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Habib Dembélé dit Guimba national : “Il y a des usurpateurs qui veulent s’accaparer de tous les biens de ma défunte épouse, Fantani Touré”
Publié le samedi 6 fevrier 2016  |  Aujourd'hui-Mali
Le
© Autre presse par DR
Le comédien malien Habib DEMBELE dit Guimba
Le comédien malien Habib DEMBELE dit Guimba au festival sur le Niger à Segou




“Des gens essayent de se frayer un passage dans la famille présidentielle et bénéficier de tous les avantages qui peuvent en découler”. En séjour au Mali dans le cadre du Festival sur le Niger à Ségou, le célèbre comédien Habib Dembélé dit Guimba National nous a accordé une interview exclusive, dans laquelle il est question de sa vie professionnelle, ses projets, l’avenir du théâtre malien et surtout de sa défunte épouse, Fantani Touré, au sujet de laquelle Guimba révèle que des gens veulent aujourd’hui usurper tous les biens qu’elle a laissés. Profitant de l’occasion, Guimba annonce que la deuxième édition des journées théâtrales aura lieu au mois de mai prochain.
Aujourd’hui : Peut-on savoir les raisons de votre séjour à Bamako ?
Habib Dembélé : Ma présence à Bamako s’explique par le fait que je suis invité par le Festival sur le Niger, qui prendra fin le 7 février prochain. Nous y avons présenté un spectacle, hier jeudi, au Centre culturel Kôrè. C’est pour vous dire que je suis très honoré et flatté de dire, aujourd’hui, que c’est sur ma proposition que le directeur du Festival, Mamou Daffé, a accepté d’inscrire le théâtre dans son programme. Et nous étions à l’honneur de cette présente édition du Festival sur le Niger. Au départ, j’étais le seul qui jouait, mais maintenant il y a plein d’autres troupes de théâtre. Le théâtre a donc une place de choix dans le Festival. C’est une chose extraordinaire parce que c’est une façon de valoriser le théâtre. Je pense que le Mali doit beaucoup aussi au théâtre, puisqu’en un moment donné de la vie socio-politique du pays, il a fallu que le théâtre se levât pour dire les choses comme il le fallait afin qu’une prise de conscience pût être faite au niveau du peuple. C’est ce qui nous a amenés, étape par étape, jusqu’à l’avènement de la démocratie.
Après le Festival, je prends l’avion le 11 février, pour Paris. Juste le lendemain, je prends le terrain pour Limoges où je fais partie d’un jury d’un concours de beauté. J’ai été sollicité par les organisateurs.
Quelle appréciation faites-vous du Festival sur le Niger ?
Je pense que c’est une manifestation culturelle très importante pour notre pays. C’est quelque chose de grandiose. C’est extraordinaire. Le Marché africain des arts et spectacles (Masa) de la Côte d’Ivoire était un événement grandiose et immense. Mais j’ai été touché de voir Mamou Daffé et son équipe présents à cette manifestation afin d’y apporter leur expertise. En effet, ils étaient invités par les organisateurs pour les aider. Cela veut dire que ces gens ont vraiment l’intelligence de ce boulot. Et ils sont sincères, non seulement avec le travail, mais aussi avec les artistes. Je pense que le Festival sur le Niger prend une place importante dans la vie culturelle du Mali. Il contribue de façon éloquente au rayonnement de notre culture. C’est un festival qu’il faut continuer à encourager. Je sais qu’il est soutenu par beaucoup de gens et plusieurs personnes effectuent le déplacement sur Ségou, à l’occasion de ce festival, pour écouter de la musique, voir du théâtre et des expositions.
Comment s’est passée la première édition des journées théâtrales que vous avez organisées en 2015 ?
Effectivement, nous avons organisé cette première édition l’année dernière. C’était une très grande réussite sur le plan artistique. Malheureusement, sur le plan administratif, il y a eu certainement des déboires. Nous avons été désagréablement surpris par le comportement malhonnête de l’Administrateur à l’époque. Mon intention est de faire en sorte que le théâtre engagé ait sa place au Mali. Que les gens ne continuent pas à réduire le théâtre à sa seule dimension d’humour et de sensibilisation. Ce n’est pas ça le théâtre. Ce sont de petites branches. Raison pour laquelle, je voulais mettre en valeur le théâtre engagé. Le théâtre n’a pas de chance pour moi s’il n’est pas engagé. Je pense qu’il peut jouer un rôle d’opposition, de galvaniseur et d’éveil de conscience. C’est pour vous dire que le théâtre est bienfaisant pour la société.
