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Dans une interview qu’il a bien voulu nous accorder, Sidi Brahim Ould Sidatt de la CMA, donne ses impressions sur la mise en œuvre de l’Accord et des récents événements de Kidal
Publié le mardi 23 fevrier 2016  |  Delta News
Cérémonie
© aBamako.com par DR
Cérémonie de signature de l`accord de paix au Mali.
Bamako, le 20 juin 2015 au CICB. La rébellion à dominante touareg du nord du Mali a signé à Bamako l’accord de paix entériné le 15 mai par le camp gouvernemental et la médiation internationale.




Neuf mois après la signature de l’Accord, quelle appréciation faites-vous de sa mise en œuvre ?
Je vous remercie de m’avoir donné la parole pour m’exprimer sur l’accord de paix et surtout la situation du nord. Je commence par dire qu’aujourd’hui, nul n’ignore les conditions dans lesquelles l’accord pour la paix et la réconciliation a été signé, c'est-à-dire les affrontements. Malgré la signature de cet accord, ces affrontements ont continué sur le terrain, nous poussant même à poser la question, s’il avait un sens. Mais à partir de la rencontre d’Anéfis entre la CMA et la Plateforme, beaucoup de choses ont changé, notamment les affrontements intercommunautaires se sont arrêtés. Depuis le mois de novembre 2015, il y’a eu une nette amélioration de la situation. En outre, tous les outils sensés suivre la mise en œuvre de l’accord ont été mis en place. Il faut aussi ajouter la prise en charge des combattants dans un pré-cantonnement, sans oublier la création des régions de Ménaka et de Taoudénit. Donc, beaucoup de choses ont été faites, même si sur le terrain des actes visibles en faveur des populations tardent à se mettre en place.
Justement, quels commentaires faites-vous des dernières évolutions à Kidal, avec l’entrée du Gatia dans la ville?
La paix reste toujours à construire dans la durée. Donc, j’estime que toute pierre pouvant servir à la construire, ne serait pas de trop. Cette rencontre a pour seul but de permettre aux communautés de parler le même langage et de construire une paix durable. L’accord d’Anéfis est en phase avec l’accord d’Alger qui prévoit ces genres de dialogue entre les communautés concernées par la crise.
Que répondez-vous à ceux qui crient au complot contre le Mali ?
Je pense que l’accord pour la paix et la réconciliation a été signé de bonne foi par toutes les parties prenantes. Le Gatia et la CMA se sont inscrits dans la mise en œuvre de l’accord. Je ne crois pas donc à un complot.
Est-ce qu’il est vrai que des discussions seraient en cours pour le retour de l’armée à Kidal ?
Mais l’accord prévoit le retour de l‘armée et de l’administration à Kidal. Cependant, il est important de noter que ces différents retours se feront en fonction d’un calendrier prévu par l’accord. Au fur et à mesure de l’exécution du calendrier, nous allons arriver à cette épineuse question du retour de l’armée à Kidal. En plus, ce qu’il faut ajouter, c’est que ce n’est pas seulement la région de Kidal qui est concerné par ce retour. Il y’a aussi les régions de Gao et Tombouctou où l’armée et l’administration doivent revenir dans plusieurs localités.
Que pensez-vous de la récente nomination des gouverneurs des régions de Taoudénit et de Ménaka ?
Cet acte politique est une avancée dans la mise en œuvre de l’accord car, la création de ces régions était une des revendications des groupes armés. C’est une bonne chose et il reste à faire tout pour qu’elles soient opérationnelles.
Le président du Parena, Tièbilé Dramé, souhaite l’ouverture de négociations avec Iyad. Quel est votre avis ?
Je pense qu’il y’a plusieurs acteurs sur le terrain, notamment les mouvements armés, la Minusma, la force Barkhane, les FAMa et les groupes terroristes. Et il est très difficile de discuter avec une partie sans le consentement des autres. Si à un certain moment toutes les parties jugent nécessaire de discuter avec les groupes jihadistes, je ne verrai pas d’inconvénients.
Mais AQMI, aujourd’hui contrôle le nord et est présent autour des régions de Tombouctou, Gao et Kidal ?
Depuis 2012, AQMI n’a jamais disparu du nord. Toutes les actions menées par la force Serval n’ont pas anéanties complètement ces groupes terroristes. Pour moi, tant qu’il y’aura des retards dans la mise en œuvre de l’accord, AQMI ne pourra pas être anéanti. Il faut très vite aller vers la mise en œuvre de l’accord qui permettra aux populations de vivre à l’abri du besoin. Ainsi, AQMI ne pourra plus recruter parmi les jeunes désœuvrés.
Lors de la législative partielle d’Ansongo, les opérations de vote n’ont pas pu se tenir dans la localité de Tallaye, sous prétexte qu’elle n’est pas Malienne. C’est incompréhensible non ?
Je le dis encore, dans le timing d’application de l’accord, la tenue d’élection n’était pas prévue, d’où ce problème. Il est prévu la mise en place d’autorités intérimaires. Et tant qu’elles ne sont pas mises en place, il sera difficile de faire quoi que ce soit. Ce sont ces autorités qui prépareront l’organisation de toute autre activité. Il est certes vrai que tous les groupes armés signataires adhèrent à l’accord, il est impératif que ces autorités intérimaires soient mises en place comme prévu par l’accord.
Est-ce que la formation d’un gouvernement dans lequel siègeront les groupes armés, n’est pas envisageable ?
Je pense sincèrement que ce n’est pas prioritairement une histoire de gouvernement. La priorité comme je l’ai dis, c’est plutôt l’application encore de l’accord. L’accord prévoit une période transitoire d’une année et demie qui permettra de gérer le Nord. Il faut d’abord ramener les autorités au Nord. Il faut commencer par là avant de songer à un gouvernement d’union nationale.
Que répondez-vous à la communauté internationale qui souhaite l’organisation des communales dans 3 mois ?
Je ne sais pas où on sera dans 3 ou 6 mois, mais dans la situation actuelle, il est difficile de parler d’élections. Il faudrait d’abord ramener la confiance en instaurant la sécurité partout sur le territoire. Je dis tout le territoire car, même Mopti et une partie de Ségou connaissent l’insécurité
Votre dernier mot
Je demande à tous les Maliens de se donner la main pour l’application de l’accord. Qu’on le veuille ou pas cet accord est une chance pour le Mali. Plus, il y’a des lenteurs, plus nous donnons la chance aux forces négatives pour saper les efforts de paix.
Réaliser par A. Kéné
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