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Tournée présidentielle à Ségou : quelles leçons à tirer ?
Publié le jeudi 17 decembre 2015  |  Delta News
Visite
© aBamako.com par Androuicha
Visite du président IBK à la SOCAFON (Niono)
Niono, le 09 décembre 2015. Au 3è jour de sa visite effectuée dans la région de Ségou, le président Ibrahim Boubacar KEITA s`est rendu à la Société Coopérative Artisanale des Forgerons de l`Office du Niger (SOCAFON) pour s`enquérir du niveau de production de matériel agricole de cette unité.




῎Cette visite présidentielle nous procure le sentiment d’appartenir à la nation malienne῎.
Pendant au moins une semaine, l’opinion nationale avait le regard et l’ouïe rivés vers la 4e région du Mali, Ségou. Pour cause, le président de la République était l’hôte de cette région. Pour les populations rurales surtout, on sait que la visite d’un chef de l’Etat dans leur patelin est un évènement exceptionnel qui sera gravé dans leurs mémoires collective et individuelle. La preuve, le chef de village de Mandiakuy, détenteur de la mémoire du village n’a-t-il pas affirmé que la dernière visite d’un chef d’Etat remontait à celle effectuée par Modibo Kéïta, premier président de la République du Mali ? C’est-à-dire il y a plus de 50 ans. Il est clair que les 90 à 95% des hommes et femmes présents à l’accueil du président IBK n’ont pas assisté à cet évènement. Par ailleurs, comment ne pas être ému par la déclaration de l’Abbé André Dembélé selon laquelle cette visite présidentielle leur procurait le sentiment d’appartenir à la communauté nationale ?
Les populations n’ont plus la langue de bois.
Contrairement à la visite qu’il a effectuée dans la région de Sikasso que nous avions jugée en son temps d’inopportune, car se déroulant au moment des travaux champêtres, le timing de cette tournée présidentielle en 4e région a été bien convenable pour les populations. Partout où il est passé, le président a assisté à une grande mobilisation populaire ; il est vrai qu’administrateurs et militants des partis de la majorité présidentielle se sont mobilisés pour cette invite à l’accueil du président. Les facteurs les plus déterminants ont été à notre avis, le moment de cette visite et le désir de festoyer des populations après les travaux champêtres. Qu’importent les motifs de cette sortie en masse des populations, l’important n’est-il pas dans le message que voulait faire passer le président et les attentes des populations visitées ?
Pour ces aspects, nous pensons qu’il a été servi. Les populations n’ont plus la langue de bois comme par le passé. Malheureusement il y a encore des cadres qui en sont à vouloir « voiler la réalité au chef ». Ainsi on nous rapporte qu’à Kolongo, on a garni un étang en poissons pour faire plaisir à leur hôte ! Partout où il est passé, les populations ont exposé leurs besoins et beaucoup de promesses ont été faites. On ne sait pas si ce sont des promesses bien étudiées ou ce sont des promesses d’un président en campagne ?
Si c’est la dernière éventualité, alors il faut s’attendre à un retour nocif de boomerang pour la campagne du 2e mandat parce que le président est à mi-mandat, et le temps n’est pas nécessairement son allié car, plusieurs problèmes l’assaillent dont le plus important : le problème du nord, dont l’évolution vers une solution définitive semble marquer le pas.
La réponse cinglante, avec une des formules assassines dont il a secret, à une question d’un journaliste sur Kidal montre bien son agacement, l’ambiguïté et l’inconfort de sa position par rapport à Kidal. Le président a enfin compris, en tout cas a reconnu publiquement l’incongruité de la visite de son Premier ministre Moussa Mara à Kidal en mai 2014 :« Aucune fanfaronnade politicienne ne me fera prendre mon avion pour aller à Kidal et créer un incident », a-t-il dit en substance dans sa réponse. Pour notre part, nous pensons que c’est le moment de faire un « saut » à Kidal. Nous sommes au Mali, pays où l’hôte est roi. Il suffit de préparer cette visite à Kidal avec ceux qui y en sont aujourd’hui les vrais maîtres. Une visite même de quelques heures à Kidal, donnera à la plupart des habitants de cette région prise en otage de retrouver le sentiment de faire partie de la communauté nationale, comme à Mandiakuy.
Pourquoi le président n’a-t-il dormi qu’à Ségou ?
Sur un tout autre plan, le président nous a confirmé, ce que nous jugeons normal, à savoir qu’il est l’homme le plus informé de la République. Mais en s’adressant aux populations à Bla, il a aussi dit qu’on ne lui avait pas dit la vérité. Là, il faudrait une explication de texte pour comprendre ces deux assertions qui semblent a priori contradictoires ! En se penchant sur la forme de cette visite nous sommes quelque peu surpris de constater que le président n’a jamais passé la nuit dans un cercle ; il revenait toujours à Ségou. Etait-ce parce qu’il n’y avait aucune infrastructure digne d’un président de la République ? Dans les années 60, du siècle dernier, le président Modibo Kéïta a eu à recevoir Moïse Tchombé du Congo Léopoldville à l’époque à Koro dans la région de Mopti ; le général Moussa Traoré avait fait ériger des pied- à- terre dans tous les cercles ; les présidents Alpha et ATT n’ont jamais posé de problèmes d’hébergement dans le pays ! Dans la région de Sikasso, il a au moins passé une nuit à Koutiala. Etait-ce parce que c’est sa ville natale ? Si cette visite lui a permis de savoir la précarité dans laquelle vivent les masses maliennes, peut-être qu’on pourrait réorienter les modestes deniers de l’Etat dans des dépenses moins somptueuses, moins dispendieuses.
Une visite du chef de l’Etat à l’intérieur est toujours bienvenue !
Quelles que soient les difficultés que traverse le pays, une visite du chef de l’Etat à l’intérieur du pays est toujours bienvenue. Représentant la nation entière, il cristallise autour de son nom et de sa personne, tous les sentiments d’appartenance à celle-ci. C’est pourquoi, il devrait être au cours de ces tournées, très proche du peuple. Partager ne serait-ce quelques heures leur vie ne peut que renforcer le ciment d’adhésion à la nation au moment où des excités et illuminés sont en train d’endoctriner nos jeunes pour les conduire à l’autodestruction et au déni de la nation au profit d’on ne sait quelle révélation divine !

Hamidou Ongoïba
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