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Coulibaly, Féticheur de l’ex-Putschiste de Kati face à ses promesse : «Je veux dire au monde entier les crimes qu’Amadou Haya a commis»
Publié le mardi 12 janvier 2016  |  Le Sphinx
capitaine
© Autre presse par DR
capitaine drissa coulibaly






Désormais libre, le Capitaine Drissa persiste et signe

«Ce sont les hommes de Haya qui ont tué… C’est Seyba Diarra, l’adjudant-chef Samba Sangaré, les nommés Coulibaly et Famagan Keïta, tous membres du CNRDRE, qui ont exécuté les «Bérets-rouges»… Les accusations émanent de celui que l’on surnomme«General One man for ten» et qui vient de bénéficier d’un non-lieu. C’est dire alors que les lendemains s’annoncent difficiles pour le détenu Amadou Haya Sanogo.

Inculpé le 03 avril 2015 de «complicité d’assassinat et de complicité d’enlèvement» dans l’affaire des 21 Bérets-rouges dont les restes ont été découverts dans différents charniers, le capitaine Drissa Coulibaly a récemment bénéficié d’un non-lieu prononcé par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel.

En la matière, un non-lieu est une décision d’une juridiction d’instruction mettant fin à des poursuites pénales. Une décision qui intervient lorsque ladite juridiction estime que l’infraction n’est pas établie ou qu’il n’y a pas de preuves suffisantes contre le présumé auteur ou le complice de l’infraction. A la lumière de cette définition, la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel estime donc que l’accusé Drissa Coulibaly ne peut être poursuivi pour les crimes qu’on lui attribuait, à savoir, la «complicité d’assassinat et de complicité d’enlèvement» des 21 Bérets-rouges. Si ce n’est lui, alors qui s’avère le coupable?

Cette question vaut son peson d’or car dans une interview qu’il nous a accordée à la date du 27 Octobre 2013, le capitaine Drissa Coulibaly accuse vertement le capitaine-général Amadou Haya Sanogo d’être le véritable auteur et instigateur des crimes dont on l’accusait. Mais d’abord, qui est donc cet énigmatique personnage ?

Il s’appelle Drissa Coulibaly. Il est féticheur réputé et un capitaine mercenaire affectueusement appelé par ses intimes anglophones, «General One man for ten» (un Général qui vaut 10 hommes). Il s’est illustré, avec ses hommes, sur de nombreux théâtres d’opération (Sierra-Leone, Liberia, Côte d’Ivoire, Guinée…). Revenus au bercail durant les folles journées d’avril 2012, en vue disait-il, de se mettre au service de leur pays, ils ont été vite «récupérés» par le capitaine Sanogo, devenu plus tard Général 4 étoiles. Mais les rapports entre les deux hommes se détériorèrent très vite. Et le «General One man for ten» dut alors se cacher afin, dit-il, d’échapper à une mort certaine. Il fut cependant arrêté courant 2015 et inculpé de «complicité d’assassinat et de complicité d’enlèvement» des 21 Bérets-Rouges. Mais de l’avis du désormais ex-suspect, le véritable coupable est bien ailleurs. Il s’appelle Amadou Haya Sanogo.

«Je suis prêt à témoigner avec les preuves ! »

Dans l’interview qu’il nous a accordée à la date indiquée (Avril 2015), le capitaine Drissa Coulibaly répond ainsi à la question qui suit : Que savez-vous de l’affaire des «Bérets-rouges» disparus ?

Réponse : « C’est Seyba Diarra, l’adjudant-chef Samba Sangaré, les nommés Coulibaly et Famagan Keïta, tous membres du CNRDRE, qui ont exécuté les Bérets-rouges».

Et de préciser plus loin : «Je veux dire aujourd’hui au monde entier ce que Haya a fait, les crimes qu’il a commis… Tout ce que je veux, c’est qu’il soit arrêté et jugé. Je sais que son homme des sales besognes, l’exécuteur, c’est Seyba Diarra. Il s’agit bien de l’adjudant-chef Seyba Diarra, devenu aujourd’hui Lieutenant (…).

Mais l’homme a-t-il les preuves de ses assertions et surtout, est-il prêt à témoigner publiquement ? La réponse est sans ambiguïté : « Je suis prêt ! Pas seulement devant la Cour; n’importe où et avec les preuves ! J’irai témoigner avec les preuves !».

Faut-il le croire ? En attendant qu’il soit probablement cité comme témoin, ses révélations ont d’ores et déjà permis de faire des découvertes macabres et par conséquent, de faire progresser les enquêtes. Et cela, par le biais de votre hebdo et de la manière la plus anodine.

En effet, à la question de savoir ce que lui, capitaine Drissa Coulibaly faisait pendant les tueries à Kati, il répondit :

« Personnellement, je m’occupais de la menace que représentaient le Mujao et les mercenaires. De notre côté, nous avions arrêté des suspects proches du Mujao et ils les ont exécutés à Kati… Ils ont même rempli des puits… comme celui chez l’ancienne ministre Zakyatou… ».

Et Qui est Zakyatou, avions-nous demandé? La réponse a été pour le moins stupéfiante: «Zakyatou Walet, l’ancienne ministre d’ATT qui a fui ! Sa maison est située avant Kati-sananfra, dans la mangueraie. Il y a des puits, dans cette maison, remplis de cadavres».

Et de quels cadavres s’agit-il, avions nous insisté ? «De ceux des « Bérets-rouges» tués par les gens de Haya Sanogo ! ». Et patatras !

La révélation n’est pas tombée dans de sourdes oreilles. Les enquêteurs s’en saisiront en effet et une incursion sur les lieux, seulement 24 heures après notre publication, permit de mettre en évidence des restes humains, précisément à l’endroit indiqué par l’interviewé, à savoir, le fameux puits dans la concession de l’ex-ministre d’ATT. Il s’agissait des dépouilles de quatre malheureux. D’autres y furent encore découverts toujours à la suite des mêmes révélations.

Signalons que le capitaine Drissa Coulibaly, en sa qualité de féticheur attitré d’Amadou Haya Sanogo, a été logé par ce dernier dans la villa de l’ex-ministre dont le puits abritait les restes humains. Comme pour dire qu’il a été témoin au moins des ensevelissements.

Aujourd’hui libre de ses mouvements, l’homme mettra-t-il ses menaces à exécution, c’est à dire, révéler au monde entier les crimes présumés commis par Amadou Haya Sanogo ? En tout cas, si Drissa n’est pas auteur d’un quelconque meurtre, il en sait beaucoup sur les agissements des membres de l’ex-Cnrdre. Il en sait trop même pour ne pas être écarté si facilement du dossier. Raison pour laquelle, nous espérons que l’une des parties au procès trouvera les moyens de le faire comparaître comme témoin afin que ses déclarations puissent aider à l’éclatement de la vérité.

Par MLSIDIBE

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