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Risque de naufrage : Résister ou s’enliser
Publié le jeudi 7 janvier 2016  |  Le soft
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Lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita
Bamako, le 11 juin 2015, le CICB a abrité la cérémonie de lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita, c`était sous la Haute présidence de SEM, Ibrahim Boubacar KEITA




D’interminables crises entre parties chargées de la mise en œuvre de l’accord issu du processus d’Alger, persistante dégradation de la situation sécuritaire, un progrès économique jusqu’ici fantôme, un Etat qui apparait peu sérieux devant ses partenaires et faible face à un islam interne qui menace la République. A ce stade, les prochains jours s’annoncent mouvementés.

Si au bout de huit mois de pourparlers, le pouvoir de Bamako est parvenu, à partir du document algérien à limiter temporairement les ardeurs de groupes armés du nord, la phase des actes, elle, s’est fourrée dans les ténèbres.

Certes, un accord a été signé et c’est son application qui pose problème. De Bamako à Alger, les initiatives de sa mise en œuvre ne manquent pas. Mais le hic est que le Mali qui a préféré signer un accord chez son voisin algérien n’a pas les moyens de financer même le quart des chantiers que prévoit l’accord. Pour y arriver, les regards sont tournés vers Paris qui aussi, semble avoir un autre agenda que celui tracé par Alger. C’est dans ce bal poussière que des chefs rebelles se disant disposés à aller à la paix attendent des fruits que même Bamako n’a pu cueillir.



Dans le nord du Mali où l’Etat se ré-déploie partiellement, c’est la montagne qui accouche d’une souris chez les populations. La raison est simple : « depuis six mois on nous parle du retour progressif de l’Etat afin de penser à notre développement local, mais il se passe que nous avons affaire à des agents de l’Etat qui nous pillent. Si ce n’est l’agent des impôts qui nous taxe, c’est un gendarme ou un policier qui nous punit pour une vignette ou une pièce d’identité, commente un habitant du nord, qui ajoute. L’Etat doit se rappeler que nous avons connu une année d’occupation quand lui, il s’était replié, et il est important qu’il nous donne le temps de vivre d’abord en créant des conditions de sécurité et de paix, avant de nous rançonner. »

D’ailleurs, décrie un habitant de Tombouctou, « chaque jour qui passe, il y a un braquage ou une attaque qui s’opère quelque part dans le nord contre les populations civiles ».

Quant à la gouvernance au plan national, les résultats tant vantés par les autorités sont bien loin de satisfaire les citoyens qui se réfèrent au panier de la ménagère de plus en plus cher avec un chômage grimpant, livrant ainsi la jeunesse à la rue et à l’extrémisme.

A ces retards accusés, il faut ajouter le Mali qui ne parait plus comme un Etat sérieux devant les partenaires techniques et financiers.

Une situation d’incertitudes qui laissa aux leaders religieux le temps de s’immiscer dans le débat politique pour défier le pouvoir et le menacer ouvertement. Ce qui présage un embrasement du pays en gestation dans les mois à venir.

A ce stade où tout plonge dans les complications, le pouvoir de Bamako semble être dépassé par les évènements.

Par contre, des observateurs projettent de voir dans les jours à venir, un Etat qui saura poser des actes concrets et sortir de son mutisme pour mettre sur les rails ces leaders religieux confondant liberté d’opinion au militantisme politique. Car, si pour la paix, c’est un processus qui a besoin de preuves préliminaires, en ce qui concerne l’immixtion des leaders religieux dans les affaires publiques, il n’y a qu’à les rappeler à l’ordre, faute de quoi, la confusion n’est pas pour le bien du pays.

En clair, il faudra que l’Etat, ne serait-ce que pour survivre, use de ses forces pour rappeler aux leaders toute leur liberté à commenter l’actualité nationale sans que cela ne leur confère le droit de menacer l’Etat laïc du Mali.

Habi Sankoré
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