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Dr. Oumar Mariko, président du parti Sadi : « Le mouvement démocratique est mort au pouvoir, vaincu par le vol organisé, le mensonge collectif…
Publié le vendredi 5 fevrier 2016  |  Le Pouce
Oumar
© Autre presse par DR
Oumar Mariko




Membre de la Convention des Partis Politiques de la Majorité Présidentielle, Président du Parti Solidarité Africaine et l’Indépendance, l’honorable député à l’Assemblée nationale, Dr Oumar Mariko estime que seul le dialogue permettra au peuple Malien de surmonter les défis liés à la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale. Nous l’avons eu pour vous. Faites bonne lecture de son entretien.
Le Pouce : Quelle perception faites vous de la situation politique actuelle du Mali ?
Dr Oumar Mariko : « J’ai toujours dit, que 20 ans après l’avènement de la démocratie, je n’étais pas fier des résultats. Quelques éclaircis ne sont pas suffisants pour donner un chèque en blanc à la démocratie étant donné que des sacrifices énormes ont été faits. Quand je vois le comportement des acteurs, je ne suis pas du tout fier. Mais cela ne veut pas dire que je le regrette. Je dois jouer ma partition pour que la situation change. Pour moi, le mouvement démocratique a atteint ses limites. Il est même mort. Il faut applaudir à sa mort. Je vois des gens dire que le mouvement démocratique doit se retrouver. Je prie Dieu qu’ils ne se retrouvent jamais. Parce que s’ils se retrouvent, tels qu’ils se sont comportés, ce n’est pas pour le bonheur du Mali. Je prie Dieu pour qu’il y ait un mouvement révolutionnaire qui se mette en place et qui puisse mettre fin à la troisième république de la démocratie pour engager le Mali vers une 4ème république des vertus basées sur le collectivisme, la reconnaissance du mérite et la sanction de la faute. C’est pour cette 4ème république que je me bats pour sonner le glas de la 3ème république qui a été vaincue au pouvoir par la corruption, les détournements du denier public, le vol organisé, le mensonge collectif, l’extraction poussée de l’économie nationale et la main tendue à l’extérieur comme étant la solution à nos problèmes. Ce que cette démocratie a comme d’intéressant, c’est que nous pouvons parler sans aller en prison, nous pouvons faire des journaux, créer des partis politiques. Il faut arriver à développer tout cela, car il ya des limites. Le mouvement démocratique est mort au pouvoir, vaincu par ces vices. Pour émerger, le Mali a besoin d’un autre type de mouvement pour essuyer définitivement les larmes de ceux qui sont morts dans le combat ou qui sont blessés ».
Le Pouce : Quel commentaire pouvez-vous faire du bilan à mi-parcours du mandat d’IBK ?
Dr Oumar Mariko : « On n’a pas changé. Il y a des coups qu’on donne à gauche et à droite etc. A mon avis, il n’y a pas de vision nationaliste. Cette stratégie manque cruellement. A mi-parcours du mandat du président IBK, je crois que nous sommes tous interpellés. IBK est le premier qui est fortement interpellé. Ensuite, nous, qui nous disons ses soutiens, sommes également interpellés. Cette interpellation se traduit par le fait qu’à un certain moment donné, nous devons tous tirer les enseignements de nos actes ».
Le Pouce : Comment percevez-vous la mise en œuvre de l’accord pour la paix, 08mois après sa signature ?
Dr Oumar Mariko : « D’abord, il faut demander à ceux qui ont cru à l’accord d’Alger. Je n’ai jamais cru à l’accord d’Alger. J’ai toujours salué et félicité le peuple algérien pour avoir reçu à mettre les Maliens à s’assoir ensemble. J’apprécie cette dynamique du peuple algérien. Je les encourage à poursuivre ce processus. Nous avons essayé à la chute d’Amadou Toumani Touré, de tenir une concertation de toutes les forces politiques. Cette concertation a été sabotée par les partis qui se disaient du FDR notamment les Soumaïla Cissé, les Tiébilé Dramé. Nous avons souhaité avec l’avènement d’IBK, qu’on allait faire une concertation des forces acquises au changement. Mais ceux qui sont au pouvoir estiment que cela va écorcher leur légitimité et leur légalité. De ce point de vue, on ne va pas avancer. La question d’avancement de l’accord d’Alger est éminemment et essentiellement politique. Nous ne pouvons pas continuer à être porté par les voisins. L’Algérie a fait ce qu’elle pouvait faire. Mais, nous sommes assis sur quelque chose qui est déjà fragile et qui semble être faux. J’ai toujours dit que nous n’allons pas manifester contre l’accord d’Alger. Nous estimons que l’accord d’Alger n’est pas ce qu’il nous faut au Mali aujourd’hui. Ce qu’il faut en république du Mali, c’est le dialogue. Je demeure convaincu que jusqu’à présent, nous n’avons pas posé la question à ceux qui ont pris les armes contre le Mali, leur propre pays. Il faut qu’ils s’expliquent devant la nation malienne pour dire les motivations réelles de leur acte. Ils ont des comptes à rendre. Il ne s’agit pas d’aller les rattraper, mais il faut qu’ils disent pourquoi, ils ont pris les armes contre le Mali. Ce qui est clair, c’est quand ils vont rendre compte, des politiques vont être interpellés. Ceux qui sont à l’origine de la misère de la population seront connus. C’est de ça qu’ils ont peur. A mon avis, si on accepte de se faire interpeller par son peuple, c’est hautement démocratique. Après, on verra. Il ya des gens qui vont être disqualifié. D’autres seront mis en scène. Les disqualifiés devront en ce moment faire leur mea culpa et une autocritique pour prétendre leur place d’honneur. Ce que je dis, parait rêveur, mais on arrivera à ça, d’une manière ou d’une autre. Parce que, les accords d’Alger comportent beaucoup de choses intéressantes, mais aussi beaucoup d’injustices. L’Accord d’Alger porte même les germes de la dislocation du pays. Comme je suis un acteur et tant que je peux me battre, je garde espoir que les maliens, de manière générale, soient fortement attachés du nord comme au sud, à un destin commun. Je suis convaincu que les Maliens vont trouver le contrat social à établir entre eux pour dépasser la situation. Des forces d’inerties ayant le pouvoir politique et financier qui doivent se mettre en question. Les Maliens comprendront ce qui s’est passé ».
Entretien réalisé par Jean GOÏTA
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