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Education: Il faut retourner aux anciennes valeurs
Publié le jeudi 10 decembre 2015  |  Le soft




Pour redorer le blason de l’école malienne gangrenée depuis des décennies par la corruption, la fraude et la malversation, il faudrait, au-delà du combat rude déclenché l’année surpassée par Madame Togola Jacqueline Nana Marie, signer le retour des anciennes valeurs (CEP, Baccalauréat première partie), traquer et démasquer le comportement négatif de certains acteurs, afin de redonner à notre école sa lettre de noblesse.
Considérer l’école malienne comme un grabataire, relève de l’insouciance ou de l’ignorance. Madame Jacqueline Nana Marie Togola, ex-ministre de l’éducation, a prouvé le contraire lors des différents examens de l’année 2014, notamment, le DEF, le BAC et le BT pour ne citer que ceux-ci, qu’on peut bel et bien sortir l’école malienne du gouffre dans lequel elle est plongée, il y a quelques décennies.
En effet, les fraudes et les fuites de sujets, qui émaillent le DEF et les mauvaises conditions du déroulement du BAC de l’année-là, sont à décrier. Certes. Mais, elles ne datent pas d’aujourd’hui. Et Mme Jacqueline Nana Togo, en s’attaquant à ceux qui, de près ou de loin, ont leurs mains trempées ou imbibées dans ce trafic de sujets d’examens, ne fait qu’obéir aux textes de la police des examens. Par-là, toiletter notre école de cette honte et de ce déshonneur.
L’action de celle qui est aujourd’hui député à l’Assemblée Nationale, n’était pas fortuite. Elle visait également à inscrire l’apprenant malien dans un esprit d’effort personnel, de concurrence, de citoyen bien formé capable d’affronter ses camarades d’autres pays de la sous-région, voire d’autres continents. Nul ne doit se voiler la face. Il serait très difficile à nos apprenants (élèves et étudiants) de nos jours, d’affronter leurs camarades de la sous-région.
Comme Mme le ministre Jacqueline Togola n’est plus à la tête de ce département, son successeur Barthélémy Togo doit continuer l’œuvre amorcée par celle-ci afin de traquer toutes mains inconsciente qui ne faire que profiter de l’école malienne. Mais il doit se munir d’assez de courage et de patience. Cependant, il mérite félicitation, encouragement et accompagnement, nonobstant la kyrielle d’injures dont il sera accablé. Barthélémy Togo doit aussi savoir qu’aucun messie n’est bien accueilli chez soi et beaucoup ne veulent pas que l’espace scolaire, soit assaini.
Au-delà de ces actions d’assainissement du secteur qui ont englouti dans les mailles des filets de la justice certains responsables du département, d’autres racines du mal doivent être démasquées afin de redonner une belle image à l’école malienne. D’abord, des sanctions doivent tomber sur les enseignants qui transmettent « sexuellement » les notes, surtout aux filles ou qui tiennent des relations coupables avec celles-ci. Ensuite des missions de contrôle doivent être mises en place et sillonner les écoles afin de vérifier la ponctualité et la régularité des enseignants d’autant plus que la plupart d’entre eux s’adonnent aux cours dans les établissements privés, au détriment des écoles publiques pour lesquelles ils sont recrutés.
Le département doit aussi moraliser l’éducation : réglementer la tenue scolaire et la coiffure des élèves afin d’éliminer certains comportements provocateurs et des frustrations qui se saisissent de certains élèves démunis. Le grand axe susceptible de redorer le blason de l’école malienne est le retour des anciennes valeurs foulées au pied pour des raisons on ne peut plus saugrenues. Comment peut-on former des intellectuels dignes de ce nom dans la mesure où ceux-ci font neuf ans sans affronter un examen ? Pourquoi avoir supprimé le Baccalauréat première partie ? Prétendre avoir des citoyens érudits dans ces situations d’espèce, c’est se bercer d’illusions. Ce qui fait que nos étudiants, pour la plupart, sortent avec virtuosité ici, chez nous, mais sont confrontés à des difficultés face à leurs homologues de la sous-région. Il y a donc nécessité de ramener le CEP et le BAC première partie pour que désormais les élèves ainsi que leurs parents puissent se serrer la ceinture.

Dieumerci C. AKPITISON
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