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L'Essor N° 17354 du 17/1/2013

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52e anniversaire de l’Armée : Deux valeureux militaires récompensés
Publié le lundi 21 janvier 2013  |  L'Essor


Lieutenant
© Autre presse
Lieutenant Damien Boiteux
Pilote d`hélicoptère Gazelle au sein du 4e régiment d`hélicoptères des forces spéciales, le lieutenant Damien Boiteux a été mortellement blessé, vendredi après-midi, alors que son unité attaquait une colonne d`islamistes qui menaçait Mopti. Touché par un tir d`arme légère, il a réussi à dégager son hélicoptère et à se poser hors de la zone de combat. Il est décédé peu après.


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Feus capitaine Sékou Traoré et lieutenant Damien Boiteux respectivement tombés à Aguelhok et à Mopti ont été décorés à titre posthume pour avoir payé de leur vie dans la sauvegarde des valeurs universelles

Le lieutenant français Damien Boiteux a été élevé au rang d’Officier de l’Ordre national du Mali par les autorités militaires dimanche lors d’une cérémonie présidée par le secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants et à laquelle participait l’ambassadeur de France au Mali, Christian Rouyer dans la cour du ministère de la Défense et des Anciens Combattants.

« En vertu des pouvoirs qui me sont conférés, j’élève le lieutenant Damien Boiteux au rang d’Officier de l’Ordre national du Mali » a lu comme le veut la formule consacrée le secrétaire général du ministère des la Défense et des Anciens combattants, représentant le général Yamoussa Camara. C’était en présence des hauts gradés de l’armée française, algérienne et malienne dont le Colonel Elhaj Gamou.

Le lieutenant Damien Boiteux a trouvé la mort le 11 janvier, premier jour de l’intervention française dans notre pays, aux commandes de son hélicoptère de combat. « Il est mort pour le Mali » a déclaré le président de la République par intérim lors de son adresse à la Nation la veille de la fête de l’Armée. Par reconnaissance à la France et surtout pour rendre hommage à ce soldat français venu combattre aux côtés de nos soldats un ennemi commun, les autorités maliennes viennent d’élever le défunt au rang de Chevalier de l’Ordre national du Mali.

Né le 24 novembre 1971, le lieutenant Damien Boiteux s’est engagé à 19 ans, en qualité d’élève sous-officier à l’école nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) de Saint-Maixent.

A l’issue d’une brillante formation initiale, il rejoint l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre de Dax le 5 août 1991. Il est nommé sergent le 1er avril 1992. Breveté pilote, il est affecté au 1er régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg le 9 juin 1992.

Il s’impose déjà comme un pilote doué puis comme un chef de bord d’hélicoptère d’attaque atteignant rapidement un excellent niveau. Il est promu maréchal de logis-chef le 1er juillet 1999 et est admis dans le corps des sous-officiers de carrière le 1er décembre suivant. Le 1er août 2000, il est appelé à servir en qualité de moniteur à l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de Terre de Dax.

Il est promu adjudant le 1er avril 2004. Le 1er août 2005, il rejoint le 6e régiment d’hélicoptères de combat de Margny les Compiègne. Très disponible, il se porte volontaire pour suivre les stages lui permettant d’évoluer en milieu opérationnel. Il retrouve ainsi rapidement sa place en escadrille de combat. Le 1er juillet 2007, il est sélectionné pour rejoindre le détachement de l’aviation légère de l’armée de Terre des opérations spéciales (DAOS) de Pau.

Elément moteur de l’escadrille, il est une force de proposition crédible et écouté de ses chefs comme de ses pairs. Son sens du commandement et son fort potentiel l’amènent tout naturellement au recrutement officier. Nommé aspirant le 30 juin 2008 puis sous-lieutenant le 1er octobre suivant, il s’impose sans peine dans l’exercice du commandement. Le 1er août 2009, le DAOS devient 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales. Officier particulièrement aguerri, il est promu lieutenant le 1er octobre de la même année.

Il s’illustre par son sens tactique élevé dans la préparation des missions et ses qualités de chef de patrouille et de moniteur Gazelle hors pairs. Spécialiste des interventions en milieu désertique de jour comme de nuit, il sert de manière remarquable au sein des forces spéciales. Le lieutenant Boiteux a effectué de nombreuses missions extérieures aux cours desquelles son dévouement et sa volonté de réussite ont été remarquées : Djibouti en 1993, l’ex- Yougoslavie en 1998, la République de Côte d’Ivoire en 2005, 2007 et 2009, à nouveau Djibouti en 2008 et 2009, la Mauritanie en 2010 et le Burkina-Faso en 2010, 2011 et 2012.

Le lieutenant Boiteux était titulaire de la médaille de l’aéronautique, de la médaille d’outre-mer avec agrafe « République de Côte d’Ivoire », d’une citation à l’ordre du régiment avec attribution de la médaille d’or de la défense nationale avec étoile de bronze et de la médaille d’or de la défense nationale avec agrafe « aviation légère » et « missions d’assistance extérieure». Repose en paix lieutenant.

