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Lettre ouverte à Monsieur le président du Haut conseil islamique Monsieur le président,
Publié le lundi 25 janvier 2016  |  Les Echos
Présentation
© aBamako.com par A S
Présentation de voeux des familles fondatrices et des confessions religieuses au Président de la République
La cérémonie de présentation de voeux des familles fondatrices et des confessions religieuses au Président de la République a eu lieu à Koulouba le 11 Janvier 2016




J’ai l’honneur de vous adresser respectueusement cette correspondance pour soumettre à votre haute attention les appréciations et réflexions suivantes qui sont miennes à propos des vives polémiques entre vous et le procureur général près la Cour d’appel, lesquelles polémiques et altercations ont durant des jours animé tant le cours des journaux et Internet que celui de la vie de nombre de nos citoyens maliens.
Depuis ces quelques jours, dis-je, à travers la presse (Internet), nous avons constaté, le cœur gros, que le procureur général, dans l’exercice de sa haute fonction, agissant dans le cadre strict de la Constitution et de nos lois, a été, et est constamment vilipendé, traîné dans la boue, injurié de mille espèces d’injures, ridiculisé, bafoué par des individus largement inconscients, perdus dans les ténèbres de l’ignorance, car terriblement incultes.
Ces gens-là prétendant être vos disciples et prétextant agir au nom de l’islam dont vous êtes aujourd’hui le représentant en qualité de président du Haut conseil, ont traité de tous les noms le procureur général en le traînant dans la boue.
En même temps que le procureur général bafoué, c’est notre nation, voire notre Etat, la République du Mali qui se trouve ainsi trainée dans la boue et humiliée aux yeux du monde. C’est également le peuple malien dans sa globalité dont moi-même qui se trouve, hélas, dans la boue et profondément humilié.
Monsieur le président, durant toute ma vie, je n’ai jamais cessé chaque fois que j’en ai l’occasion de répéter à qui veut l’entendre que la vérité est une chose envoûtante, merveilleuse et si sacrée que nul n’a le droit de la séquestrer dans la pénombre de sa conscience.
Voilà pourquoi, sous l’effet de la turbulence sociale provoquée inutilement par votre discours du 29 novembre 2015 sur la tragédie de l’hôtel Radisson Blu, je vous adresse en tant que musulman et citoyen de la République, la présente lettre pour vous exposer :
- d’une part ma vision des faits, objets des diverses polémiques et altercations qui ont défrayé la chronique et,
- d’autre part rappeler respectueusement à votre attention quelques réflexions qui sous-tendent les rapports qui doivent obligatoirement exister entre la religion et l’Etat, de surcroît un Etat laïc.
I. Ma vision des faits : A. Que reproche-t-on à Monsieur le procureur général ?
On lui reproche : a) d’avoir affirmé que l’imam Mahmoud Dicko, dans son discours, particulièrement celui relatif à la tragédie qui a secoué le 20 novembre 2015 l’hôtel Radisson Blu, "a fait l’apologie du terrorisme" b) d’avoir proposé également "de raser désormais tous les barbus".
1. Dans le premier cas :
A la question de savoir si le procureur général a réellement dit que vous faites l’apologie du terrorisme, je réponds non, car j’ai lu le discours incriminé et je pense bien que le procureur général, dans sa réaction a plutôt dit que votre discours sentait l’apologie du terrorisme.
Vous pouvez le vérifier. Or "sentir l’apologie du terrorisme" et "faire l’apologie du terrorisme" sont deux expressions à portée totalement différente. Aussi est-il injustement trainé dans la boue et mérite-t-il en conséquence des excuses.
Par ailleurs, et pour plus de justification Monsieur le président, que veut dire au juste le mot apologie dans la langue de Voltaire ?
Le dictionnaire français Larousse nous répond heureusement et affirme que le mot apologie veut dire "discours destiné à convaincre de la justesse de quelque chose".
- Examinons alors ensemble les passages suivants de votre discours incriminé : "Les terroristes nous ont été envoyés par Dieu pour nous punir de la promotion de l’homosexualité importée de l’Occident et qui prospère dans notre pays à cause de nos comportements, car tout le monde sait aujourd’hui ce qui se passe chez nous. Il y a actuellement dans notre pays des adeptes de Loufti (gays, lesbiennes), des bars, et ce qui s’est passé n’est qu’une infime partie de ce qui doit nous arriver. Le plus dur est à venir".
De la lecture de ces quelques lignes quatre (4) assertions nous viennent à l’esprit. Ce sont : a) C’est Dieu qui nous envoie des terroristes pour nous châtier, nous détruire, nous anéantir et pour preuve l’attaque du restaurant La Terrasse (7 mars 2015), l’attaque de l’hôtel de Sévaré (7 et 8 août) ; l’attaque de l’hôtel Radisson Blu (20 novembre). b) Ce grand malheur envoyé par Dieu à notre encontre "n’est encore qu’une infime partie de ce qui doit nous arriver". c) Et ce n’est pas tout, car "le plus dur est à venir". d) Pourquoi donc Dieu envoie tout ce mal sur nous ? Eh bien dites-vous, c’est à cause de nos comportements : homosexualité, lesbianisme, bar etc, - Analysons ensemble les passages susvisés de votre discours : * Lisons ensemble la définition donnée ci-dessus du mot apologie. * Faisons ensemble une comparaison ; * Et en déduisons ensemble une conclusion ;
Voici celle qui en ressort : "Un discours destiné à convaincre de la justesse du terrorisme" (puisque) envoyé par Dieu, et qui nous frappe à cause de nos comportements et dont encore le plus dur est à venir". C’est cela la vérité ; elle éclate au grand jour.
