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Gouvernement Modibo III : Vers une ouverture aux mouvements armés
Publié le lundi 18 janvier 2016  |  Le Prétoire
Mali:
© AFP par AHMED OUOBA
Mali: les négociations entre les autorités maliennes et les groupes armés touareg ont été reportées en raison d’un blocage de dernière minute
Vendredi 7 juin 2013. Burkina Faso. Ouagadougou. Les mouvements touareg, avait pris place dans la grande salle du palais présidentiel censée abriter les discussions. Photo: Mahamadou Djeri Maiga, vice-président du Mouvement national pour la libération de l`Azawad (MNLA)




Sans nul doute, la realpolitik à l’heure actuelle commande la formation d’une nouvelle équipe de gladiateurs pour baliser complètement le terrain pour la mise en œuvre diligente de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale.

Le remaniement ministériel tant attendu n’est qu’une question de jours. Car, tous les ingrédients sont réunis pour la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale. Pendant ce laps de temps, les chefs des départements ministériels retiennent leur souffle. Selon des indiscrétions, le chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keïta n’a pas fait mystère de ses intentions de remanier le gouvernement lors du dernier Conseil des ministres. Il a exprimé toute sa déception au sujet de certains ministres qui ont coopté d’autres agendas différents de celui pour lequel ils ont été choisis. A en croire nos sources, il a donné des instructions au Premier ministre de former un nouvel attelage. Il nous revient de sources bien introduites que des consultations en vue d’une nouvelle équipe gouvernementale ont été déjà engagées.

Et d’autres confirment que tout est fin prêt pour un nouveau départ. Les dés sont maintenant jetés. Il n’est un secret pour personne que l’actuel gouvernement dirigé de main de maître par le technocrate Modibo Keïta ne répond plus à la réalité du moment. Car, après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, la donne politique a complètement changé au Mali. Pour cause, des parties signataires dudit accord constituent aujourd’hui, à n’en pas douter, des acteurs clés sur lesquels il faudra compter afin de jeter les jalons du renouveau du Mali. Si le réaménagement ministériel du 24 septembre dernier n’a pas reflété la configuration attendue par les acteurs, celui en gestation sera à la mesure des enjeux du moment.

Nul besoin de rappeler que la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale incombe en premier lieu aux parties signataires. Ainsi, pour une application cohérente et efficace des dispositions de l’Accord, un cadre approprié s’impose pour donner un coup d’accélérateur au processus de paix. Sinon rien de consistant ne pourrait se réaliser sans l’implication de toutes les parties prenantes. La fissure actuelle au niveau du comité de suivi de l’Accord l’illustre parfaitement. Après la signature de l’accord, c’est la guerre de positionnement au sein des groupes armés qui a pris le dessus. Chaque mouvement se bat pour se faire une place au soleil dans un éventuel gouvernement. A telle enseigne que tout se passe comme si un accord n’avait pas été signé. Ainsi, le processus de sortie de crise est pris en otage.

Une équipe de gladiateurs à constituer

Pour relancer de plus bel le processus de mise en œuvre de l’Accord, un gouvernement de large ouverture s’avère une nécessité. La formation d’un nouveau gouvernement qui ne saurait tarder devra avoir en son sein toutes les parties prenantes de la crise malienne. Tout laisse à croire que sans une large ouverture du gouvernement aux mouvements armés signataires, le processus de réunification du Mali aura toujours du plomb dans l’aile. Cependant, un gouvernement de large ouverture s’impose afin d’aplanir les dissensions qui freinent l’avancée du processus de mise en œuvre de l’Accord de paix.

Les mouvements armés signataires de l’Accord ne cachent plus leurs intentions d’avoir des représentants au sein du gouvernement depuis belles lurettes. Comme cela a été le cas de Sidy Brahim Ould Sidati, un responsable de la CMA, aux premières heures qui ont suivi la signature de l’Accord, qui avait mis la barre très haute. «Nous voulons des portefeuilles clés», a-t-il laissé entendre. Donc, la nouvelle équipe en gestation devra tenir compte inéluctablement de la configuration actuelle née de la signature de l’Accord.

Sans nul doute, la realpolitik à l’heure actuelle commande la formation d’une nouvelle équipe de gladiateurs pour baliser complètement le terrain pour la mise en œuvre diligente de l’Accord pour la paix. Car, les forces rétrogrades sont en train de prendre le terrain au moment où ceux qui se sont engagés à travers la signature d’un accord dispersent leurs énergies dans les guéguerres de positionnement. Dès lors, il apparait nécessaire d’unir leurs efforts pour bouter hors de nos murs les terroristes qui poignardent dans le dos les artisans de la paix. Ainsi, Modibo Keïta qui, après avoir été reconduit d’office par le Président de la République, devra trier au volet une nouvelle équipe pour imprimer un nouveau dynamisme dans le fonctionnement des affaires publiques.

Boubacar SIDIBE
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