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Art et Culture

Salif Keïta, le Rossignol de la musique manding : «Je ne fêterai pas le 31 décembre 2015 prochain !»
Publié le dimanche 27 decembre 2015  |  Le Flambeau
célèbre
© Autre presse
célèbre artiste malien Salif Keïta




Le samedi 19 décembre 2015, le Rossignol de la musique manding, le Cheval blanc de la musique malienne, Salif Keïta, a animé une conférence de presse dans son hôtel Mofou à Kalabancoro. Cette rencontre avec les hommes des médias portait sur sa tournée en Amérique latine et en Europe, sur ses activités musicales. Il s’agissait également de souhaiter une bonne et heureuse année 2016 aux Maliens et au monde entier et d’annoncer le report de son concert annuel du 31 décembre sur son île.

D’entrée de jeu, Salif Keïta, l’enfant de Djoliba introduira en ces termes : «D’habitude, j’organise les festivités de fin d’année, notamment le 31 décembre sur mon île. J’ai mes fans ; j’ai mes amis, mes frères qui viennent me voir ; ils sont nombreux. On passe ensemble un agréable moment. Du fait de l’insécurité qui persiste dans le pays, je ne peux pas oser cette année exposer la vie de mes fans à la menace des atrocités dKONÉ

arbaries ; donc, je ne fêterai pas le 31 décembre prochain. Mais, je dis à tous mes fans que je serai sur mon île le 14 février 2016, s’il plaît à Dieu».

Parlant de sa tournée musicale, le Cheval blanc dira que le 3 octobre passé, il l’a entamée en Amérique latine et en Europe. «J’ai fait des tournée en Amérique latine (Mexique, Argentine, Brésil et Chili…). Et en Europe, ça s’est aussi très bien passé. Les gents sont très accueillants et ils ont beaucoup dansé ; ils étaient très sympas. J’admire cette tournée. Je remercie toute la diaspora malienne dans ces pays. Et je suis très fier des musiciens maliens qui s’adonne chaque jour à leur boulot», a-t-il narré.

En ce qui concerne les attaques terroristes survenues à l’hôtel Radisson, Salif Keïta, indiquera que ce sont des actes barbares qui ternissent l’mage du Mali et empêchent les touristes de venir dans notre pays, alors que nous vivons de cette activité.

Par ailleurs, il a ajouté : «Moi, j’ai commencé la musique en 1969 quand beaucoup de jeunes n’étaient pas encore nés. J’ai tout donné aux Maliens. Mais, même si mon père était le président de la République, s’il ne travaille pas pour le Mali, je le laisse tomber. Parce que, je sais que l’intérêt de mon père, n’est pas l’intérêt du pays. Si quelqu’un n’aime pas ce pays, je ne l’aime pas non plus. Donc, j’ai assez donné, avec mon cœur, aux Maliens. Je n’aime que ce pays».

Pour le conférencier, les Maliens, notamment les politiques, n’aiment pas les artistes maliens. «Le dernier ministère du Mali, c’est celui de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. C’est pourquoi, les artistes doivent faire autrement», a-t-il précisé.

Avant d’enchaîner : «Je me suis débrouillé toujours pour manger ; je me suis débrouillé à satisfaire des gents autour de moi, qui ont besoin de mon aide et ces derniers n’aiment pas que j’apporte aide aux gens qui n’aiment pas le Mali. J’essaie d’exister dans ce pays. J’ai souffert pour être modèle et en ce moment, il y avait un homme politique qui m’a fermé la porte. Je ne voulais pas quitter ce pays, comme Youssou N’Dour et Alpha Blondi dont leurs autorités ont tout fait pour qu’ils restent chez eux. Et moi, on a tout fait pour que je dégage, parce qu’ils n’ont pas pu me mettre dans leur poche».

En outre, Salif Kéïta avoue qu’il chante pour les bosseurs, les travailleurs et non pour les fainéants. «J’ai chanté pour Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, parce que je l’aime ; c’est un bosseur ; c’est un travailleur. Il n’a fait qu’un seul mandat, mais il a changé la Côte d’Ivoire. Il a laissé tout derrière lui pour se donner au pays», a-t-il dit.

Pour sa carrière politique, l’enfant de Djoliba assure qu’on le verra un jour à la tâche. «On me verra un jour dans la politique. Je n’ai pas capitulé, parce que j’ai ma place à l’Assemblée nationale», a-t-il conclu.

Seydou Karamoko KONÉ
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