Et que ressent le commun des mortels à l’écoute d’un tel discours ?
- La colère de Dieu : inquiétudes et peur ; éventuelle turbulence sociale et spirituelle ; - éventuelles polémiques défrayant la chronique et éventuelle perturbation de l’ordre public ;- éventuel basculement de la stabilité du pays, etc, etc.
Monsieur le président du Haut conseil islamique !
Je pense que cette analyse et démonstration permettent de mieux comprendre maintenant les inquiétudes de Monsieur le procureur général, représentant de l’Etat, défenseur et protecteur de la société malienne.
Ce haut magistrat du parquet, brillant, patriote, intègre et courageux, à l’esprit bien bâti, soucieux du devenir de son pays, de l’application stricte de la Constitution, des lois de la République, de la protection des droits de l’Homme et de la société, n’a dit que le droit et n’a fait que son devoir. Ses propos ne présentent aucune équivoque. Son devoir lui exigeait de dénoncer à la gouvernance du pays toute dérive si minime soit-elle. Il l’a fait.
Je l’encourage vivement dans ce sens pour le bonheur et le bien-être de notre pays. Il appartiendra alors à la gouvernance du pays de prendre ses responsabilités et toutes ses responsabilités.
Monsieur le président du Haut conseil islamique !
Le procureur général Tessougué n’a commis aucune maladresse. La perspicacité et le courage dont il a fait montre dans l’exercice de sa délicate et ingrate profession sont bien sûr les qualités qui caractérisent "l’homme qu’il faut à la place qu’il faut", essence de toute bonne gouvernance et dont notre République a tant besoin en ces moments cruciaux de son évolution démocratique et laïque.
B. Dans le deuxième cas
Le procureur général a-t-il dit qu’il importait "de raser désormais toutes les grandes et longues barbes" ? Une boutade, rien qu’une boutade certainement.
Il ne l’a pas dit en tout cas dans le sens péjoratif présenté dans la presse par ses détracteurs, car l’homme de droit tel qu’il apparaît aux yeux du peuple et que ce peuple connaît bien pour l’avoir tant de fois vu, écouté, entendu et admiré dans l’exercice combien délicat, difficile et ingrat de sa profession, campé du haut de son prétoire, dressant réquisitoires sur réquisitoires pour assurer la protection sociale des citoyens maliens, de la société, de la nation et des droits de l’Homme… contre les forces du mal afin de promouvoir la justice, la sécurité, la paix, la tranquillité…, ne saurait jamais être celui-là qui exigerait "en contre nature" de raser désormais toutes les grandes et longues barbes de la République. Non, l’accusation ne tient pas ; elle est fausse et ridicule.
Et même si par extraordinaire il y aurait l’éventualité d’une telle incartade, quelque extravagante soit-elle, elle ne saurait ou ne devrait être interprétée par le commun des mortels, doté d’un minimum d’intelligence, que comme une simple boutade pour faire rire et amuser la galerie.
Oui une simple boutade, "la vie ici-bas n’est- elle pas que jeu et amusement… ?" dit le Saint Coran (sourate 47, verset 36).
Enfin, Monsieur le président, en tout cas une telle boutade ne mérite et n’autorise nullement à fouiner dans les détails, car le diable se cache toujours dans les détails, affirment les sages du village.
II. Quelques réflexions qui sous-tendent les rapports entre la religion, Dieu, l’Etat et l’homme
Généralités
De la religion : Dans la République du Mali deux (2) religions sont dominantes : l’islam et la chrétienté. Elles sont heureusement les bienvenues, car une religion bien comprise et bien gérée constitue un meilleur soutien moral de toute famille respectable. Mon intervention ne sera basée que sur l’islam.
L’islam ? C’est la religion d’Abraham, qui a pour base le Saint Coran, livre sacré qui n’est point inventé par quelque autre que le Dieu d’Abraham. Il est donné au prophète Muhammad pour rappeler et confirmer les Saintes Ecritures venant du Seigneur de l’Univers et descendues avant lui. Ce livre sacré a pour fondement, autant que la doctrine d’Abraham, la soumission totale au Dieu d’Abraham. D’ailleurs le mot islam ne signifie-t-il pas soumission totale à Dieu et le terme musulman ne veut-il pas dire celui qui s’est donné à Dieu ?
Enfin pour être admis dans la communauté musulmane il suffit simplement de prononcer devant témoins la profession de foi "la Shahada" qui consiste à affirmer "qu’il n’y a de Dieu que Dieu et que Muhammad est son prophète".