Nous avons mis en place une nouvelle équipe administrative avec un autre administrateur. Nous avons une autre équipe en France pour faire la jonction. Cheick Oumar Sissoko nous a prêté Kora films pour nos réunions. Je profite de cette opportunité pour vous dire que la deuxième édition des journées théâtrales aura lieu en mai prochain. Je lance déjà un appel aux autorités et aux différents partenaires pour qu’ensemble nous soutenions cette merveilleuse idée.
Quel est le budget de cette deuxième édition ?
Nous avons aujourd’hui un budget prévisionnel d’une centaine de millions de nos francs. Nous sommes en train d’envoyer les différentes lettres aux partenaires. Je dois dire merci à un certain nombre de gens qui nous ont aidés pour la tenue de la première édition. Il s’agit notamment de notre compatriote Seydou Kane, résidant au Gabon. Quand je l’ai appelé pour l’informer de ces journées théâtrales, il a aussitôt demandé sur quel compte il pouvait verser de l’argent. Mon ex-administrateur était chargé de lui communiquer le numéro de compte. Quelques minutes après, il avait transféré dans ce compte 15 millions de Fcfa pour pouvoir nous aider au démarrage de nos activités. La communauté malienne du Gabon a aussi contribué, notamment Habib Sylla, Tidiane Niang…Nous avons été soutenus par les ministres Housseini Amion Guindo, Dramane Dembélé, Abdel Kader Konaté dit Empé, la Holding Ben & Co, Mama Niangadou, Diadié Sangaré, Drissa Guindo…
Pensez-vous que la relève est assurée par la nouvelle génération ?
Je suis très fier de cette nouvelle génération. Vous pouvez imaginer qu’en quelques années, il y a beaucoup de petits Guimba. Il y a même une fille qui s’appelle Petit Guimba à Sénou. C’est vraiment incroyable. Quel honneur ! Cela donne de l’émotion. Cela veut dire que consciemment ou inconsciemment, nous avons préparé la relève. Tout cela sort de la générosité de tous nos aînés, les Michel Sangaré, Ousmane Sow, Hélène Diarra, Fanta Berté… Toutes ces grandes personnalités ont fait du bon théâtre, engagé. Elles étaient sincères avec le théâtre. Ce qui a fait que les jeunes ont rêvé. Aujourd’hui, il y a une multiplication de Petits Guimba un peu partout. Ils font le bonheur des Maliens tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est extraordinaire. Je suis très ému quand je parle de ça.
Avez-vous rencontré des difficultés dans votre vie professionnelle ?
Il faut reconnaitre que j’ai eu beaucoup plus de chance, même si, il y a eu des difficultés. Mais, tout nait dans la douleur. Tu ne peux pas gagner sans souffrir. Tu ne peux pas rayonner sans tâtonner dans l’obscurité. Tu ne peux pas être clairvoyant sans tramer. Aujourd’hui, nous avons la chance d’être des exemples pour des jeunes et d’avoir, par-ci et par-là, les remerciements des uns et des autres.
Vous résidez toujours en France. A quand le retour définitif de Guimba au Mali?
Vous savez, je veux un théâtre à mon nom. Evidemment, tous les Maliens qui vont à l’extérieur n’ont jamais souhaité rester. Tout le monde va avec l’idée de revenir un jour pour servir son pays. Mais, pour pouvoir revenir, il faudrait que tu aies quelque chose, de quoi te nourrir sur le plan spirituel et sur le plan matériel. Effectivement, je réside toujours en France. Vous savez, dans le domaine de l’art, tout le monde est devenu mercenaire. Quelqu’un crée son projet, il te sollicite pour jouer. Il faut préciser que je fais la mise en scène maintenant. Je peux jouer dans un film et je m’entraîne aussi à écrire. Nous sommes en train de faire une version de Soundjata, revisitée par un Canadien et une structure marocaine coproductrice de cette création. Nous allons continuer cette création à Marrakech avant la tournée au Canada et en France.
