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Réaménagement ministériel : La refondation du RPM et l’Accord d’Alger en ligne de mire
Publié le lundi 18 janvier 2016  |  Le Pouce
Cérémonie
© aBamako.com par Androuicha
Cérémonie d`ouverture du forum des investisseurs des filières agricoles
Bamako, le 12 mai 2015 à l`hôtel Salam. Le Programme Compétitivité et Diversification de l`Agriculture (PCDA) a procédé sous la présidence du ministre du Développement Rural, Dr Bocary TRETA, à l`ouverture du forum des investisseurs des filières agricoles.




La sortie du gouvernement de Bocari Tréta et de Mamadou Igor Diarra, qui occupaient respectivement les fonctions de ministre du Développement rural et de ministre de l’Economie et des Finances, loin d’être une sanction pour ces deux, place, nul doute, la refondation du parti RPM et la mise en œuvre de l’accord d’Alger, en première ligne dans l’agenda du Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita.

Le dernier remaniement ministériel, celui opéré par le chef de l’Etat le mercredi 13 janvier 2016, est au centre de tous les débats et fait l’objet de nombreux commentaires. Deux faits majeurs alimentent les causeries à l’heure actuelle. Il s’agit de la sortie du gouvernement de deux poids lourds : Bocari Tréta, précédemment ministre du Développement rural, non moins secrétaire Général du parti du président Ibrahim Boubacar Kéita et considéré comme le numéro 1 du parti RPM; Mamadou Igor Diarra, qui avait en charge le département de l’Economie et des Finances, grand acteur de la mobilisation des ressources financières de l’Etat. Ses performances à la tête de ce département stratégique, avaient fait de lui, un presque « intouchable » dans l’ancien attelage gouvernemental. L’ambition d’occuper le fauteuil était devenue pour eux une obsession.

Partagés entre incompréhension et déception, les Maliens se demandent quelle mouche a dû piquer le président « IBK ». Si la tête de Bocari Tréta avait été demandée par l’opposition dans l’affaire de l’ « engrais frelaté », Igor, lui, semblait avoir gagné la sympathie des partisans des deux bords politiques opposés : majorité présidentielle et opposition parlementaire ; et même celle d’une partie de la population. En témoignent les nombreuses critiques au lendemain de son « éviction » du gouvernement.



Mais, à analyser la situation, on est tenté d’affirmer que ce choix du président IBK et de son Premier ministre, Modibo Kéita, relève beaucoup plus de la stratégique politique que d’une volonté de sanctionner les « mauvais élèves ».

Deux hypothèses fondent cette assertion. La première, c’est la nécessité pour le président IBK de refonder, en quelque sorte, son parti le RPM, secoué par des querelles de clochers et de leadership, en vue des prochaines joutes électorales. Le RPM, comme on a dû le constater avant et après les élections présidentielles qui ont porté à la tête du pays, IBK, était/est très affaibli par les divisons internes et les querelles mesquines. IBK, lui-même, aime à le répéter que ce n’est pas le RPM, son parti, qui l’a porté à la tête de l’Etat, mais la volonté commune de la majorité des Maliens, tous bords confondus, en raison du contexte actuel du pays.

Le RPM, au lieu de se renforcer, se consolider, une fois au pouvoir, se divise encore davantage. IBK, lui, a besoin d’un appareil politique, solide et assez organisé sur lequel il peut s’appuyer pour mettre en œuvre son programme politique et, pourquoi ne pas, briguer un second mandat.

Les élections communales et régionales à venir, seront un grand test pour le secrétaire général et du RPM qui ne peut se permettre de se contenter de « miettes » s’il veut rester maître de son destin lors des prochaines élections présidentielles.

C’est dans cette perspective qu’il faut situer la sortie « prématurée » de Bocari Tréta du gouvernement et dont le grand rôle sera désormais de rassembler la grande famille politique du président IBK contre une opposition qui gagne de plus en plus de terrain parce que plus agressive.

La deuxième hypothèse repose sur la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre de l’Accord d’Alger auquel le président IBK tient beaucoup. Il en a fait un point d’honneur pour le Mali.

Son voyage à Paris au mois d’octobre 2015 avait permis d’avoir l’engagement des donateurs à soutenir financièrement la mise en œuvre concrète des accords d’Alger. Ainsi, ceux-ci s’étaient engagés à accorder au gouvernement malien la somme de 2 120 milliards de FCFA pour la période 2015-2017. Le retour au pays du président IBK et de sa délégation, avait été triomphalement célébré par ses partisans. Trois mois après, des questions restent toujours posées concernant l’utilisation de cette manne financière. Les Maliens ainsi que les « généreux » donateurs exigent une bonne utilisation de cet argent. Il se trouve que c’est de l’argent qui doit être mobilisé par les autorités maliennes elles-mêmes.

Le désormais ancien ministre de l’Economie et des Finances, Igor, a joué un grand rôle dans cette confiance des bailleurs de fonds. Qui mieux que lui pour mobiliser les fonds. On peut dire qu’Igor est sorti du gouvernement pour cette mobilisation et les Maliens ne seront pas surpris de le voir plus souvent voyager entre les Etats européens. Nul doute qu’une cellule de gestion de cette manne sera créée et verra certainement à sa tête un nommé Madou Igor Diarra. Le président IBK qui a rassuré sur la bonne gestion de ces sous, ne souhaite certainement pas que le ministère de l’Economie et des Finances puisse être ordonnateur de cette manne financière. Crédibilité du gouvernement oblige.

A moins de trois ans des prochaines élections présidentielles, IBK prépare sa stratégie, lui qui veut rester maître du jeu politique jusqu’au bout, histoire de ne pas perdre le pouvoir.

Tièmoko Traoré
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