Dieu ? C’est le Créateur de l’Univers, un Etre immatériel, indéfinissable. Dieu c’est la Justice, c’est la Vérité et selon le sage Amadou Hampaté Bâ, "il n’est point de parole qui permette à l’homme de connaître Dieu. Ceux qui ont connu Dieu deviennent muets d’un mutisme de pierre ; Dieu, c’est l’embarras des intelligences humaines". Il est Omnipotent et Omniscient ; Miséricorde et Clémence ; Amour et Bonté ; Justice et Vérité. Il est l’Absolu...
L’Homme ? C’est cet être humain, perdu dans l’immensité de l’univers, faible et fragile tel un roseau, mais un roseau pensant (selon l’expression de Blaise Pascal), qui a peur, qui croit en Dieu le Clément et le Miséricordieux, qui cherche à le connaître et à se refugier auprès de Lui, à mieux comprendre les réelles volontés de Dieu et à suivre ses directives tracées dans les Saintes Ecritures dont le Coran, avec en perspective le salut. Cet être humain c’est le citoyen lambda de la République.
Cet être humain c’est aussi l’auteur, que je suis, de la présente lettre : il est musulman de père en fils, petit-fils d’imam : le nommé "Thierno Elimane Mahmoud Ndiaye", lequel, arrivé à Bafoulabé dans la foulée des événements qui ont marqué l’introduction de l’islam dans notre sous-région ouest-africaine sous la poussée religieuse d’El hadj Oumar Tall, s’y installa en qualité d’imam durant toute sa vie (XIXe-fin XXe siècle).
Après ce rapide et nécessaire survol, voici Monsieur le président, le problème qui me préoccupe, objet de mes réflexions et que je vous soumets respectueusement:
A : La religion, l’homme, et Dieu
Monsieur le président du Haut conseil islamique !
Vous avez affirmé dans vos déclarations vivement critiquées lors de la tragédie survenue à l’hôtel Radisson Blu ce qui suit : "Que les terroristes ont été envoyés par Dieu pour nous punir de la promotion de l’homosexualité importée (dites-vous) de l’Occident… prospère dans notre pays à cause de nos comportements, car tout le monde sait aujourd’hui ce qui se passe chez nous. Il y a actuellement dans notre pays des adeptes de Loufti… (lesbiennes, bars…) et ce qui s’est passé n’est qu’une infime partie de ce qui doit nous arriver. Le plus dur est à venir".
De l’analyse de ces déclarations par rapport aux dispositions des Saintes Ecritures particulièrement le Saint Coran, il me vient à l’esprit, celui d’un simple novice, les questions suivantes que respectueusement et humblement je vous soumets : 1) Est-ce vraiment Dieu qui nous envoie les terroristes pour nous punir ? L’islam nous a appris pourtant que le Dieu de l’Univers, l’Unique, Omnipotent et Omniscient est Amour, Bonté, Miséricorde et "Pardonnateur".
Pouvons-nous accuser un tel Dieu de la responsabilité des malheurs qui nous frappent aujourd’hui et nous frapperont demain, car "le plus dur, dites-vous, est à venir" ? Je ne peux le penser, car Dieu ne fait du mal à personne et ne saurait donc envoyer un quelconque terroriste pour nous punir, car Dieu est Amour, Bonté, Justice, Compassion et Pardonnateur…
2) Qui donc est le véritable responsable du mal qui nous a frappés (à travers les divers attentats terroristes visés ci-dessus) et dont "le plus dur est à venir" ?
Je réponds que conformément aux Saintes Ecritures et particulièrement le Saint Coran, c’est plutôt nous-mêmes (gouvernance et gouvernés) qui sommes les responsables des maux dans lesquels nous nous sommes malheureusement empêtrés. Ces maux ont pour cause la mal gouvernance (des gouvernants et gouvernés) de nos Etats respectifs et du monde.
Heureusement que dans certains détours de votre interview, j’ai constaté avec une réelle satisfaction que finalement vous tombez d’accord avec moi lorsque vous affirmez ceci, je cite : "Tous ces drames à travers le monde ne sont ni plus ni moins que les conséquences d’un mauvais système de gouvernance mondiale". Tant mieux ! Le Bon Dieu n’y est donc pour rien. En effet, il est clair que ce n’est pas Dieu qui envoie le mal à l’homme, mais c’est l’homme lui-même qui va au mal.
Pour mieux étayer cette pensée, je vais me référer à un ouvrage intitulé "Les 40 hadiths d’Al Nawawi" (Edition Al Maktaba Al Assyria) selon lequel le prophète Muhammad a défini l’islam en ces termes :
- L’Islam consiste à attester qu’il n’y a point de divinité en dehors de Dieu et que Muhammad est le Messager de Dieu ; à accomplir la prière ; à verser l’impôt-zakat ; à jeuner le Ramadan et à accomplir le pèlerinage de la Maison de Dieu (Temple sacré de la Ka’ba à la Mecque) si tu en a la capacité".
- La foi consiste "à croire en Dieu, en ses anges, en ses livres, en ses messagers et au Jour dernier, et à croire à la prédestination du bien et du mal".
Il en résulte que dans le Coran la prédestination ne vise et ne concerne en réalité que le Bien et le Mal.
Et l’homme par rapport à cette prédestination du bien et du mal ?
3) Comment se situe le sort réservé à l’homme ?
