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Ankoundio Luc Togo, DG de la CANAM : « Aller au-delà de la couverture des fonctionnaires et des travailleurs »
Publié le lundi 11 janvier 2016  |  Le Pouce




Fleuron du ministère de l’Action humanitaire, de la Solidarité, et de la Reconstruction du Nord, la Caisse nationale d’assurance maladie (CANAM) suscite un engouement certain auprès des populations. En ce début d’année nouvelle 2016, pour davantage vous édifiez sur cette structure, nous avons rencontré le directeur général. Nous vous souhaitons une bonne lecture de cet entretien exclusif.

Le Pouce : l’année 2015 est désormais derrière nous. Pouvez-vous faire à l’attention de nos lecteurs le point de quelques grands actes posés par la CANAM ?

Ankoundio Luc Togo : « Au moment où nous venons d’entamer l’année 2016, je voudrais au nom de l’ensemble des travailleurs de la CANAM, des partenaires en charge de la mise en œuvre de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et à mon nom propre présenter à la population du Mali et plus particulièrement aux assurés, nos vœux les meilleurs de bonne et heureuse santé 2016. Puisse l’année nouvelle contribuer au raffermissement de la mise en œuvre totale de l’Assurance maladie obligatoire.



Courant 2015, nous avons de façon notable eu à mettre en chantier, un certain nombre d’actions. J’aimerais avant tout citer toute la dynamique que nous avons engagée avec la hiérarchie militaire pour opérer l’enrôlement et l’immatriculation des agents des forces armées et de sécurité.

Jusqu’à fin 2014, nous savons quelle en était la situation. A partir de 2015, et à ce jour, grâce aux efforts que nous accomplis à travers notre département mais également avec la hiérarchie militaire, nous avons pu enrôler aisément la totalité des forces armées et de sécurité. Déjà, nous avons pu immatriculer l’essentiel des effectifs et de façon pratique. Il faudrait saluer la hiérarchie militaire et l’ensemble des forces armées et de sécurité. Aujourd’hui, ils cotisent tous, et ce depuis le mois de mars. Je crois que c’est un bon point. Et, c’est un public heureux qui sort de la CANAM. L’autre chose, c’est que nous avons démarré un chantier extrêmement important pour la gestion de l’AMO. Nous considérons ce chantier comme étant un tournant quasiment décisif pour l’amélioration du système informatique. C’est le cœur de notre travail. Et nous avons donc engagé tout un programme de migration de notre système informatique vers une nouvelle version. Cela nous permettra non seulement de moderniser significativement et notablement notre gestion du régime, mais également ça nous permettra de faire les enrôlements, les immatriculations et surtout de produire les cartes à l’interne. Les cartes auront la particularité d’être des cartes biométriques avec une puce et couplée avec le Nina. Cela va conférer une autonomie dans la production des cartes. Ça va surtout permettre de fiabiliser, de fidéliser et de rendre plus sûres les cartes de manière à ce qu’on puisse contribuer entre et autre à lutter notablement contre la fraude. Ça, c’est un chantier qui va nous amener jusqu’à fin 2016. C’est un chantier d’envergure. C’est un système qui sera à la pointe de la technologie. Ça c’est le gage de l’amélioration de la gestion de notre régime. Ensuite, il ya eu d’autres chantiers. Nous avons évidemment continué à faire les immatriculations. Là, il faut se réjouir de la tendance de cibles que nous appelons les ré adhésions, c’est-à-dire, tous ceux qui ont hésité au départ ou qui avaient protesté et se retirés. Nous sommes entrain, au quotidien d’immatriculer tous ceux assujettis à la loi de l’AMO. C’est quelque chose de positif qui nous fait surtout oublier, les moments difficiles que nous avons connu aux heures initiales de la venue de la CANAM. L’autre chose, c’est aussi la poursuite des conventionnements notamment avec les pharmacies. Parce que nous sommes partis avec une poignée de pharmacie. Mais aujourd’hui, tous les jours, nous recevons des demandes de conventionnement. Ce qui, par ailleurs dénote un peu de crédibilité de plus en plus grande de notre système. Ceux qui hésitaient n’avaient pas tout simplement confiance. Je pense que ce mouvement de conventionnement est aujourd’hui massif, avec les pharmacies et les établissements de soins. C’est le symbole d’une pente positive que nous connaissons aujourd’hui dans la gestion de l’assurance maladie obligatoire. Ce sont ces éléments essentiels que je peux relever courant 2015 ».