Au cours de la même cérémonie militaire consacrant le 52 e anniversaire de l’Armée malienne, le capitaine Sékou Traoré, ancien commandant de l’Unité militaire d’Aguelhok assassiné par les djihadistes le mardi 24 janvier 2012 après avoir « infligé de lourdes pertes à l’ennemi », a reçu, lui, la médaille de croix de la valeur militaire.

L’on a moins parlé du capitaine Sékou Traoré. Pourtant, même nos ennemis ont reconnu la bravoure et la loyauté de ce jeune officier. « Ce jeune officier a catégoriquement refusé de se rendre malgré que son camps soit assiégé depuis plusieurs jours par mes moudjahidine. Je lui avais envoyé un messager qu’il n’a pas hésité à mettre en prison refusant tout dialogue avec moi » nous a confirmé un chef militaire d’Ençar-dine à Gossi lors de la dernière caravane humanitaire pour le Nord. Et il a ajouté : « ce jeune officier est un brave type, il faut le reconnaître ».



La tragédie d’Aguelhok. « Beaucoup de valeurs qu’incarnait, il y a peu de temps cette armée se sont hélas effritées aujourd’hui » a avoué le secrétaire général. « Toute institution a des hauts et des bas » a-t-il ajouté avant de préciser que parmi les militaires, il y a aussi des hommes de valeur. Le capitaine Sékou Traoré qui perdit l’âme dans un sanglant affrontement qui a opposé les éléments du camp militaire d’Aguelhok à d’obscurantistes djihadistes. « Par sa bravoure, son amour pour le travail bien fait et son sens élevé du patriotisme, le capitaine Traoré s’est remarquablement illustré lors de cette attaque » a affirmé le représentant du ministre de la Défense qui témoigne qu’il « a commandé, galvanisé ses hommes et mis en déroute un ennemi plus nombreux, plus puissant en lui infligeant de lourdes pertes ».

Tout a commencé le 18 janvier 2012. L’ennemi lourdement armé attaque le camp stratégique d’Aguelhok. Avec peu de moyens, le capitaine Traoré, commandant du camp, a riposté et a pu infliger aux djihadistes de lourdes pertes. Mais les assaillants ne démordent pas pour autant. Certes, ils se retirèrent mais pas pour longtemps.

Ils reviennent à la charge 5 jours plus tard, avec plus d’artillerie et de détermination pour laver l’affront que leur avaient infligé le capitaine Traoré et ses hommes. Nous sommes le 23 janvier déjà : les ennemis encerclent le camp depuis plusieurs jours, mais pas de renfort, pas de vivres. Les colis aéroportés sont largués et tombent du côté de l’ennemi. Les choses se compliquent davantage.

Soudés, les soldats ont ténu le coup et refusent de capituler. Conscient de la difficulté, le capitaine ordonna de mettre à l’abri les femmes et les enfants. Car le pire ne tarda pas à arriver. Faute d’être ravitaillée, la 713 è Compagnie nomade d’Aguelhok se sent isolée et de plus en plus vulnérable. Le vent de sable souffle très fort sur le désert. Le soleil semble s’approcher de la terre. La peau des hommes déshydratée brûle, les ventres sont creux. Les yeux s’enfoncent inexorablement dans leur orbite

Le lendemain, 24 janvier, c’était le jour fatidique. L’ennemi piqué au vif a rameuté tous ceux qui avaient pris des armes contre notre patrie y compris certains militaires maliens qui ont dès lors trahi leur serment devant le drapeau national.

Malgré le rapport de force défavorable pour nos hommes, le capitaine Traoré refuse de se rendre. Plutôt mourir. C’est après un ultime combat au corps à corps qu’ils furent fait prisonniers après avoir épuisé toutes leurs ressources. Le capitaine Traoré fut froidement et lâchement abattu avec 48 autres braves soldats.

Ainsi, le capitaine Traoré et ses compagnons d’armes ont honoré leur serment en donnant leur sang pour défendre l’intégrité territoriale. C’était le douloureux récit du massacre d’Aguelhok, début de l’occupation des trois régions du Nord de notre pays.

Lors de la cérémonie militaire d’hier, l’allégresse de la traditionnelle fête de l’Armée a cédé la place à une profonde émotion et une grande humilité. Les frères d’armes du héros soldat étaient tous là pour rendre hommage. Ses parents aussi. L’émotion était à son comble quand on évoqua la présence de la jeune épouse du capitaine Traoré. Son oncle, Elhaj Mamadou Sow était là aussi. « Vouloir ce que Dieu veut est la science qui vaut » se console-t-il.

« En préférant la mort à la honte, lui et ses hommes s’ajoutent ainsi dans notre mémoire collective à d’autres illustres ancêtres comme Tiéba Traoré et Komy Diossé » ajoute, ému, le général.

A. M. CISSE

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