Eh bien, l’homme est un acteur ; il se situe entre le bien et le mal. C’est un être supérieur fait à l’image de Dieu et dont la création s’effectue selon l’islam. "A partir d’un ‘liquide vil’, ‘répandu’ appelé sperme, qui s’accroche au sein de l’utérus maternel pendant quelques jours, puis devient un grumeau de chair pendant une certaine période définie. Ensuite l’Ange Gabriel est envoyé pour lui insuffler l’esprit".
Lorsque sa formation est achevée, l’homme devient un être harmonieusement constitué, doté d’un esprit, d’une intelligence, d’une conscience, d’une mémoire, de l’ouïe, de l’odorat, de la vue… et dispose "d’une capacité de juger et le savoir".
En un mot, il a tout ce qui est nécessaire pour sa survie, son épanouissement physique et mental afin de mieux intégrer l’Univers, de décider en toute lucidité et de juger, puis d’agir. Cela ne ressort-il pas de la sourate 27 verset 74 du Coran relevée au cours de mes lectures et visée ci-dessous : "Et Lot ! Nous lui avons apporté la capacité de juger et le savoir et nous l’avons sauvé de la Cité où se commettaient les vices, ces gens étant vraiment des gens du mal, des pervers". C’est une telle "capacité de juger et le savoir" que nous appelons "libre arbitre". Dieu, avons-nous dit, est Amour, Bonté, Justice et Vérité.
Il a inspiré en l’Homme la notion du bon et du mauvais ; Il a prédestiné le bon au Paradis et le mauvais à l’Enfer et le destin heureux ou malheureux de l’homme dépend de lui-même, c'est-à-dire de son libre arbitre, du choix volontaire qu’il aura effectué grâce à son libre arbitrage entre la voie du bien et celle du mal.
Dans la sourate 27, verset 74 du Saint Coran, si Lot a été sauvé c’est bien sûr grâce à la lumière projetée à partir de sa conscience, le jeu de son libre arbitre : (sa capacité de juger - et le savoir), la force de sa volonté et la justesse de choix de la voie la meilleure qui mène au bien.
En conclusions nous soulignons que bien que Dieu ait la prescience, qu’il soit Omniscient et Omnipotent ; bien qu’il connaisse tout d’avance, il a laissé cependant le champ libre au libre arbitre et est resté à l’écart et neutre. Dans cette condition de neutralité absolue comment peut-on affirmer que c’est Dieu qui a envoyé les terroristes pour nous punir ? Je pense que Dieu laisse l’homme faire, agir, décider de lui-même et selon son libre arbitre.
Aussi Dieu n’est-il responsable d’aucun mal et n’envoie-t-il aucun mal à qui que ce soit pour le punir, les hommes (gouvernants et gouvernés) étant les seuls responsables de tous les maux qui leur arrivent et dans lesquels ils s’empêtrent comme d’ailleurs vous l’avez justement confirmé avec moi.
B. La religion, l’Etat et Dieu
1) De la spiritualité et de l’Univers : Tout homme saint d’esprit qui atteint l’âge de la raison entrevoit le monde sous deux angles : le spirituel et le temporel, lesquels représentent respectivement le monde de Dieu et le monde des hommes, l’Univers.
La religion ? De la synthèse du Saint Coran et toujours en novice, j’ai appris : - que le Dieu, Créateur de l’Univers est un Monde à part, celui de la perfection, de la pureté, de l’éternel ; - que l’Univers et tout l’Univers, également Création de Dieu, représente le monde de l’imperfection, de l’impur, du relatif et du temporel.
Il en résulte que le Créateur de l’Univers, ne peut à ce titre rester indifférent et ne pas donner un sens à sa créature, à l’existence, à la vie. Etant Amour, Bonté et Vérité… n’a-t-il pas préservé les valeurs suprêmes de la vie humaine, de l’être vivant en dictant un modèle de conduite à suivre afin que le monde soit ce qu’il a voulu qu’il fût, c'est-à-dire un Paradis où l’homme vivra heureux ?
En effet, ayant créé l’homme d’amour, il lui a donné l’Univers comme patrimoine et lui a exprimé, en vue de sa conduite dans cet Univers, sa volonté et ses directives à travers des révélations divines écrites enseignées par les prophètes dont Muhammad (PSL), lesquels ne sont autres que des manifestations divines.
L’homme confronté dans la fragilité de son existence au spectre de la mort et à la vision d’un au-delà plein de mystères, a cherché Dieu, l’Unique, pour trouver refuge, protection et aussi la meilleure voie à suivre pour accéder à Lui. La religion répond à ce besoin fondamental ; elle constitue l’ensemble des croyances qui définissent les rapports de l’homme avec le sacré, c’est-à-dire Dieu. Les guides et chefs religieux ont pour mission de guider l’homme en lui révélant la volonté de Dieu et les diverses directives divines à suivre dans sa conduite ici-bas afin de se rapprocher le plus possible de Dieu et jouir de sa protection.
L’Etat ? Il se classe dans le monde de l’imparfait, du relatif et du séculier. C’est une entité politique constituée d’un territoire délimité par des frontières, d’une population et d’un pouvoir institutionnalisé, c'est-à-dire comportant des règles de droit établies en vue de la satisfaction des intérêts de la collectivité ; titulaire de la souveraineté l’Etat personnifie juridiquement la nation.
