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Mise en Œuvre de l’Accord d’Alger : Les Groupes Armés coincent le Gouvernement
Publié le jeudi 17 decembre 2015  |  Le Journal hebdomadaire
Réunion
© aBamako.com par A.S
Réunion du comité de suivi sur l’accord de paix
Bamako, le 21 juillet 2015 le comité de suivi sur l’accord de paix a tenu sa 3e réunion au CICB.




Dans les négociations d’Alger pour ramener la paix entre les fils du même territoire avec l’appui ou la complicité d’un certain nombre de pays et de la communauté internationale, le Mali a subit les pires humiliations depuis son indépendance dans sa vie de nation.
Le mensonge national de nos gouvernants actuels, le fait qu’ils soient tenus par la France et la combine internationale nous ont amené sur ce terrain.
Le faux a primé sur la vérité et les réalités dans les régions Nord du Mali. Pour éviter la Nation de cette humiliation, l’opposition a fait plusieurs suggestions :
1. Dégagé une plateforme et une vision nationale avant de s’engager dans des pourparlers cruciaux d’Alger pour le présent et le futur du Mali et de la sous région.
2. Associer le plus largement toutes les composantes de notre société aux consultations préparatoires des futures assises des pourparlers d’Alger
3. Consulter la classe politique et toutes les forces vives sur toutes les questions majeures de la nation. Cela en vu de dégager une plate forme et une vision nationale avant d’engager des pourparlers avec les groupes armés.
Mais le Président I.B.K a préféré sous traiter à la république d’Algérie et à son Président, la souveraineté du Mali. Les documents issus de ces négociations premières ont comporté beaucoup de faiblesses notamment :
· La notion de zone de développements des régions du Nord ;
· La notion de régions intégrées ;
· La représentation des communautés du Nord au niveau national, la répartition des pouvoirs entre l’Etat et les régions et la gestion de la sécurité après la signature de l’Accord.
Profitant de ce manque de vision nationale la France a escroqué le peuple malien sur marchandises.
Elle a soigneusement préparé sa main mise sur le Mali d’une manière intelligente en plaçant ses pions dans tous les centres de décisions et d’information. La signature de l’Accord le 15 mai à Bamako a donné l’occasion à tous ceux qui doutaient où encore sceptiques sur les vraies intentions de la France d’être édifiés sur la question.
Ils ont compris ces intentions de la France lors du séjour du Ministre Français de la Défense au Mali tout juste deux jours après la signature du dit accord : Où est l’unicité du Mali, Yves LE DRIAN venu deux jours après la signature de l’Accord du 15 Juin 2015 a dit dans son interview à la Radio France Internationale que les deux entités le Nord et le Sud ont essayé de vivre ensemble mais que cela n’a pas été possible et qu’il fallait selon lui une autre forme de gouvernance pour conforter le vivre ensemble.
Il faut noter que malheureusement pour le peuple cette nouvelle forme de gouvernance envisagée a pris la forme de deux républiques : celle de l’AZAWAD et de la nouvelle république du Mali.
Au delà de la position du Ministre Français de la Défense, l’armée Française n’a jamais caché que son allié reste et demeure le MNLA. Face à ce péril, la gouvernance malienne a fait semblant de ne se douter de rien malheureusement.
La plate forme GATTIA, qualifiée de milice progouvernementale a fini d’être exaspérée par la prise de position à son encontre du Président I.B.K à chaque fois qu’elle récupère une portion du territoire du Mali occupée par les troupes armées touareg. Ce fut le cas à Ménaka, avant la signature de l’Accord d’Alger par la CMA et le dernier en date est celui d’ANEFIS. En effet les troupes du GATTIA arrivées à 20 kms de Kidal ont été stoppées par les troupes de la MINUSMA qui ont exigé que le GATTIA quitte les lieux sans délai. Après avoir résisté aux injections d’I.B.K dans un premier temps finalement sous la pression de la Communauté Internationale, et I.B.K le GATTIA a abandonné les lieux pour une seconde fois. C’est pourquoi les responsables de GATTIA se sont exprimés en ces termes : ‟Nous nous n’avion ni les faveurs de la République, ni celles de la Communauté Internationale comme la coordination des mouvements ecrifiés de l’AZAWAD (CMA). Notre force réside dans nos populations, dans nos combattants… ”
A partir de ces déclarations, le Mali avait fini de perdre son unicité, parce que le GATTIA déçu, devrait désormais murement réfléchir sur son avenir dans le Mali nouveau qui se dessine car il venait d’être lâché par l’Etat.
C’est pourquoi après cette deuxième humiliation subie par le GATTIA, il a accepté la proposition française à travers la MINUSMA qui a consisté à former avec la CMA, un seul front de revendications contre l’Etat central de Bamako.
Dans ces conditions doit-on être offusqué que la CMA et le GATTIA exigent avant tout désarmement et tout cantonnement, l’installation non négociable de l’administration provisoire par eux dans l’aire allant de Léré à Ménaka durant la période transitoire de 24 mois selon l’Accord d’Alger ?