Le Pouce : Aucune œuvre humaine n’est parfaite. Est- ce qu’il ya eu des insatisfactions au cours de cette année 2015 ?

Ankoundio Luc Togo : « Nous, qui nous inscrivons dans une démarche de perfection, si le mot est convenable, au fur et à mesure que nous évoluons, acceptons qu’il ya eu un certain nombre de difficultés ou contraintes par rapport au service que nous rendons. Ils ya eu des choses que nous regrettons. C’est un peu toutes les procédures tendant à immatriculer et à produire les cartes. Pour plusieurs raisons, nous pensons qu’il ya beaucoup d’améliorations à apporter. C’est pourquoi d’ailleurs, nous pensons à un nouveau système d’immatriculation et de production de cartes. Les retards accumulés dans l’obtention des cartes d’assurés ont été en fait des choses qui ont attiré notre attention. Il ya bien sûr des supports qui permettent d’accéder aux soins, on les appelle les récépissés. Mais tant que les gens n’ont pas la carte, c’est comme si le symbole qui nous confère le statut d’assuré ne s’est pas concrétisé. C’est dans la tête des gens. Par rapport à çà, je pense qu’on aurait pu mieux faire. C’est pourquoi, nous pensons à une autre façon de faire. Cette fois ci, en produisant les cartes à l’interne. L’autre chose, c’est aussi, avec l’engouement quotidien que nous constatons, au niveau des assurés, il arrive dans certains établissements, où il ya de fortes affluences, que des désagréments soient relevés notamment par rapport au parcours à suivre par les demandeurs. Il nous est régulièrement rapporté qu’il ya de longues files qui ne sont pas, pour nous de nature, à satisfaire les assurés dans leurs démarches d’accéder aux soins. Là aussi, nous sommes en relation avec les établissements de soins. On sait que les établissements publics en particulier sont les établissements où il ya une forte affluence. Même ceux qui payent directement de leur poche subissent des désagréments. Notre souhait est de soulager le maximum possible des assurés pour écourter de maximum leur parcours dans le cadre de l’accès aux soins. Des efforts sont en cours. Et la diversification des prestations notamment les conventionnements qui sont en cours avec les cliniques privées, procèdent aussi de ce souci d’offrir plus de choix aux assurés quant à l’accès aux soins. Ce sont deux choses, pour ne citer celles-ci parmi tant d’autres qui constituent une priorité quotidienne dans le cadre de l’amélioration des prestations au niveau de la CANAM ».

Le Pouce : Comment la CANAM entrevoie cette nouvelle année ?

Ankoundio Luc Togo : « Cette nouvelle année 2016, nous la plaçons sous l’égide du renforcement des chantiers qui ont démarré. D’ici fin décembre 2016, le nouveau système informatique qui va être opérationnel, va imprimer une forte modernisation du système informatique. Cela va nous permettre d’être autonome dans la production des cartes et surtout des cartes fiables. C’est-à-dire des cartes biométriques avec un système de puce, qui va nous permettre de lutter contre la fraude. Nous aurons à parachever ce que nous avons engagé en termes de modernisation du système informatique courant de l’année 2016. Pour les autres domaines, nous allons aussi renforcer les actions, notamment par rapport à l’enrôlement et à l’immatriculation de certaines catégories, qui pour une raison ou une autre n’ont pas encore commencé à s’affilier. Je veux parler par exemple des entreprises minières, des banques, la CMDT. A ces niveaux, nous avons un bassin de milliers de travailleurs, qui je dirais, pour des raisons d’incompréhension n’ont pas encore bénéficié de cette assurance. Mais il ya un frémissement par nous même à entreprendre un certain nombre d’actions. Courant 2016, avec eux, ça va être totalement opérationnel. Avec les autres catégories, la sensibilisation va être renforcée pour qu’on puisse atteindre toutes les populations qui sont considérées comme étant assujetties de par la loi. Ce sont des chantiers qui sont aussi fondamentaux ».

Le Pouce : Dans ces chantiers, quelles vont être les priorités ?