Le pouvoir ? L’essence et la force de l’Etat prennent racine dans le pouvoir que détient le président de la République, chef de l’Etat. Ce pouvoir se définit comme une force brute qui, sur le plan politique, doit être canalisée pour former une autorité instituée et diriger le pays.
Une telle autorité, pour être viable et former un Etat doit reposer et sur la force et sur l’amour et sur la raison, celle-ci étant une faculté propre à l’homme de penser et de juger.
Si l’union "amour-raison" constitue le socle de la justice, dans un Etat démocratique l’union "justice-force" constitue le fondement du pouvoir, assure l’équilibre et crée l’harmonie dans la société.
C’est malheureusement au stade du pouvoir que se jouent et s’éclatent les conflits d’intérêts les plus sordides des partis politiques ; c’est là où se déferlent généralement les ambitions, les méchancetés, les passions les plus brûlantes, les haines, les crimes et les vices les plus démoniaques… ; c’est aussi justement à ce carrefour où la loi de la dissemblance absolue se joue, mettant nettement en exergue le Monde de Dieu, celui du spirituel, de la perfection, et de la transcendance par rapport au monde des hommes, celui de l’imperfection, du séculier et de l’éphémère, situé au bas de l’échelle, sans cesse balloté sous l’influence satanique, par le biais de la politique.
Voilà pourquoi la religion ne peut et ne saurait avoir sa place dans la politique, car c’est dans la politique que brille de son plus bel éclat l’art de la spéculation tous azimuts, l’art du mensonge, de la médisance, de la calomnie, de la trahison, de la lâcheté, de la mauvaise foi et…
Monsieur le président du Haut conseil islamique !
L’Etat fait malheureusement partie de ce monde des hommes, du temporel, de l’imperfection et de la politique. La Politique est une activité ou plus exactement un processus à tendance spéculative et subversive pour accéder au pouvoir, à l’organisation du pouvoir et à son exercice par tous les moyens, en passant parfois même, s’il le faut, par la mort de l’adversaire. Tout Etat respectable doit reposer essentiellement sur le pouvoir démocratique, celui que confère l’union "justice-force".
Il en résulte que le choix du détenteur de ce pouvoir est fondamental et doit passer obligatoirement par le crible et le moule d’une élection crédible, donc démocratique, c'est-à-dire libre, juste, digne, transparente et sérieuse. Ce pouvoir ne saurait venir que du fond des urnes et non du bout des fusils ou des baïonnettes (il serait dictature), ni d’une religion quelconque (il serait sacralisé), or sacraliser le pouvoir c’est bien sûr sacraliser l’Etat, ce serait alors sacraliser l’existence d’un Etat religieux, tel que par exemple l’Etat islamique, source de terrorisme de tous bords que nous combattons aujourd’hui et combattrons demain de toutes nos forces.
La conquête d’une telle force politique qu’incarne le pouvoir passe nécessairement par la voie du jeu démocratique des partis politiques et en conséquence nous conduit en plein dans l’arène de la politique, activité dis-je, à tendance hautement spéculative et subversive, relative par essence tant à l’organisation qu’à l’exercice du pouvoir dans l’Etat. La politique sur le plan social est une expression spéculative, un instrument privilégié du monde des affaires publiques, caractéristique de l’imperfection de l’homme, voire de l’humanité.
Aussi, si la religion est un véritable support pour la famille, avons-nous dit, il importe cependant de souligner au plus haut point qu’elle est à bannir absolument du domaine de la politique au risque de constituer de véritables poisons pour la société.
La République du Mali est un Etat laïc, un, indivisible et démocratique.
L’Etat laïc du Mali ne rejette pas pour autant la spiritualité ; il ne met donc pas entre parenthèse la spiritualité qu’il ne faut d’ailleurs pas confondre avec religion. Au contraire, il vit dans la spiritualité et pour preuve l’existence au sein du gouvernement de la République du Mali d’un ministère chargé du Culte et des Affaires religieuses, le culte n’étant autre qu’un hommage rendu à Dieu ; mais il importe toutefois de ne pas se perdre inutilement dans les labyrinthes de l’illusion et de se rappeler que la spiritualité d’une République laïque ne se résume qu’en celle de ses composantes : c'est-à-dire que la République du Mali est musulmane à 80 % environ avec les musulmans ; elle est chrétienne à 10 % environ avec les chrétiens ; elle est animiste à environ 4 % avec les animistes ; elle est bouddhiste avec les bouddhistes, etc.
La spiritualité de l’Etat du Mali exige que, dans son organisation administrative, sociale, familiale et culturelle, il respecte pieusement les fondements des religions de ses composantes respectives. Sa neutralité exige qu’il ne porte nullement atteinte à de tels fondements et qu’il les respecte.
Dans la gestion des affaires publiques telles que l’organisation de l’administration, l’organisation de la société et de la famille dans ses dispositions relatives au Code de la famille (dont les successions et autres), la neutralité de l’Etat exige le respect scrupuleux des valeurs fondamentales des religions. Ainsi, en islam, il ne pourra nullement porter atteinte aux cinq piliers de la Religion.
