’elle a débordé sur les périodes de récoltes créant des problèmes à ceux qui ont fait du maïs et du coton. Cependant, nous pensons être assez proches des objectifs que nous nous étions fixés …. ». Les paysans, eux, avaient déjà une idée claire de leur contre productivité pour la campagne 2015-2016.
Selon Madou Diabaté, un agriculteur dans le secteur de Kléla, la CMDT doit même se réjouir avec les 550 000 tonnes de coton. « Les paysans ont beaucoup trimé cette année pour atteindre ce résultat. Nous avons été obligés d’utiliser 4 sacs d’engrais dans les champs que nous entretenions les saisons précédentes avec 2 sacs pour la simple raison que l’engrais fourni cette année aux cotoculteurs n’étaient pas aussi fertilisant que les années précédentes», a déclaré le cotonculteur lors de la visite du PDG de la CMDT à Sikasso.
Devant l’inexplicable et après avoir utilisé l’engrais déclaré comme « frelaté » et mesuré sa capacité de fertilité, le monde des paysans sort de plus en plus de son mutisme pour dénoncer la tromperie dont il a été victime. Selon le cotonculteur, l’heure est maintenant aux diagnostics et remarques des vrais consommateurs du produit après la polémique.
« La production cotonnière n’a pas marché à cause de la mauvaise qualité des intrants. Non seulement, la fertilité des engrais cette année a beaucoup baissée mais aussi les insecticides et pesticides n’ont rien servi. Principalement, il y a des insecticides que les cotonculteurs utilisent beaucoup contre les insectes, appelées Nomalt et Nomanci qui n’ont rien servi cette année. Ces produits ne tuent pas les insectes. Au contraire, ils continuent à causer des dégâts sur les plantes pendant même le traitement », a témoigné Madou Diabaté qui bat en brèche la tentative de justification du PDG de la CMDT.
« Les pluies ont certes pris un peu de retard cette année et leur prolongation jusqu’au mois d’octobre n’a fait que corriger ce retard sans causer de dégâts. On peut dire que la saison s’est un peu décalée mais sans incident sur les cultures. Elle est venue en retard et elle est partie tard », a-t-il déclaré en ajoutant que « le mensonge assure le jour, mais pas le lendemain ».
Doit-on ainsi considérer la baisse de la production cotonnière cette année comme une manifestation de la justice divine qui tranche, enfin, entre les différents protagonistes dans la polémique de l’engrais frelaté ? En tout cas, le décalage entre la production de coton et la promesse des responsables de la CMDT a remis, aujourd’hui, sur la table la nébuleuse affaire de l’engrais frelaté qui a défrayé la chronique au Mali.
Et on peut dire que la polémique suscitée autour de cette affaire n’a pas été fortuite. Car visiblement, elle a servi d’alerte aux paysans qui l’ont pris comme tel en veillant au grain avec les yeux grandement ouverts sur le développement de leur culture. Et il faut s’attendre à d’autres témoignages accablants sur cette affaire qui refait surface.
Youssouf Z KEIT
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Le Républicain N° 4380 du 7/5/2012

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