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Suspension du droit de vote du Mali a l’O.N.U.: Les 13 coupables démasqués
Publié le jeudi 4 fevrier 2016  |  CARREFOUR
Sommet
© AFP par DR
Sommet international de l`onu sur le Sahel
Mercredi 26 septembre 2012. New York (Nations unies)




Ce jour maudit du vendredi 22 janvier a vu le Secrétaire Général des Nations-Unies (O.N.U), BAN Ki-Moon, informer l’Assemblée Générale sur la privation de douze pays membres du droit de vote, dont le Mali, pour non-paiement de leurs cotisations (la décision date du 18 Janvier 2016).
A la suite de cette suspension, le Premier Ministre Modibo KEITA est sorti à la télévision pour tenter de jeter la responsabilité sur des cadres du Ministère des affaires étrangères ainsi que ceux du Trésor en affirmant qu’ils n’ont pas fait leur travail.
Ce mea-culpa du Premier Ministre qui a fait preuve d’une grande humilité n’a pas tout à fait dissipé le mécontentement et l’indignation générale ressentie jusque-là dans la population.
Dans ses explications, il a promis que le gouvernement tirera tous les enseignements de cette humiliation causée au Mali.
La première sanction tombée à la suite du dernier conseil des Ministres du mercredi 27 janvier 2016 a été la relève de l’ambassadeur du Mali auprès des Nation-Unies, son excellence Sékou KASSÉ, qui n’est pourtant pas le seul responsable de cette négligence. Les autres fautifs doivent être démasqués si l’on veut vraiment désormais redresser ce pays.
En matière de responsabilité quant aux rôles professionnels du cadre, chaque cadre constitue un symbole pour son service ; c’est le rôle le plus simple, mais le plus important, car il est dans le comportement de tous les jours. A ce titre, les coupables désignés vont du Président de la République aux simples agents comptables du Trésor et du Budget. Définissons d’abord le rôle que chacun de ses responsables devrait jouer pour ne pas en arriver à cette humiliation internationale du Mali.
- Le Président I.B.K préside selon l’article 39 du titre III de la constitution malienne du 25 février 1992 le conseil des Ministres. Le Conseil des Ministres est une instance hebdomadaire qui évalue le niveau d’exécution et l’état d’avancement des programmes du Gouvernement selon un planning défini à l’avance. Il est donc une instance d’autocontrôle des actions du gouvernement. Son ordre du jour est établi par le Premier Ministre et validé par le Président de la République. Il se tient dans la mesure du possible en présence de tous les ministres sauf ceux qui sont en mission à l’extérieur du Mali.
Du 6 septembre 2013, date de formation du Premier Gouvernement d’I.B.K au 15 Janvier 2016, 102 Conseils de Ministres se sont tenus sans que ni les Premiers Ministres, ni les Ministres des Affaires Etrangères qui se sont succédé, ni le Président I.B.K. n’aient demandé, même une seule fois, si le Mali est à jour dans les cotisations au niveau des organismes dont il est membre. A ce niveau de responsabilité les coupables désignés en très haut lieu sont I.B.K en tant que Chef de l’Etat du Mali, Oumar Tatam LY, Moussa MARA et Modibo KEITA en tant que Premiers Ministres, Zahahi Ould SIDI et Abdoulaye DIOP en tant que Ministres en Charge des Nations-Unies, Fili CISSOKO et Mamadou Igor DIARRA en tant que Ministres des Finances, tous de l’ère I.B.K. .
En effet, le Premier Ministre, au cours de ses explications à la Nation, devrait dire que lui-même n’a pas été à hauteur de tâche. Depuis début juin 2015, il a été informé que les virements effectués n’avaient pas abouti.
A son tour, il a interpellé le Ministre Abdoulaye DIOP en mission à ADDIS-ABEBA sur le sujet qui n’en savait pas plus que lui-même, mais a promis de s’informer et de lui rendre compte. Cela n’a jamais été fait et lui non plus n’a plus soulevé la question. Certainement qu’il était plus préoccupé à suivre les mouvements politiques du Dr. TRETA qu’il accusait de vouloir prendre son poste.
Les coupables désignés en haut lieu sont l’ambassadeur KASSE qui n’a rien pris comme disposition pour alerter sa hiérarchie, c'est-à-dire les différents Ministres des Affaires Etrangères qui se sont succédé, ni les différents Ministres des Finances qui séjournaient très souvent à Washington pour les sessions de la Banque Mondiale (BM) ou du Fonds Monétaire International (FMI). Il aurait pu se déplacer sur Washington pour les informer et présenter la situation financière du Mali aux Nations-Unies.
Pour une question de contrôle ou bien de curiosité, ces différents Ministres des Finances n’ont pas daigné demander à l’Ambassadeur la situation financière du Mali aux Nations-Unies.
Les coupables intermédiaires désignés au Mali sont le Directeur National du Budget et le Directeur des Finances et du Matériel du Ministère des Affaires Etrangères.