Par contre et toujours en conformité avec l’islam, nul ne saurait et ne peut empêcher l’Etat d’organiser l’administration, la société, la famille… dans le sens de l’intérêt général de ses composantes c'est-à-dire du peuple tout entier sans exception aucune dès lors qu’il n’est pas porté atteinte aux fondements, c'est-à-dire à l’essence de la religion.
Dans un hadith en islam, Al Saraksï dans ses "Principes" (Al Asül) a rapporté en ces termes la prise de position du prophète Muhammad (PSL) en ce domaine dans les termes suivants : "Lorsque je vous fais part de quelque chose relative à votre religion, agissez en conformité avec ma déclaration et, lorsqu’il s’agit de chose concernant ce bas-monde, alors vous êtes de meilleurs connaisseurs de vos propres affaires terrestres". Voir l’ouvrage suivant : La Bible, le Coran et la science (Les Ecritures Saintes examinées à la lumière des connaissances modernes). Par Maurice Bucaille Edit. Seghers, 6 Place Saint Sulpice 75006 Paris)
Monsieur le président du Haut conseil islamique !
Les problèmes familiaux et successoraux ne concernent-ils pas ce bas-monde dont fait allusion le hadith susvisé et ne sont-ils pas inhérents aux différentes sociétés dans lesquelles nous vivons ? L’Etat tout en gardant un respect scrupuleux vis-à-vis des fondements d’une religion (tels que par exemple les cinq piliers de l’islam) ne doit-il pas s’adapter nécessairement à l’évolution harmonieuse dans le temps de nos sociétés, (l’an 622 étant de très loin différent de l’an 2015 ?)
Que conclure en conséquence ?
Sinon que la République du Mali est laïque et qu’elle ne saurait être que laïque, c'est-à-dire neutre, d’une neutralité absolue dans son organisation administrative et sociale, dans la gestion de ses affaires publiques, dans la rédaction de ses lois d’ordre familial, dans ses décrets et règlements et ne saurait jamais et ne pourrait jamais être prise en otage par une quelconque religion.
Aussi dans un tel Etat laïc, tout responsable public est-il tenu, autant que faire se peut, tant dans son comportement que dans ses interventions publiques au respect de cette neutralité : il y va de la tranquillité et de la paix sociale.
2) Un Etat en terre d’islam ne peut être que laïc
Cette assertion est-elle exacte ? Oui elle est exacte et hors de toute contestation. Au hasard de mes lectures, j’ai appris avec satisfaction, bonheur et détermination par le sieur Cheick Badr El Dine Hassoum, un mufti de la République syrienne : "Qu’aucun musulman, aucun savant musulman ne peut ignorer que vouloir créer un Etat musulman, c’est sacraliser le pouvoir alors que l’Etat en terre d’islam ne peut être que laïc et séculier pour éviter : 1) que les hommes ne monopolisent, dit-il, les Choses d’Allah qui sont censées appartenir à tous ; 2) que le savant musulman et la théologie musulmane ne soient pas prisonniers de potentats se prétendant de l’islam comme l’ont montré les dictatures saoudiennes… ; 3) la sacralisation d’un Etat, ce qui conduirait à la création d’un Etat religieux" tel que par exemple un Etat islamique, source de terrorisme, universellement condamné et combattu. Une telle confirmation de la réalité de tous les temps me réconforte dans mes analyses.
C’est une vérité constante que le pouvoir sacré ne saurait appartenir qu’à Dieu seul, à Lui seul et jamais à un être humain et un Etat en terre d’islam ne peut être que laïc.
3) Du rôle des guides ou chefs religieux dans un Etat laïc ?
Le rôle des guides et chefs religieux dans la vie d’une nation est d’une importance capitale, car la religion est une force qui peut permettre à un pouvoir en perdition de retrouver l’amour et de se ressaisir.
En effet cette force, éclairant l’esprit du dictateur, lui fait prendre conscience de l’amour que son peuple attend de lui et le transformer en démocrate.
Seuls les vrais religieux sont capables d’une telle prouesse pleine de mystique.
Dans leur mission de tous les jours les chefs religieux et guides spirituels doivent chercher : - à inculquer autant que possible dans nos esprits le désir intense d’attacher une valeur à l’existence grâce aux diverses directives divines.
- à répandre à travers le monde ces directives divines enseignées par les prophètes afin de nous révéler les grandes valeurs morales, sociales et fondamentales qui sous-tendent l’équilibre du monde et permettent d’atteindre le Paradis, bien heureux séjour des âmes justes.
Leur rôle est donc fondamental dans nos sociétés ; il consiste à communiquer par des moyens appropriés au peuple tout entier les enseignements spirituels et les vérités qui constituent l’essence de la religion. Les chefs religieux et guides spirituels doivent se concentrer sur leur rôle d’éducateurs de la population et éviter coûte que coûte de s’ingérer dans les affaires publiques de l’Etat, dans les affaires politiques pour ne pas se décrédibiliser, faillir à leur mission et perdre ainsi estime, considération et respect de la population.
En effet, lancés dans l’arène politique, les chefs religieux et guides spirituels, frisant l’impiété, se disqualifient infailliblement, systématiquement et échouent fatalement.