Ankoundio Luc Togo : « Les priorités, c’est d’abord, le parachèvement du processus de migration et de modernisation du système informatique. Ensuite, le renforcement de la sensibilisation pour déboucher à terme sur l’enrôlement de l’ensemble des catégories qui ont été considérées comme assujetties. On est sur une bonne pente. On doit renforcer les efforts dans ce sens. Il ya aussi, au niveau de l’accès aux soins, toutes les questions liées à l’amélioration de la qualité des prestations, en passant bien par l’amélioration du parcours des malades, une fois qu’ils en sont situation de solliciter des prestations en tant que assurés. C’est un chantier majeur. Nous allons poursuivre aussi les conventionnements et étendre le nombre de cliniques. Très prochainement, nous allons commencer à conventionner avec d’autres cliniques. Nous avons beaucoup plus de monde. Nous allons faire l’évaluation de chacune de ces cliniques pour voir si elles ont le plateau technique nécessaire. Ensuite, on fait l’opération de conventionnement. C’est pour permettre aux populations de diversifier le choix des prestataires ».

Le Pouce : Quel est l’état de vos rapports avec les organismes de gestion délégués ?

Ankoundio Luc Togo : « Nos rapports sont bons. Je voudrais préciser que l’AMO est en fait une reforme assez inédite. Si vous regardez autour de nous, c’est rare de voir ce système dans un autre pays au sud du Sahara. En Afrique francophone, nous sommes peut être trois ou quatre. Ce qui fait aussi que le chemin organisationnel est original. Que la caisse, contrairement à beaucoup de pays repose dans la gestion d’un tel régime sur d’autres caisses par un système de délégation, c’est original. Tout comme, on ne peut pas trouver de modèle en la matière dans les différents pays. Chaque pays met en place un système d’organisation sur le plan institutionnel au regard de ses réalités. Au niveau des OGD, l’INPS et la CMSS, il n’y avait pas en fait la gestion assurantielle de la maladie. Donc, l’AMO est une nouvelle chose. Ce qui a fait que ces structures on été appelés à assurer la fonction d’organismes gestionnaires délégués, certes par la CANAM, mais de par la loi. C’est tout à fat compréhensible qu’on début les choses évoluent progressivement de manière à stabiliser l’organisation et à répondre aux sollicitations du régime.

Par rapport à cela, il a fallu au niveau OGD qu’on prendre des initiatives pour déconcentrer les activités et de répondre de ce fait au besoin de la clientèle. Nous avons un comité technique qui se réunit dans les mois pour voir comment on peut répondre à certaines difficultés posées dans le cadre de la gestion de l’AMO. Ce comité présidé par la CANAM réunit les techniciens de l’INPS, la CMSS, été de la CANAM, pour chercher les solutions aux problèmes posées. Nous avons aussi un contrat d’objectif et de moyen qui nous lie pour nous assurer de la bonne exécution du décret qui fixe les termes de la délégation de gestion. Pratiquement, il ya la complémentarité. Bien sûr, il y a des efforts qu’il faudra faire sans cesse, pour parfaire le système. Nous n’avons pas de difficultés particulières en terme relationnel ».

Le Pouce : Le mot de la fin ?

Ankoundio Luc Togo : « Je suis heureux aujourd’hui de constater que l’AMO et la CANAM se crédibilisent de plus en plus aux yeux de la population. Cela est satisfaisant pour nous. C’est aussi, sans cesse, une interpellation à améliorer les prestations. Parce que, dans toutes les situations qu’ils se trouvent, les assurés doivent être satisfaits. Surtout, quand ils viennent à l’hôpital. De façon particulière, notre interpellation, c’est d’être toujours là et de veiller à ce que les gens accèdent aux soins selon les dispositions prévues par les textes. Aujourd’hui, nous pensons que nous sommes en train d’atteindre une pente positive, quand on jette un regard rétrospectif. De plus en plus, les gens sentent qu’il fallait créer l’assurance maladie. Ce qui nous préoccupe aujourd’hui, c’est d’aller au delà de la couverture des fonctionnaires et des travailleurs. C’est comment, mettre un système pour que toute la population bénéficie de l’assurance maladie. Ça, c’est le défi qui est le nôtre, en tant que CANAM. C’est aussi le défi du département et du gouvernement. Nous avons déjà commencé à travailler avec nos experts qui doivent produire l’ensemble des dispositions législatives, réglementaires d’ici fin 2018, pour que sur la base de l’AMO, qu’on puisse offrir une couverture maladie à l’ensemble de la population. C’est çà le défi ».

Entretien réalisé par Tiémoko Traoré
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