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« Délinquance » foncière à Diatoula : L’ancien président du patronat Mamadou Sidibé exproprie la veuve et les enfants de feu Commandant Siaka Koné de 5 ha de terrain
Publié le vendredi 8 janvier 2016  |  Le Tjikan




Les enfants de feu Commandant Siaka Koné (parachutiste et compagnon d’armes d’ATT) décédé à la suite d’un accident d’entrainement font face aujourd’hui à toutes les peines du monde pour rentrer en possession des 5 ha de terre hérités de leur défunt père à Diatoula. La source de leur malheur n’est autre que le DG de la SOMAPIL, ancien président du patronat du Mali, M. Mamadou Sidibé.

Si Siaka Koné est cité parmi les héros de ce pays en raison de son passé de bravoure et de droiture, ses héritiers sont loin de ressentir cela car depuis plus de 6 ans, ils cherchent à rentrer en possession des 5 ha de terre hérités de leur défunt père.

Selon ses héritiers, depuis tout jeune, ils savaient que leur défunt père détenait une parcelle de 5 ha à Diatoula. Compte de leur jeune âge au moment de l’accident mortel de leur père, ils ne pouvaient pas la mettre en valeur. C’est ainsi que, indique Mme Koné Mariam Koné (épouse de Siaka Koné), quand les enfants ont grandi, ils ont mis la parcelle en valeur en y plantant des arbres. Un jour, souligne la malheureuse dame, « j’ai été interpellée par le grand frère de mon mari qui exploitait le champ en y cultivant de l’arachide, qui m’informa que quelqu’un est allé déraciner les pieds d’arachides qui n’étaient pas encore murs. » Aussitôt, poursuit Mariam Koné, « j’ai envoyé mes enfants, accompagnés d’un huissier pour constater. C’est ainsi qu’ils ont compris par la suite que l’espace est convoité par un certain Amadou Sidibé agissant au nom de Mamadou Sidibé (ex-président du patronat), se réclamant propriétaire des 5 ha. Ce dernier affirme les avoir acheté avec un certain Siaka Mallé, géomètre depuis 20 ans. ».



C’est ainsi que l’affaire fut amenée devant le préfet de Kati (Sylla), précise Moussa Koné, courant 2009 qui écarta immédiatement Mamadou Sidibé des discussions au motif que son nom ne figurait nulle part dans les archives du dossier de ces 5 ha de Diatoula, dans la commune de Kalabancoro, cercle de Kati. Mais qu’il y avait seulement la carte d’identité d’un certain Siaka Koné dans ce dossier, un maçon à la retraite.

« C’est à ce moment que nous avons su qu’il y a quelque chose qui cloche. Au second rendez-vous, Mamadou Sidibé s’est fait accompagner de Siaka Mallé, le géomètre qui déclara devant le Préfet que c’est un certain Siaka Koné qui lui aurait demandé de trouver un preneur pour sa parcelle », explique l’ainé de la famille, Moussa Koné.

Selon lui, le géomètre a expliqué que l’opération de vente a eu lieu 1993 et que lui il n’a joué que le rôle d’intermédiaire entre les deux personnes. Aussi, que l’opération n’a pas eu lieu en sa présence.

A l’en croire, lorsque le Préfet lui a posé la question de savoir pourquoi il n’y a pas eu de transfert au nom de Mamadou Sidibé comme l’exigent les règles, le géomètre resta sans réponse. C’est ainsi, explique le premier fils de Siaka Koné que Mamadou Sidibé présenta un titre foncier au Préfet. Compte tenu de son incompétence à statuer sur une affaire de TF, le Préfet dirigea les parties opposées devant le tribunal administratif et depuis commença le calvaire pour les héritiers de feu Commandant Siaka Koné.

Usurpation d’identité

Dans le but de tirer au clair le mystère autour du fameux Siaka Koné, le maçon qui aurait vendu la parcelle litigieuse à Mamadou Sidibé, la famille de feu Siaka Koné accompagnée d’un huissier s’est rendue au domicile de ce dernier qui était décédé il y a de cela un mois et quelques jours. Son fils ainé, en la personne Zoumana Koné fera savoir qu’il connait tous les biens de son défunt père. Mais que ce dernier n’a jamais possédé une quelconque parcelle à Diatoula. C’est ainsi qu’il rentrera dans la maison pour sortir avec la carte d’identité de son père différente de celle trouvée dans les dossiers à Kati. Il répéta la même chose quelques temps après lors de son audition par la gendarmerie de Kalabancoro.