Etre imams, chefs ou guides religieux est un sacerdoce et celui qui tant soit peu a quelque ambition politique, si minime soit-elle (ce qui est légitime) doit absolument se défaire du manteau de la représentation religieuse et revêtir celui de simple citoyen de la République à la manière du militaire qui souhaiterait se lancer dans la politique.
Le sacerdoce des chefs religieux et guides spirituels doit les inciter à promouvoir la culture religieuse permettant à tout individu : - d’adhérer en pleine conscience et en toute tranquillité à une religion dans un Etat neutre, donc laïc ; - d’adopter librement la voie que lui dicte sa conscience : que ce soit celle de l’islam, du christianisme, du judaïsme, du fétichisme… ;
- de cultiver la tolérance afin de parvenir à la paix à laquelle le monde aspire.
Le sacerdoce des religieux et plus précisément des chefs religieux et guides spirituels doit également les inspirer à promouvoir la création de nombreux établissements scolaires de toute nature (coraniques, médersas ou toute autre) afin de faire briller de mille feux en République du Mali l’instruction car c’est l’instruction qui fait l’homme et une religion n’a par ailleurs de la portée que lorsqu’elle est bien enseignée, donc bien comprise : ce qui conduit à la vraie croyance et à la foi inébranlable.
En islam par exemple l’étude bien faite du Saint Coran exige nécessairement, en plus des recherches et interprétations en profondeur des textes coraniques, des connaissances sur bien d’autres religions et sujets, un regard serein sur soi-même (sur l’autre qu’il importe de connaître et d’aimer, sur l’humanité, sur le monde qui tourne, sur l’univers qui nous englobe), un esprit bien bâti et une foi profonde.
L’étude des dispositions du Saint Coran, lorsqu’elles sont bien enseignées et bien comprises dis-je, invite absolument à prendre conscience de la réalité et de l’unicité de Dieu face à l’immensité de la puissance agissante qui fait tourner dans l’équilibre et l’harmonie cet ensemble infini et organisé que sont l’univers et le monde qui, respectivement nous entoure et nous tient. La hauteur d’une telle formation intellectuelle permet d’enrayer systématiquement tout esprit intégriste et déviationniste dans la pratique de l’islam, lequel est une religion de paix et d’amour.
Dans cette mission de propagateurs des bonnes paroles et directives divines les chefs religieux et guides spirituels doivent rester discrets le plus souvent que possible, moins bavards, moins enclins à la richesse, pleins de sagesse et de modestie, d’humilité et de bonté, de compassion et de mesure dans leurs propos remplis d’amour, de charité, de sacrifices et de don de soi, lesquels sentiments, forçant naturellement, respect et admiration, les élèvent au-dessus de la mêlée politique et les placent au rang d’éducateurs et guides spirituels de la nation, aimés, écoutés, consultés et respectés.
C’est la religion qui permet une telle élévation spirituelle et forge une telle considération sociale dans la mesure où elle est bien enseignée, bien comprise et bien mise en pratique.
Le rôle des chefs religieux et guides spirituels est aussi :
- d’attirer l’attention des gouvernants sur tels ou tels événements d’importance capitale susceptibles de porter atteinte aux valeurs de la nation ; - de participer dans la discrétion à tous les grands événements qui touchent à la vie de la nation en prodiguant avis et conseils ;
- de participer à toutes les bonnes et charitables œuvres de bienfaisance au bénéfice de ceux parmi nous qui sont malheureusement fragilisés par les revers du destin tels que les miséreux, les malades, les orphelins, les veuves, les handicapés…
- de chercher coûte que coûte à instaurer l’amour, la miséricorde, la solidarité, la justice, la paix et la tranquillité dans les consciences du monde à travers des conférences, des prêches ou tous autres moyens appropriés en évitant autant que possible des prises de position compromettantes tant sur le plan national qu’international.
Par exemple : le pape François, dans le cadre de son déplacement en Slovénie, confronté au grand problème social relatif à l’homosexualité, était, parait-il, sur la même longueur d’onde que vous Monsieur le président du Haut conseil islamique, dans sa condamnation de l’homosexualité ; mais à la différence que le pape, au lieu d’une prise de position compromettante, source de polémique et de turbulence sociale, (comme cela a été votre cas lorsque vous avez affirmé que le Mal a été envoyé par Dieu pour nous punir de nos péchés), lui, (le pape), s’est au contraire et sagement adressé aux vrais responsable du mal, à savoir les gouvernants et gouvernés, c’est-à-dire l’Etat, (ceux-là étant les seuls responsables du Mal qu’ils ont eux-mêmes créés) en leur suggérant comme solution de s’attaquer plutôt à la racine du mal, c'est-à-dire la famille, "en l’organisant au mieux des intérêts de la population ; en soutenant donc la famille, cette structure de base et de référence de la vie en société", afin de mieux encadrer, de mieux endiguer le fléau que représente l’homosexualité.
Il n’y a là aucune prise de position compromettante ; il n’y a là que discrétion et sagesse. C’est une telle prise de position de qualité, qui apaise les tensions, les esprits et rassure que nous souhaitons pour tous les chefs religieux et guides spirituels de notre République.
