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Spéculation foncière à Gao: la résidence du juge vendue
Publié le jeudi 11 fevrier 2016  |  Info Matin
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© aBamako.com par Androuicha
Point de presse du ministre des affaires foncières et des domaines de l`Etat
Bamako, le 27 juillet 2015 au cabinet du ministère des affaires foncières et des domaines de l`Etat. Le ministre Mohamed Ali Bathily a tenu un point de presse au sujet de la démolition des constructions illicites deSouleymanbougou en commune I du district de Bamako.




Décidément, la spéculation foncière a atteint, dans notre pays, des proportions pour le moins insoupçonnées. La résidence de fonction du président du tribunal de Gao, aussi invraisemblance que cela puisse paraître, a été vendue à un particulier qui en fait justement un objet de spéculation marchandage.

L’affaire fera certainement des vagues, si ce n’en est pas déjà le cas : la résidence de fonction du président du tribunal de Gao a été arrachée du patrimoine des biens de l’État pour être vendue proprement. L’information serait d’une banalité déconcertante si le bien vendu, outre qu’il soit de la propriété de l’État, n’était pas le domicile officiel du président de tribunal. Tant la spéculation foncière, outrancière et gangreneuse, sous nos cieux, a dépassé toutes les bornes.
En fait, le magistrat, fraichement nommé à Gao, ayant pris fonction dans la cité des Askia, s’en est rendu compte qu’aucun des juges, en fonction dans la ville, ne bénéficie, comme cela est de coutume, dans toutes les villes du pays, de résidence de fonction. Le fait que tous les juges de la ville de Gao sont en location, comme du reste un bon nombre de fonctionnaires, a dû intriguer le président du tribunal, d’autant qu’ici, ou ailleurs, dans les régions nord du pays, la sécurité de certaines catégories de fonctionnaires, comme les magistrats, ne relève plus de l’ordinaire.
C’est donc à partir de ses propres investigations, réalisées auprès des services compétents de la région, que le président du tribunal a découvert le pot aux roses : la résidence officielle du juge a été cédée par un particulier à un tiers à la modique somme de 200.000 FCFA. Cerise sur gâteau : l’« heureux » acquéreur, qui a d’abord pris possession des ruines du bâtiment et de ses dépendances, a ensuite revendu, dans un pur esprit mercantile, à un nouvel acquéreur à près d’un million de nos francs.
Approché, par nos soins, le juge de Gao, au téléphone, a bien confirmé les faits, en annonçant, tout scandalisé, qu’il détient par-devers lui toutes les pièces administratives, relatives à la résidence officielle du juge de Gao, aujourd’hui tristement objet d’une scandaleuse spéculation foncière.
Le magistrat, déterminé à faire toute la lumière sur cette scabreuse affaire, à laquelle de nombreux responsables au niveau des Domaines seraient impliqués, envisage déjà de saisir au plus vite les autorités compétentes.
Le fait intrigant de cette affaire, c’est que contrairement à ce que l’on peut penser, compte tenu de l’extrême sensibilité de la situation sécuritaire, dans les régions nord du pays, notamment la Cité des Askia, le scandale foncier de la résidence du juge de Gao remonte à plusieurs années, plus exactement dans les années 2010.
Comme quoi, la crise socio-politique de 2012, ayant secoué particulièrement le nord du pays, et qui y a dangereusement compromis l’autorité de l’État, n’explique pas tous les désagréments causés au capital de l’État.
Affaire à suivre

Sékouba SAmaké
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