Aux dires de la veuve Mariam Koné, au premier passage, il n’y avait que la photocopie de la carte d’identité de Siaka Koné, le maçon, mais aucune trace des dossiers de Mamadou Sidibé. Mais plus, ils sont convoqués devant le Préfet, plus ce dernier présente de nouveaux documents qui n’existaient pas auparavant dont une attestation de demande de transfert de Siaka Koné dans laquelle, Mamadou Sidibé est à la fois vendeur et acheteur et le nom de Siaka Koné, le présumé vendeur de la parcelle n’y figure pas.

Moussa Koné, le fils du défunt commandant Siaka Koné affirme avoir en sa possession, tous les documents qui attestent que les 5 ha appartiennent à son père dont environ 152 bulletins signés du préfet de Kati. Les héritiers disposent également d’un cahier de charges datant du 13 juillet 1992 dans lequel, il est clairement mentionné qu’il est accordé à Mr Siaka Koné, la concession provisoire d’un terrain rural de 05 ha, sis à Diatoula (arrondissement de Kalabancoro).

Les incohérences de Mamadou Sidibé

Lors de son audition le 2 mars 2010 par la gendarmerie de Kalabancoro sur la même affaire, Mamadou Sidibé a affirmé avoir eu la parcelle grâce à une lettre d’attribution, une attestation de vente de Siaka Koné, le maçon. Mais lorsque les enquêteurs lui ont posé la question sur la non conformité de la signature de Siaka Koné, le maçon figurant sur la carte INPS de ce dernier et sur la demande de transfert, il dira qu’il n’a rien à dire à ce sujet.

Il a également nié l’hypothèse selon laquelle, Siaka Mallé, le géomètre a joué un rôle d’intermédiaire dans l’achat de la parcelle à Siaka Koné, le maçon, contrairement à la version racontée par ce dernier lors de son audition par la gendarmerie de Kalabancoro le 10 février 2010. Selon Mamadou Sidibé, à l’époque Président du Patronat du Mali, il a acheté la parcelle litigieuse par l’intermédiaire d’un de ses ouvriers et qu’il ignorait son nom quand il était Directeur de la SOMAPIL et non par l’intermédiaire de Siaka Mallé, le géomètre.

Concernant la déclaration de Zoumana Koné (fils du maçon Siaka Koné) qui a nié l’existence d’une quelconque parcelle de son père à Diatoula, Mamadou Sidibé dira que cela est possible vu que lui-même aurait acheté ensuite et vendu des terrains sans que sa famille ne soit au courant. Un autre fait qui n’est pas passé inaperçu à la gendarmerie est que lors de cette audition, l’attestation de vente en question n’était pas légalisée. A la question des enquêteurs sur ce sujet, il dira qu’il le constatait lui-même en même temps qu’eux.

Malgré toutes ces déclarations et faits en leur faveur, les héritiers de feu Commandant Siaka Koné n’ont pas eu gain de cause devant la justice. Après avoir remporté le procès devant la section administrative de la Cour d’Appel une fois, ils ont perdu tous les autres procès comme si tout était programmé en avance. L’affaire a même fini entre l’Etat et Mamadou Sidibé lorsque Daniel Téssougué à l’époque Procureur Général près la Cour d’Appel de Bamako par volonté de les aider leur a demandé de faire appel devant la Cour Suprême, a expliqué la veuve Koné. Qui poursuit qu’à sa surprise, lorsqu’elle est allée se renseigner sur l’évolution de son dossier au niveau de cette Cour, elle a appris que le verdict est tombé sans qu’elle encore moins son avocat n’en soient informés.

Depuis, cette date, elle fonde son espoir sur le ministre Mohamed Ali Bathily qui, depuis sa nomination mène une lutte acharnée contre les spéculateurs fonciers.

Selon les informations fournies par la malheureuse dame, elle a tapé toutes les portes depuis le début de cette affaire plus précisément sous ATT, un compagnon d’armes de son défunt mari. Aussi, lors de la tournée d’IBK dans la région de Sikasso, elle dit l’avoir rencontré pour attirer son attention sur sa situation. Mais depuis cette date, rien n’a changé.

Affaire à suivre.

Modibo Dolo
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