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Médias à Bamako : Ces radios qui font la promotion des jihadistes
Publié le mercredi 17 fevrier 2016  |  Le Point
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© Autre presse par DR
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La nature a horreur du vide, dit-on. Dans le cas du Mali, ce vide est celui de l’Etat qui ne brille que par son absence ou son indifférence face à des phénomènes qui sont de nature à accentuer l’impasse dans laquelle le pays se trouve depuis 2012. C’est donc à la faveur de cette absence de l’Etat que se multiplient les médias de tous bords, particulièrement les radios. Dont la menace est plus grande en raison de leur proximité avec les populations auxquelles elles s’adressent dans les langues vernaculaires.
C’est ainsi que sous la transition, on a vu des médias prêter leurs micros à des occupants du Nord. Soi-disant, au nom de la liberté d’expression ou encore du devoir d’informer, mais en réalité, c’était pour soutenir ces terroristes. Avec l’accession d’Ibrahim Boubacar Keïta à la Magistrature suprême, le soutien aux terroristes n’a jamais cessé : il va même grandissant. C’est ce à quoi on pouvait s’attendre, étant donné le soutien dont a pu bénéficier le nouveau président de la part de différentes tendances musulmanes. Une alliance qui avait fait dire au candidat Soumana Sacko qu’il n’était pas prêt à soutenir des candidats prêts à s’allier au diable, dans le seul but d’accéder au pouvoir.
Il n’y a pas encore longtemps, Chérif Ousmane Madani Haïdara attirait l’attention sur le danger que représentent aujourd’hui les radios au Mali. Si l’on sait que le prêcheur Haïdara, malgré son audience sans pareil, a souvent fait preuve de modération, il faut dire que ce n’est pas le cas pour tout le monde. Loin de là. La semaine dernière encore, un certain Aboubacar Yacoub Doucouré, sur le plateau de Radio Unité, ne faisait ni plus ni moins que la promotion des terroristes Iyad Ag Ghali et Amadou Kouffa.
Ce faisant, il se cache sous la couverture de quelqu’un qui chercherait à proposer une solution à la crise malienne, en invitant les autorités à entreprendre des négociations avec ces deux terroristes. M. Doucouré essaye de justifier sa proposition par le fait que la population malienne est très largement musulmane. Et donc, qu’à partir du moment où l’on négocie avec les groupes armées qui ont commis des exactions, il ne voit pas pourquoi on ne le ferait pas avec ceux qui combattent «au nom de l’Islam». En d’autres termes, M. Doucouré légitime les actions commises par Iyad Ag Ghali et Amadou Kouffa. Il nous appartient maintenant de lui demander où et quand Allah a invité les musulmans à tuer en son nom.
Il faut dire que le cas de M. Doucouré (qui est d’ailleurs familier de tels discours depuis longtemps) ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan des discours jihadistes diffusés à longueur de journée par des radios de la place bien connues. Mais, face auxquelles les autorités ne prennent aucune mesure. Jusqu’à ce que cela explose un jour.
Cette absence de l’Etat est telle que les apprentis jihadistes de Bamako ne se cachent même pas pour regretter l’échec de l’occupation islamiste au Mali et maudire les Français à l’origine de cette déroute terroriste. La Haute Autorité de la Communication (HAC) bénéficie encore de l’état de grâce, mais tout porte à croire qu’elle ne fera rien, à l’image des autorités qui l’ont mise en place et dont on connaît le manque de volonté politique. Choguel Kokala Maïga, ministre de la Communication, rappelait dernièrement que «c’est l’Etat qui donne la fréquence et qui peut la retirer». Des mots. Que des mots !
Sory Haidara
Source: Le Point
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