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Victime de transfert frauduleux sur son titre foncier : Bazoumana Fofana accuse l’Etat de laisser les investisseurs maliens à la merci des brigands
Publié le mardi 22 decembre 2015  |  Le Tjikan




Depuis des années, Bazoumana Fofana, opérateur économique malien installé au Sénégal demande en vain l’annulation du transfert frauduleusement effectué sur son titre foncier à la cité du Niger. Après avoir tapé à toutes les portes sans succès, il accuse l’Etat malien de laisser les investisseurs, créateurs d’emplois à la merci des brigands qui les arnaquent et les font subir toutes sortes d’abus.

Dans sa lutte pour l’annulation du transfert frauduleusement effectué sur son Titre Foncier N°11247 sis à la Cité du Niger, l’opérateur économique malien installé au Sénégal, Bazoumana Fofana soutient qu’il a subi toutes sortes d’exactions sans la protection, le soutien et l’encouragement de l’Etat et ses démembrements surtout la justice, l’Assemblée nationale, les collectivités territoriales, les partis politiques qui, selon lui, laissent les investisseurs à la merci des brigands qui les arnaquent et les font subir toutes sortes d’abus.

Pour lui, l’injustice, le manque d’équité, le favoritisme et surtout le laisser-aller sont le lot quotidien des investisseurs au Mali. Toutes choses qui provoquent le départ de ceux qui sont déjà installés.



Selon lui, les opérateurs économiques investissent pour fructifier leurs affaires et aider aussi l’épanouissement du pays d’accueil, mais c’est le contraire au Mali.

« Les investisseurs s’installeront dans les pays où il y a la sécurité, la rigueur, la tranquillité et une justice saine. Les pays qui leur offrent ces garanties seront les bénéficiaires de leurs projets qui créent des emplois particulièrement pour les jeunes diplômés. », souligne Bazoumana Fofona.

« Si le pays continue à narguer, dénigrer les industriels comme ce qui m’est arrivé, cela pourrait freiner et décourager l’arrivée des hommes d’affaires étrangers qui ont l’intention d’investir chez nous. C’est la création d’emplois qui favorise le développement économique du pays et son aspiration à un avenir meilleur pour les générations futures particulièrement les jeunes diplômés. Toutes ces violations de la loi, ces détournements et magouilles qui ont émaillé cette affaire de 1996 à ce jour, m’ont causé beaucoup de préjudices, un manque à gagner, des humiliations, souffrances, toutes sortes d’injustices et de temps perdu qui ont mis à genoux tous mes projets », regrette Bazoumana Fofana. Qui explique que pendant son séjour à Dakar, il a exercé normalement et tranquillement ses activités commerciales sans difficultés ni contraintes grâce au bon comportement des autorités sénégalaises.

« J’étais pressé de partager avec mes concitoyens Maliens l’expérience apportée de l’étranger, je voulais toujours que les Maliens en bénéficient afin qu’ils ouvrent de nouvelles perspectives pour un nouveau changement de comportement, gage de la relance économique de notre pays », ajoute-t-il. Et de poursuivre qu’il a été étonné de constater qu’ils ont détourné et triché la plupart de ses réalisations (champs, maisons, terrains en titres fonciers et autres) qu’il avait laissés au Mali. C’est ainsi qu’il a arrêté ses activités au Sénégal pour rentrer au Mali afin de récupérer ses biens spoliés.

« Cela fait 19 ans et je n’arrive toujours pas à avoir ces différents biens particulièrement les titres fonciers dérobés par les truands et fraudeurs qui sont toujours protégés par le pouvoir en place et qui ne font que corrompre les gens », regrette le vieux Bazoumana Fofana. Qui explique qu’ils sont devenus intouchables. « De 1996 à nos jours, nous avons enregistré plus d’une centaine d’audiences dont toutes à notre faveur, mais surtout plus d’un millier de pièces (constats, sommations, assignations, décisions, arrêts, différentes conclusions des avocats, notifications, lettres, photos…mais cela n’a rien donné ». Pour lui, dans un pays où il y’a un disfonctionnement évident entre les juridictions et où on protège les brigands, les méchants, les voleurs, il ne sera pas possible d’exécuter les décisions rendues même si l’on gagne son procès.

Après ce constat amer et inquiétant, l’opérateur économique malien entend retourner au Sénégal pour continuer ses activités jusqu’à ce que l’importance, le rôle et la considération dus aux opérateurs économiques et industriels soient reconnus au Mali.



Almihidi Touré
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