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Editorial : La corruption
Publié le mercredi 9 decembre 2015  |  Soloni




Tu sais tonton, s’écrie un jeune homme dont je tais volontiers le nom, dit à son oncle : «tonton, pour être recruté dans la police, on me demande d’apporter un million cinq cents mille francs CFA ( 1 500 000 francs CFA) et pour la douane on me propose six millions de francs CFA (6 000 000 FCFA), on fait comment tonton ? En tout cas, il faut du boulot ! » Ok ! Nous allons vendre deux taureaux, tes frères vont compléter le reste afin que tu puisses obtenir ton boulot. Tu as parfaitement raison. Il nous faut ce boulot à tout prix et puis … tu pourras le récupérer dans seulement deux mois ! Répond l’oncle tout serein. Ah, la corruption ! Tu vas nous tuer dèh!

Dans la rue corruption, au bureau corruption, en famille corruption, à l’école corruption… finalement nous finirons par nous faire appeler Monsieur ou Madame corruption. A l’allure où vont les choses, le phénomène devient de jour en jour un peu plus inquiétant. Pour être nommé à un poste, il faut chercher les faveurs du chef hiérarchique. Pour être nommé ministre, il faut au préalable financer la campagne électorale du président. Pour passer à une classe supérieure sans effort, il faut verser du pot de vin au professeur. Pour être la vedette d’une structure, il faut rester disponible pour le directeur général. Aujourd’hui, pour être à la fonction publique ou même obtenir un marché public, il faut soit avoir beaucoup d’argent ou avoir un bras long comme on aime bien le dire chez nous.

Mais dans tout ça même où la corruption tire son origine ? À l’origine appelé pot de vin, le « pot » était le récipient de terre cuite ou d’étain dans lequel l’on servait le vin ou la bière. Dans la culture occidentale, on offre à une personne un « pot à boire » par sympathie ou en échange d’un petit service rendu. L’expression « donner un pot-de-vin » apparaît au début du XVIe siècle avec une connotation très innocente qui signifiait simplement « donner un pourboires». Ce pot pouvait être soit le liquide lui-même (le vin ou la bière), soit quelques pièces de monnaie ne représentant qu’une valeur symbolique. Au fil des siècles, cette coutume a pris une connotation plus péjorative et est devenu synonyme d’illégalité et de corruption. La valeur de ce « pot » a pris une valeur beaucoup plus conséquente, qu’elle soit monétaire ou matérielle, désignée par le terme « corruption ». Quand même bien le terme est péjoratif, il n’est pas assez fort pour décourager les corrupteurs et les corrompus. Ainsi beaucoup de nos Etats peinent à sortir du gouffre à cause de ce phénomène devenu désormais un cancer pour beaucoup d’Etat Africains comme européens, même si c’est l’Afrique qui fait la une. Quel est donc le virus d’une maladie aussi dangereuse que la corruption ? On peut citer entre autre la mauvaise gouvernance, le manque de transparence (les Etats posent des actions sans informer ou interroger le peuple qui est la base), institutions faibles (les fonctionnaires à forte autorité ayant peu de comptes à rendre ) et surtout les faibles salaires : l’administration publique de nombreux États prévoit des salaires relativement faibles pour certains de leurs agents ; typiquement les médecins, les policiers et les douaniers qui détiennent le record à ce jours. Si au fil du temps on commence à accepter la corruption comme une chose normale dans nos sociétés, en un mot « institutionnalisée », il ne faut pas tout de même oublier qu’elle est et reste un crime.

Amadingué SAGARA
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