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Mise en œuvre de l’accord de paix au Mali : L’année 2016 doit être décisive
Publié le mardi 19 janvier 2016  |  Elmoudjahid.com
La
© AFP par FAROUK BATICHE
La rébellion touareg du Mali a paraphé l`accord de paix d`Alger
Alger, le 14 Mai 2015, la rébellion a paraphé à Alger l`accord pour la paix au Mali du 1er mars.




Près de sept mois après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation, l’heure est au bilan. Une réunion consultative de haut niveau des membres du Comité de suivi de mise en œuvre de cet accord issu du Processus d'Alger s’est tenue, hier, à l’hôtel El-Aurassi. Étaient conviés les parties maliennes signataires (gouvernement, coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et la Plateforme d'Alger) et tous les membres de la médiation (Niger, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad, Nigeria, France, Etats-Unis d'Amérique, ONU-MINUSMA, UA-MISAHEL, CEDEAO, UE, OCI).

Dans son allocution d’ouverture, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Ramtane Lamamra, a déclaré que « Les consultations que nous menons aujourd'hui, j'en suis convaincu, sont très utiles pour la consolidation des acquis du processus de paix engagé au Mali ». Les travaux à huis clos, devaient ainsi permettre aux parties concernées, par la mise en œuvre de l’accord, d’exposer en toute franchise, leur propre évaluation du processus et des étapes franchies à ce jour. «Pour le chef de la diplomatie algérienne, chef de la médiation internationale les mois écoulés depuis le parachèvement de la signature de l’accord le 20 juin 2015 , est « une période largement suffisante pour faire le point sur le chemin que les parties signataires ont parcouru ensemble, avec l’accompagnement de la communauté internationale sur la voie du retour de la paix et de la consolidation de la réconciliation au Mali ». Toutefois, et de l’avis de M. Lamamra, « compte tenu des développements observés sur le terrain, il était attendu que cette réunion aboutisse à des résultats concrets allant dans le sens de l’accélération de la mise en œuvre de l’accord, d’assurer aux instances de suivi toute l’efficacité recherchée et de renforcer l’action de la mobilisation et l’effort collectif de la communauté internationale. D’autant, a-t-il souligné, que « des problèmes organisationnels aigus » restent à ce jour « sans solution satisfaisante ». ainsi si tout un chacun est, d’entre les parties signataires et les membres de la médiation internationale, d’accord pour souligner que « le processus avance dans la bonne direction » et qu’il n’y a pas pour le Mali d’autre alternative que celle de demeurer engagé sur la voie de la paix tracée par l’accord, il reste aussi que tous reconnaissent qu’il reste encore à faire, notamment pour convaincre durablement les populations bénéficiaires impatientes de profiter des dividendes de cette paix. C’est aussi le seul moyen, de les soustraire aux sollicitations et à l’influence des groupes terroristes qui écument la région. la réalité du terrain risque de nuire à l’effort déployé et de noyer les progrès enregistrés et ce, même comme a tenu à le rappeler M. Lamamra ces « avancées restent à l’évidence en deçà des ambitions et des attentes ». Il fera par ailleurs remarquer que « toute lenteur (…) ne manquera pas d’être exploitée par les milieux hostiles à la paix et à la réconciliation entre les Malien ». pour le chef de la diplomatie algérienne, il est primordial pour une mise en œuvre idoine de l’accord que les parties maliennes se l’approprient. « les parties, chacune en ce qui la concerne, sont fortement interpelées sur l’impérieuse nécessité pour elles de montrer un engagement sans équivoque quant à leur capacité d’assumer pleinement leur leadership à cette étape sensible du processus de paix », a indiqué M. Lamamra. Elles seront mises en demeure de travailler ensemble afin de promouvoir de « nouvelle initiatives » à même de renforcer davantage la confiance et l’institutionnalisation de leur concertation, car le chef de la médiation internationale dira être persuadé qu’avec davantage de volonté politique, il y aura davantage de résultats positifs ». Et au chef de la diplomatie algérienne d’affirmer que « 2016 doit pouvoir être décisive, avec des avancées déterminantes et irréversibles sur tous les plans ».

Diop : « On n’est pas dans une situation de blocage »
Pour sa part, son homologue malien M. Abdoulaye Diop, au nom de son gouvernement a réaffirmé la détermination de son pays à tout faire pour traduire cette chance qui est la paix dans cette région volatile. Il reconnaîtra que « le choix de la paix » fait par les groupes armés n’est pas facile et que « le chemin de la paix n’est pas facile ». Toutefois, a t-il affirmé, le Mali doit rester sur cette voie affirmant que les « avancées enregistrées sont importantes par rapport à la situation » qui prévalait avant la signature de l’accord. Aujourd’hui la situation est selon lui « relativement apaisée » et qu’il y a « une évolution qualitative ». Il soutiendra que le gouvernement malien a « montré sa volonté politique » d’aller vers la paix et « des actes ont été posés ». Pour le chef de la diplomatie, même si il reconnaît une lenteur dans la mise en œuvre, il estimera toutefois qu’aujourd’hui « on n’est pas dans une situation de blocage ». C’est juste que « l’accord a besoin d’une accélération dans le sens de rendre l’accord réel sur le terrain ». Des propos qu’il voulait à ne pas en douter une précision en direction de M. Lamamra qui a déclaré dans on intervention qu’il revenait au gouvernement malien de donner une impulsion à la mise en œuvre de l’Accord et de prendre toutes les mesures nécessaires à la traduction des principes et des valeurs portés par le document dans des programmes de travail et de réalisation de tous ces objectifs ». pour M. Diop, il faut juste « avoir une approche très pragmatique » tout en soulignant que le gouvernement de Bamako « mettra tout en œuvre pour créer les conditions » pour la mise en œuvre de l’accord. Il reste, dira-t-il, que « la difficulté est les groupes terroristes qui ne sont pas dans l’accord ». Ainsi, dira-t-il, il y a « le camp de la paix et celui de ceux qui sont à la manœuvre pour le saborder ». Cependant a-t-il estimé « la meilleure réponse est d’ « aller plus vite » et d’estimer que « cette rencontre permettra de donner une impulsion à l’Accord ». 2016, doit permettre de constater les dividendes de la paix, pour cela a-t-il indiqué il faut aller sur le terrain pour que les populations visualisent les dividendes de la paix.

Bilal Ag Cherif : « Aller de l’avant »
Quant à Bilal Ag Cherif, un des leaders de la Coordination des mouvements de l’Azawad, il est indispensable d’aller de l’avant pour de meilleurs résultats en faveur des populations du Nord. Il affirmera que les mouvements de la coordination « ne ménageront aucun effort pour travailler » avec les acteurs concernés par le dossier malien. Bilal Ag Cherif estimera que sept mois après l’accord qui est le résultat d’un effort collectif, des défis attendent les parties maliennes. Selon lui il faut se préparer à la nouvelle étape pour accélérer la mise en œuvre de l’accord. Et si selon lui des lenteurs sont aujourd’hui constatées, la responsabilité incombe à tout un chacun d’entre les signataires. Le porte-parole de la CMA, ne manquera pas aussi de souligner « qu’aujourd’hui on ne peut pas se limiter à l’annonce de bonnes intentions et des promesses ». Selon lui il faut « les mettre en œuvre » pour rassurer la base et qu’elle sente qu’il y a un processus de paix. Il estimera aussi qu’il faudra mettre des mécanismes de confiance entre les parties. Cependant, a-t-il tenu, à réaffirmer la CMA honorera ses engagements.
Nadia Kerraz
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