Je dois me rendre en Suisse pour mon spectacle “A vous la nuit”. C’est un texte théâtralisé pour faire voyager ma défunte femme, Fantani. J’ai le plaisir à jouer ce spectacle. C’est vraiment un hommage à elle. Vous avez dû entendre certainement parler des gens qui veulent usurper ses affaires. Je compte organiser le Festival Kolomba à Bamako et le confier aux enfants de Fantani, qui sont majeurs aujourd’hui. Ils peuvent s’occuper de cela. Malheureusement, des gens essayent de pouvoir se frayer un passage dans la famille présidentielle et bénéficier de tous les avantages qui peuvent en découler. Ils sont notamment en train de tout faire pour usurper tous les biens de Fantani. Il y en a un qui est sorti à l’émission Top Etoiles pour dire qu’ils vont refaire le Festival international de Bamako, le festival de mon épouse. Il y avait des gens qui étaient en train d’œuvrer pour divorcer ma femme, après son décès. Ils n’ont pas la solution de cela.
Après son décès, j’étais obligé de faire un certificat d’hérédité pour essayer de clarifier les choses car les biens de mon épouse appartiennent à son mari et à ses enfants. C’est clair ! Je suis derrière la loi et je n’ai peur de rien. Il faut préciser que sa famille est restée la mienne. Je ne peux pas venir à Bamako sans aller voir les parents de Fanta à Bozola. Je suis comme leur enfant. Les parents m’adorent et me respectent. En réalité, Fanta a d’autres enfants qui ne sont pas de moi, mais ils sont restés mes enfants. Malheureusement, il y a des gens qui veulent passer par les enfants de Fantani pour essayer de faire la scission. Je pense qu’ils ne vont pas les écouter parce qu’ils me considèrent tous comme leur père. Mais, je le répète, il y a des usurpateurs qui veulent s’approprier tous les biens de mon épouse. Malheureusement, elle n’était pas très riche. Je voulais que Fanta soit tout simplement libre et émancipée. La preuve, elle s’est battue pour Ibrahim Boubacar Kéïta, alors que moi j’ai voté pour Zoumana Sako. Et tout le monde le sait.
C’est pour vous dire que ces gens n’ont aucune autre intention que d’approcher le pouvoir et de bénéficier d’avantages. Ils ne se préoccupent nullement de mon épouse.
Qu’est-ce que vous retenez de votre défunte épouse ?
Evidemment, mon épouse n’était pas une sainte. C’était un humain comme les autres, mais avec des qualités que j’appréciais beaucoup. Parmi ces qualités, je retiens que quand elle s’engageait dans une chose, elle essayait d’aller jusqu’au bout, quelles que soient les conditions. Elle a respecté son mariage jusqu’à sa mort et elle est restée pour moi comme une petite sœur. Sur le plan du comportement humain, j’étais une sorte d’idole pour Fanta. Dès fois, j’étais intransigeant sur un nombre de choses pour son propre bonheur. Pourtant, elle avait beaucoup de caractère.
Comment avez-vous appris son décès?
J’ai vu ma femme mourir tous les jours et un petit peu, jusqu’à la fin. Elle a eu un malaise de trois jours au mois de novembre 2014. Nous avons beaucoup souffert durant ces trois jours. Finalement, nous sommes partis à l’Hôpital à Paris. Elle est restée là-bas. Au départ, tout allait très bien puisqu’elle n’avait que de la fièvre. Malheureusement, les choses se sont compliquées après. Je suis resté à côté d’elle tous les jours. Le 3 décembre 2014 à 5 h 25, le médecin m’a annoncé son décès pendant que j’étais à l’Entente. J’ai appelé ma famille, la sienne et mes amis les plus proches pour leur annoncer la triste nouvelle. Elle s’est battue contre le cancer pendant plusieurs années. Elle s’est courageusement battue jusqu’à la dernière minute. Elle n’a jamais désespéré.
Qui a pris en charge le rapatriement de son corps à Bamako ?
C’est le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, qui a pris en charge le rapatriement de son corps. Quand j’ai informé Samba Daga, il a dû en parler au Président IBK qui m’a ensuite appelé pour me dire qu’il va prendre tout en charge. Son épouse aussi m’a appelé ainsi que l’épouse de Karim Kéïta. Des sous ont été mis à la disposition de l’un des conseillers à l’Ambassade du Mali à Paris pour le nécessaire. Je profite de cette opportunité pour remercier tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin.
Pensez-vous vous remarier ?
En réalité, je n’y pense pas du tout. Pour l’instant, cela ne me traverse pas du tout la tête. Mais je suis un musulman…
Réalisé par A.B. HAÏDARA
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