- Le Directeur National du Budget n’a pas fait son travail de suivi du transfert de fonds. Autre tort il a donné un faux numéro de compte, cela est inacceptable. Même le rappel de la BCEAO n’a pas alerté son attention sur la question. Il est resté inactif et ne mérite donc pas le poste, car manquant de vigilance.
- Le Directeur National du Budget, selon les explications du Directeur National du TRESOR, s’est spécialisé dans des virements sur des faux comptes, atteignant le nombre de 13. Comment peut-on comprendre qu’un responsable national chargé de gérer le budget du Mali se trompe autant et si gravement?
N’a-t-il pas de collaborateurs à hauteur de mission ou alors ces pratiques sont-elles faites sciemment pour s’en mettre plein les poches ? J’en doute parce que certains agents de la Direction Nationale du Budget sont dans des dépenses extraordinaires par des constructions de Buildings de très haut standing en l’espace de 4 à 5 mois à l’A.C.I-2000 et l’ACI-Bacodjicoroni. Chez certains, les garages sont exigus pour contenir des Land-Cruiser V8 et des Range-Rover version 2015.
Les Sources de leurs fortunes ne sont-elles pas les virements dans les faux comptes ? Le Directeur National du Budget est plus que coupable, il est même un criminel contre l’honneur et la dignité du Mali.
Chacun selon son degré de responsabilité dans la liquidation des dépenses publiques.
- Le Directeur National du TRESOR est autant coupable que celui du Budget. Il a été averti qu’un transfert n’a pas pu se faire, parce que le compte n’était pas bon. C’est vrai qu’il a écrit au directeur du Budget, mais sans réponse de la part de celui-ci, il est resté lui aussi inactif par rapport à la suite qu’il devrait recevoir du directeur du Budget. En plus, il n’en a pas non plus en parlé à son Ministre des finances, si l’on sait que chaque semaine, il y a une réunion des cadres directeurs des différents services avec le Ministre des finances.
Si l’information avait été donnée à ce dernier, il aurait pu mettre en demeure le directeur du budget ou même le relever.
- Le Directeur des Finances et du Matériel du Ministère des Affaires Etrangères est l’élément principal qui déclenche la procédure de mandatement et de virement des fonds destinés aux Ambassades et autres représentations du Mali à l’extérieur. Il ne s’agit pas de déclencher seulement la procédure, mais il faudra la suivre jusqu’à son aboutissement. Tel ne fut pas le cas.
Il a une grande part de responsabilité dans cette humiliation du Mali.
I.B.K en venant au pouvoir a rassuré le peuple que « finie la corruption, fini le laisser-aller dans l’Administration, finie la circulation des véhicules de l’Etat le dimanche, place au bonheur et à l’honneur des Maliens. »
Chacun de ces trois responsables selon son degré de responsabilité dans la liquidation des dépenses publiques mérite des sanctions au plus haut niveau.
Deux ans et demi après ce discours, la gouvernance est devenue des plus catastrophiques, l’honneur et le bonheur des Maliens sont bafoués.
I.B.K. doit retenir que quand nous souhaitons le changement, nous devons jouer sur les stratégies ou bien changer de structures. L’heure est sans doute venue de changer nos façons de gérer le pays en commençant par mettre sur la touche tous les 12 responsables ci-dessus cités. I.B.K. doit présenter ses excuses au peuple qui pourra le pardonner sans oublier l’humiliation subie en attendant 2018, date des prochaines élections présidentielles au Mali.


Badou S. KOBA
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