En conclusion le rôle fondamental des religieux, chefs ou guides spirituels doit toujours consister à glorifier Dieu et à jouir de Lui toujours. Cela exige d’éviter toute confusion possible, si minime soit-elle, entre le Monde de Dieu, spirituel et de perfection absolue (soumis aux volontés et directives divines) et le monde du temporel, celui de l’imperfection (soumis à la poussée des enjeux sataniques).
Entre ces deux (2) mondes la frontière est malheureusement poreuse et c’est à ce niveau que se situent le degré et la force de l’élévation spirituelle des chefs religieux, des guides religieux et des religieux ou tout autre, car ces religieux, tout en étant des dévots, n’en sont pas moins des hommes c'est-à-dire imparfaits par leur nature.
Aussi la prudence et la force de la dévotion sont de rigueur, car les 2 mondes susvisés sont séparés par la loi de la dissemblance absolue et toute immixtion de l’un dans l’autre peut être considérée comme signe d’impiété et engendrer des troubles de l’ordre public.
La hauteur du degré d’élévation de la spiritualité et de la piété d’un religieux se mesure :
- d’une part à l’aune de l’image qu’il projette sur la société dans laquelle il vit tant de sa personne que de ses comportements de tous les jours, mais aussi et, - d’autre part à l’aune de son implication dans les choses de la vie, c'est-à-dire la gestion des affaires publiques de l’Etat, la politique et le pouvoir. Or, de la Première République à la IIIe en passant par la IIe, voici que c’est seulement, et particulièrement au cours de ces dix dernières années, qu’à travers la presse et autres, des voix s’élèvent quotidiennement pour : - tantôt faire "constater l’immixtion du religieux dans la gestion des affaires publiques de l’Etat et le pouvoir" ; - tantôt "exiger la réduction de l’impact du religieux sur le politique" en ces termes : "L’immixtion des religieux dans l’arène politique est une situation extrêmement dangereuse lorsque les marabouts deviennent des promoteurs de candidature aux élections. Il importe de se ressaisir alors qu’il est temps. Respectons la Charte du Manding ou Charte de Kurukanfuga. Cette Charte accorde une place non négligeable aux marabouts dans la cité. Les marabouts sont nos maîtres en islam. On leur doit respect et considération". (cf. : voir dans le journal Prétoire du 12 mai 2015).
Par ailleurs, dans l’excellent ouvrage paru le 9 mai 2015 et intitulé : Appel du Tabalé-Demain le Mali, du sieur Moussa Balla Coulibaly, ancien président du patronat et du Conseil économique, social et culturel (CESC), homme de raison et de sagesse, remarquable économiste, patriote, soucieux du devenir de son pays et véridique), il est décrit la situation suivante : "Dans tous les temps, les pouvoirs ont toujours respecté les religieux et les marabouts pour leur connaissance. Mais ils n’ont rien à faire dans la politique. Nous sommes tous des croyants ; pendant la Première République les religieux n’avaient rien à avoir avec le gouvernement. Pourtant je peux vous dire que le président Modibo Kéita était un fervent croyant. Pendant son pouvoir personne n’a vu une telle irruption des religieux dans la gestion des affaires de l’Etat. Il y a des religieux maliens qui sont en complicité avec ces islamistes pour que le Mali soit transformé en un Etat islamique... " M. B. Coulibaly
Cela est bien sûr là un constat à prendre au sérieux.
- Aussi importe-t-il de rappeler à l’esprit de notre peuple et de ceux qui nous dirigent, tant sur le plan étatique que spirituel, que "religion et politique" constituent deux (2) mondes opposés, car incompatibles par nature. Leur frontière de démarcation est malheureusement poreuse.
Face à l’imperfection qui caractérise la nature humaine en général, il appartient au président de la République d’être vigilant et très vigilant, aux chefs et guides religieux, de savoir, de comprendre et de bien vouloir garder la mesure, pour que la paix sociale, la tranquillité, le bonheur et la prospérité économique de la République auxquels nous aspirons soient une réalité vivante et pérenne.
- Aussi importe-t-il également de rappeler à l’esprit que le peuple du Mali est profondément respectueux des valeurs de l’islam, de la chrétienté, de tous les chefs religieux et guides spirituels qui nous entourent et nous révèlent quotidiennement les directives de Dieu, que cependant il importe au plus haut point de ne jamais se méprendre et d’oublier que ce peuple du Mali tient tout d’abord et avant tout (en toute priorité) à la République, aux valeurs républicaines, à la démocratie et à la liberté.
Telles sont les modestes et humbles recommandations que j’ai l’honneur de bien vouloir vous faire parvenir à travers les présentes réflexions, Monsieur le président du Haut conseil islamique, tout en vous priant de bien vouloir recevoir mes vœux de bonne et heureuse année, mes salutations les meilleures, mon profond respect, ma profonde considération et aussi mes sincères excuses si, par extraordinaire, ces présentes réflexions vous auraient contrarié et déplu ; il m’était impossible de ne pas vous les faire parvenir.
Avec mes respects.
Que vive la République du Mali, une, indivisible, démocratique, laïque, éternelle et prospère !
Villejuif le 21 décembre 2015
Amadou Aliou Ndiaye
Magistrat à la retraite, ancien président de la Cour suprême
Officier de l’Ordre national,
9 Passage Cassini 94800 Villejuif France
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Les Echos N° 3864 du 3/5/2012

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