Sidi Ali Ould BAGNA, Président de la jeunesse du mouvement arabe, dira qu’il y a d’autres acteurs sur le terrain qui ne sont pas négligeables. Selon lui, ils ont reçu récemment la visite des éléments d’Aqmi, venus à bord de 20 pick-up pour interrompre leur rencontre intercommunautaire dans la région de Tombouctou. « A dix kilomètres de Tombouctou, ceux qui gèrent, ce sont ceux-là qui ne sont pas signataires de l’Accord. Ces enjeux ne sont pas négligeables, les populations sont frustrées », a-t-il révélé lors de la conférence débat organisée par le PARENA le 12 Décembre 2015.
Quant à Me. Harouna TOUREH de la plate forme a estimé que l’accord est en péril. Parce que, dit-il, nous avons remarqué qu’il n’y a pas suffisamment de motivation, il n’y a pas suffisamment d’engagement global, bien pensé, bien réfléchi de la part du gouvernement du Mali à aller de façon claire et nette dans la mise en œuvre de cet Accord. Nous avons eu beaucoup de discussion, très polies, très convenables avec les personnes en charge de cet accord.
La situation ressemble à celle des élèves qui partent à l’Ecole sans cahiers, sans bics s’asseyent et puis à la recréation, ils rentrent à la maison sans attendre la fin du cours. C’est cette impression qui nous a été donnée.
Pour Tiébilé DRAME, Président du PARENA on ne sent pas notre gouvernement jouer le rôle locomoteur qu’on attend de lui. On ne sent pas notre gouvernement jouer le rôle d’entrainement des parties maliennes et de l’action internationale. On ne sent pas que les choses sont claires pour le gouvernement. On ne sent pas de vision refondatrice de mobilisation nationale pour refonder la gouvernance et les institutions, donnant l’impression que le processus s’est quelque moment ensablé.
Comment peut-on dès l’instant ou l’Accord d’Alger a été jugé satisfaisant par I.B.K et sa majorité présidentielle, que l’autonomie signée dans cet accord ne soit pas appliquée à la lettre et ainsi que l’acceptation du terme ‘’Territoire de l’AZAWAD’’ ?
Comment un régime qui respect son engagement pris avec l’accompagnement de la communauté internationale, peut-il refuser l’ouverture des services et l’administration publique aux ressortissants des régions du Nord ?
Les groupes armés du Nord sont donc dans leur droit de réclamer la portion de pouvoir que l’Accord leur donne avant d’aller à toute autre chose.
Le Comité de Suivi de l’Accord est en cours d’argent depuis sa création, chose que nous trouvons anormal par rapport aux termes de l’accord qui nous engage tous.
Le régime d’I.B.K, a-t-il enfin compris que l’‟AZAWAD” n’est plus malien ?
La conférence d’entente nationale prévue dans l’accord peut-elle empêcher au territoire d’‟AZAWAD” d’exister ? NON Je ne crois pas. Le régime qui a signé l’Accord d’Alger ne peut pas empêcher à la CMA de récupérer par la main droite, ce qu’elle a lâché avec la main gauche pour masquer les attitudes de la France c'est-à-dire l’autonomie et ou le fédéralisme ?
D’abord l’Etat doit aller rapidement à un remaniement ministériel qui prendra en compte la participation de toutes les parties signataires de l’Accord d’Alger.
Donc, les élections communales prévues pour l’année 2016 ne concernent effectivement pas l’‟AZAWAD” car l’Accord prévoit 18 à 24 mois d’autorités transitoires dans les régions du nord du Mali sans élection. Le Gouvernement gagnera du temps en expliquant exactement le contenu de l’Accord aux populations maliennes qui se sentiront mis devant le fait accompli.
Tous les maliens dans l’arène politique savent que les 17 et 21 Mai 2014, ont fait perdre Kidal du giron de l’Etat central du Mali suite à la visite inopportune de Moussa MARA dans cette ville. La déclaration de guerre qui a suivie cette visite mouvementée et appuyée en cela par une allocation du Président de la République annonçant que 1 500 Soldats sont à destination de Kidal et qu’ils y resteront désormais ont compromis toute chance de le remparer. Et le 21 Mai, l’armée a attaqué les positions des groupes armés. Après une courte victoire de deux heurs, les groupes armés appuyés par les troupes françaises ont mis en déroute les FAMA. Par cet acte, le Mali devrait s’attendre aux pires. Ce sont ses conséquences que nous récoltons aujourd’hui par le manque de vision à moyen et long terme du régime en place.
La paix tant vantée dans l’Accord s’éloignera progressivement du champ de vision des maliens en s’enfonçant dans un mirage de dessert entre Léré, Kidal Ménaka. Les Historiens diront alors qu’il était une fois le Mali.

Moussa DIAKITE
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