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Au rythme de la vedette : Combat de titans au Rassemblement pour le Mali ; IBK contre Tréta par tendances interposées
Publié le mardi 23 fevrier 2016  |  le temoin
5è
© aBamako.com par Androuicha
5è session du Conseil Supérieur de l`Agriculture
Bamako, le 5 mai 2014 au palais de Koulouba. La 5è session du Conseil Supérieur de l`Agriculture s`est tenue sous la présidence du chef de l`Etat M. Ibrahim Boubacar Keita qui a lancé à cette occasion la campagne agricole 2014-2015




La bruyante sortie du secrétaire général du Bpn du gouvernement fait manifestement tache d’huile et retentit encore plus bruyamment dans l’enchaînement des épisodes politiques au sein du camp présidentiel. Tout y évolue en tout cas dans la droite ligne des pressentiments et prémonitions d’une guerre larvée entre tendances sur fond de positionnement pour mieux contrôler les rênes du parti majoritaire ou en tirer les ficelles. Face à la crainte de manœuvres de déstabilisation à peine voilées, Bocari Tréta, déjà affaibli par sa destitution, a enfilé le manteau de cheville ouvrière du Bureau politique nationale et pris ses quartiers au siège du parti pour mieux organiser la résistance.
L’ancien ministre du Développement rural n’a donc pas eu le temps du repos sabbatique. Dans le sillage du congrès tant de fois ajourné – et annoncé cette fois pour le mois prochain- il devra faire face aux puissantes vagues du positionnement et de la bataille pour l’assise politique qui traversent impitoyablement le Rpm. En attendant une extension quasi inexorable du phénomène aux autres structures de l’intérieur, le parti présidentiel souffre depuis deux semaines le martyre en Commune III où, la guerre des tendances refait surface plusieurs mois après la suspension du bureau sortant et la mise en place d’une commission de crise mandatée pour le renouvellement des structures. Malgré l’arbitrage de la direction nationale du parti, la section III du rassemblement revient devant de la scène avec les mêmes confusions que naguère. Il y a une dizaine de jours, en effet, le calendrier de l’arbitrage aboutissait à une conférence élective et l’installation d’un nouveau bureau dirigé par le Sg sortant, Bréhima Bomboté. Et, à en croire des sources proches de cette tendance, le Bpn, haute instance arbitrale des Tisserands n’aurait retenu que des réserves de forme au processus de réélection du secrétaire général sortant, lors de sa réunion avant-hier Samedi. Il revenait par exemple à un collège de superviseurs du Bpn de conclure le processus d’installation des structures et non à la commission de crise précédemment, dont le mandat devait se limiter au renouvellement des structures des bases
.Quoi qu’il en soit, la tendance adverse ne l’entend point de cette oreille. Au même moment où, la direction nationale du Rpm se penchait sur la question à l’Hippodrome, les protégés du secrétaire général du Bpn, en conclave au Centre Aoua Kéïta, s’affairaient à leur tour à l’installation de leur propre section. A l’issue de cette conférence parallèle, l’unanimité a été faite au tour du premier adjoint au maire de la Commune III, Bakary Séméga. Lequel est également pressenti comme le candidat de la même tendance aux communales avortées.
Le rebondissement de la tendance réputée proche de Tréta, selon nos sources, s’explique par une alerte de taille : la soudaine apparition d’acteurs nouveaux dans les structures du parti sous l’étiquette de l’équipe dirigée par Bréhima Bomboté. On y dénombre par exemple le célèbre ministre de la Solidarité du développement social et de la reconstruction du Nord. Hissé au rang de deuxième personnalité du gouvernement depuis la destitution de Bocari Tréta, Hammadoun Konaté quitte en même temps le statut de simple sympathisant à celui de militant de pleine voix au Rpm au sein duquel il vient d’émerger comme principal animateur du point focal du centre commercial en Commune III. C’est à ce titre qu’il assure, depuis le Samedi 13 Février dernier, le poste très stratégique de secrétaire aux questions politiques du bureau mené par le secrétaire général sortant Bréhima Bomboté.
Mais, sa descente soudaine dans l’arène politique n’est qu’une puce à l’oreille de la tendance acquise au secrétaire général sortant du Bpn qui la perçoit visiblement comme une intention manifeste du pouvoir de tirer les ficelles du prochain congrès en positionnant ses hommes de main au détriment de l’homme à abattre. Ce n’est pas tout. Le même camp adverse subodore également un positionnement du ministre Konaté pour occuper la prestigieuse fonction refusée à son mentor : celle de Premier ministre et chef du gouvernement pour le compte de la formation présidentielle. Entre ces présomptions et les contestations, les plus acerbes, il n’y a qu’un pas que certains milieux Rpm de la Commune III n’ont pas hésité à franchir allant jusqu’à entonner les dénonciations semblables à celles qu’on entend souvent dans les rangs de l’opposition : la prééminence de la famille présidentielle dans les affaires publiques. Allusion est visiblement faite à la nature des liens entre les familles du ministre de la Solidarité et du chef de l’Etat.
La nouvelle dimension d’un phénomène ancien
Que ce soit par des membres de familles ou des tentacules d’autre nature, les joutes internes pour le contrôle du parti semblent enclenchées pour de bon au Rassemblement pour le Mali. D’un côté, un secrétaire général du Bpn qui se démène comme un beau diable pour conserver intact son enracinement dans les structures de base après sa déchéance gouvernementale. De l’autre, une irrésistible meute administrative qui n’a besoin d’aucune instruction pour le désaxer. Face à la puissante armada de membres du gouvernement et de responsables administratifs agissant pour le compte du pouvoir, les partisans de Bocari Tréta vont devoir batailler dur pour résister aux vagues déferlant de partout. Au-delà de la Commune III, les phénoménales cellules tendancieuses se sont déjà propagées et sont dormantes un peu partout. En Commune IV, la bataille de positionnement se manifeste également par l’existence d’une section parallèle acquise à un ministre fidèle au chef de l’Etat, tandis que la bataille de la Commune II est perdue d’avance pour le proche collaborateur de Bocari Tréta. Idem en Commune V où, une commission de réconciliation est à pied d’œuvre pour résoudre une crise interne qui s’était déjà manifestée sous d’autre forme en Commune VI.
La tendance n’est pas plus enviable à l’intérieur du pays. Avant le report du congrès et la suspension subséquente du processus de renouvellement des structures, les sections de Gao, Sikasso, Goundam, entre autres, qui affichaient les mêmes symptômes d’un phénomène auquel le clash entre le chef de l’Etat et Bocari Tréta sont sur le point de conférer une ampleur et des trais totalement différents.
Si la crise était jadis entretenue au gré des réflexes de positionnement au sein d’un parti au pouvoir, les tendances en décousent désormais sur le terrain du baromètre de loyauté au pouvoir d’Etat.
Entre adeptes d’une instrumentalisation du pouvoir par le politique et de l’instrument politique au service exclusif du pouvoir, le règlement de comptes s’annonce impitoyable.
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