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Violences Conjugales au Mali : Les deux faces d’un drame !
Publié le vendredi 29 janvier 2016  |  Le challenger
Amadou
© Autre presse par DR
Amadou Fall




Les violences conjugales constituent un phénomène en nette progression au Mali. L’Association des Femmes Battues (ABF) enregistre au moins deux plaintes par semaine. Les violences conjugales présentent deux faces même si la plus connue qui est celle frappant la gent féminine.
Le mariage, c’est le meilleur et le pire. Les gardiens de la tradition en occurrence les griots et autres hommes de castes nous enseignent que le mariage n’est pas un grand boubou que l’on peut enlever quand on est fatigué. Ces mêmes gardiens disent que les dix colas font de la femme un esclave. Ces vérités d’hier sont-elles des réalités d’aujourd’hui ? S’inspirant de la tradition, le législateur malien a codifié que la femme doit obéissance et soumission à son mari. Cela peut-il faire de la femme un esclave ? Non, répondent les responsables des organisations féminines qui se battent nuit et jour contre les violences faites aux femmes par lesquelles celles conjugales. Ce phénomène en nette progression dans nos foyers présente deux faces si la plus connue est la violence qui frappe les femmes. Certains hommes subissent des violences de la part de leurs épouses dans le plus grand silence. Mais généralement, ce sont les femmes qui en sont les plus victimes de la violence conjugale. Elles subissent des coups blessants, des injures, des souffrances morales et autres maltraitances de la part de leur mari. Aussi, elles peuvent venir des coépouses dans les familles polygames.
Selon Camara Ousmane, coordinateur des recours juridique et judiciaire de l’Association des Femmes Battues (ABF), la cause de la violence dans un foyer sont dû au manque de communication, à l’incompréhension, au manque de moyens financiers, à la jalousie, l’effet des excitants prises par certains hommes. Toujours selon lui, l’association reçoit les plaintes de la part des victimes deux fois par semaine. La Clinique Juridique Démèso reçoit des femmes victimes de violences dans leur foyer et les aide à travers une assistance juridique et judiciaire. Même si les chiffres viables ne sont pas disponibles, il ressort des échanges avec les responsables de nombreuses associations de défense des droits de la femme que le phénomène est en nette progression.
Ami : Mon mari me frappait violemment
L’Association des Femmes Battues (ABF), a souligné Camara Ousmane, ne reçoit pas des plaintes de la part des hommes qui en sont victimes des violences conjugales. Cela ne veut pas dire que ceux-ci ne subissent pas de violences de la part. Si les femmes qui osent à porter la main sur leurs maris sont rares, certaines épouses n’hésitent pas à les injurier publiquement. Aussi, il faut reconnaître que la gent féminine dispose de nombreux moyens de pression notamment le lit conjugal pour torturer leurs compagnons. C’est le cas de M D. « ma femme m’a boudé au lit. Pendant plus de sept (7) mois, elle a refusé me coucher avec moi. Depuis lors, la maison est devenue invivable pour moi. Je sors tôt et rentre tard. Finalement, je suis résigné à rendre une seconde épouse », nous a-t-il confié à condition de ne pas mentionner son nom, car ayant peur d’être la risée du monde.
Dans un rapport daté de 2005, la Fédération Internationale des ligues des droits de l’homme (Fidh), reconnaît que « la société tolère les violences conjugales ». Le document de l’organisation internationale de défense de droits de l’homme fait cas de la pression sociale subie par les femmes victimes qui sont stigmatisées lorsqu’elles dénoncent de telles violences. Pour cette raison, il est difficile d’obtenir des témoignages de celles qui souffrent dans le domicile conjugal. Aminata Diarra a voulu briser le silence. Elle était mariée et mère de quatre enfants. « Mon mari me frappait violemment. Ces coups étaient même accompagnés parfois des injures graves. Après avoir écouté une amie, je me suis rendu dans une association de défense des femmes pour exposer mon problème. Après l’intervention des autorités, il a momentanément cessé pendant deux semaines mais après la routine a pris le dessus. On a fini par se divorcer », nous a confié Aminata Diarra.
Les violences conjugales quittent les injures et autres coups de blessures pour prendre une tournure dramatique. Il y a moins d’un an, le cas de la dame Mariam Diallo, secrétaire particulière du ministre de la culture, de l’artisanat et du tourisme qui avait suscité un tollé général sur les réseaux sociaux. Elle a été poignardée à mort, le 05 février 2015, au domicile conjugal à Bacodjicoroni ACI par son mari,Soumaïla Dicko. Dans la nuit de samedi 23 janvier 2016, Amadou Fall a tiré a bout à pourtant sur sa femme, Kamissa Sissoko à l’arme automatique. La pauvre Kamissa Sissoko a rendu l’âme. Le couple avait deux enfants.
Les méfaits de la polygamie !
De l’avis de nombreuses responsables d’associations et organisations de défense des droits de la femme, « la polygamie peut être souvent une source de frustrations, d’humiliations, de troubles de comportement, de haine, de drames, de cruautés entre femmes dans la mesure où le mari n’est pas responsable et équitable ». Deux témoignages rapportés par notre confrère Le Débat dans sa parution du 12 décembre 2015 édifient sur la tournure dramatique de certaines vies dans les familles polygames. Oumou T a perdu un morceau de son oreille gauche à la suite d’une dispute avec sa coépouse. «Suite à une dispute très houleuse, ma coépouse m’a donné un coup de pilon à la tête. Je me suis évanouie et elle a mordu mon oreille gauche jusqu’à ôter un morceau», a-t-elle confié notre confrère. Aissata la troisième épouse de Lassana, a rapporté le Débat, a ébouillanté la quatrième avant de s’enfuir. «Je ne supportais pas du tout les comportements moqueurs et les provocations indirectes de ma coépouse. Comme elle n’arrêtait pas de se vanter de sa beauté physique et sa forme. J’ai chauffé de l’eau et la verser sur son visage avant de m’en fuir», a déclaré Aissata.
Il est certain que ces violences plongent les victimes dans la peur, la dépression psychologique, l’isolement. Souvent, elles tournent au drame sans oublier le divorce. Il est temps que les autorités prennent à bras le corps les mesures préventives contre ces actes ignobles. Les actions du gouvernement doivent renforcer les espaces d’écoute et de centres d’accueil en faveur des femmes victimes de violences conjugales. L’opérationnalisation d’un système d'aide juridictionnelle permettant l'accès des tribunaux aux femmes victimes de violences est à la portée des pouvoirs publics.
Bintou Diarra, stagiaire
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