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Quel Avenir Politique pour l’ADEMA-PASJ en 2018 ?
Publié le jeudi 25 fevrier 2016  |  CARREFOUR
Voeux
© aBamako.com par AS
Voeux de l`ADEMA à la presse
Bamako, le 23 janvier 2016 l`ADEMA a présenté son voeux de 2016 à la presse




L’Association Politique dénommée Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA), créée le 24 Octobre 1990 composée de citoyens patriotes et combattants acharnés, avait pour objet essentiel la quête de la démocratie plurielle, garante d’un développement économique et social harmonieux.
Elle s’est transformée en parti politique à la suite d’un congrès les 25 et 26 Mai 1991 pour prendre le nom d’ADEMA Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (ADEMA-PASJ).
Un Comité Exécutif de 23 membres, présidé par Alpha Oumar KONARE , a été mis en place.

Son projet de société et les valeurs de solidarité que le nouveau Parti incarnait lui ont valu les victoires aux premières élections libres et démocratiques organisées dans notre pays en 1992.
Le 8 Juin 1992 le Premier Président de la 3èmeRépublique était le Premier Président de l’ADEMA-PASJ. Le parti a commencé ce jour l’exercice du pouvoir pour dix ans. Le lourd héritage à l’époque qu’a bénéficié l’ADEMA-PASJ était politique, économique et social, en somme, toutes ces frustrations qui ont pris une part importante dans la révolution populaire de Janvier à Mars 1991 laissèrent entendre au parti que : Tout était à faire, tout était à construire sans les moyens pour le faire.

A cause de l’énormité des problèmes à l’époque, un haut responsable de la transition n’avait-il pas déclaré que seuls des fous ou de simples esprits pouvaient revendiquer le pouvoir au Mali, tellement les difficultés semblaient insurmontables et l’avenir incertain.
Aux premières élections municipales de l’ère démocratique, l’ADEMA-PASJ arriva en tête dans 13 communes sur 19 que comptait le pays à l’époque et totalisant 214 conseillers municipaux sur le 615 soit 33% des conseillers.

Aux premières élections législatives de l’ère démocratique en 1992 l’ADEMA-PASJ a obtenu 76 Députés sur 116, détenant du coup 40 localités sur 55.
La gestion du pouvoir par l’ADEMA-PASJ au commencement a été marquée par des crises politiques qui ont fait partir deux premiers ministres, pris en dehors de l’organe dirigeant du Parti (Younoussi TOURE-cadre de la BCEAO et Abdoulaye Sekou SOW notaire de son état).
La résolution de la crise est venue avec la nomination d’un de leurs à la personne d’Ibrahim Boubacar KEITA le 4 Février et l’application de la gestion concertée du Pouvoir entre les composantes du Mouvement démocratique.
Au début du 1er mandat de l’ADEMA-PASJ, la dévaluation du Franc CFA est venue se greffer aux crises existantes en Janvier 1994.

La pression des évènements était telle que beaucoup d’observateurs croyaient venir la fin du régime ADEMA-PASJ.
L’ADEMA-PASJ a donc tangué , mais n’a pas chaviré parce que le fait que, en plus de son poste de premier ministre, I.B.K a été élu à la tête du parti a permis de réduire les incompréhensions entre l’exécutif et la politique.
Cela a été une source de fierté pour le Parti ADEMA-PASJ, même si le Professeur Mamadou Lamine TRAORE1er Vice-président et plusieurs autres membres du Comité Exécutif ont quitté le Parti dont Tiémoko SANGARE, l’actuel Président de l’ADEMA-PASJ pour aller créer le MIRIA un Parti politique opposé désormais à l’ADEMA-PASJ

En 1997 au début du second mandat d’Alpha Oumar KONARE à la tête de l’Etat, l’ADEMA-PASJ a évité de donner un parlement monocolore à la démocratie, suite à des élections mal organisées.
C’est pourquoi, l’ADEMA-PASJ n’a pas hésité alors à porter sur ses propres listes, au détriment de ses propres militants qui ont été invités à céder leurs places, des candidats de l’opposition qui n’avaient aucune chance d’être élu autrement.
L’ADEMA a obtenu 118 Députés sur 147 pendant ces élections législatives.
Les militants de l’ADEMA-PASJ ont eu le courage et la lucidité politique de cet acte.

Création du Rassemblement Pour le Mali (RPM)
Le 9 Octobre 2000 I.B.K, n’étant plus Premier Ministre mais, Président du Parti, a jeté l’éponge lors de la conférence préparatoire au congrès extraordinaire du Parti.
Ce départ qui a constitué la deuxième crise au sein de l’ADEMA, a abouti à la création, le 30 Juin 2001, d’un nouveau Parti dénommé : Rassemblement Pour le Mali (RPM) avec 28 Députés.
L’Election de Dioncounda à la tête du Parti après cette deuxième crise avait aussi pour but de mettre fin au combat de positionnement de Chefs des partisans du Congrès Extraordinaire pour la tête du Parti.

Création de l’URD
La nomination du Prof. Dioncounda a permis au Parti de sortir du Congrès Extraordinaire dans de bonnes conditions en évitant des tiraillements inutiles.
Cependant, à l’approche des élections présidentielle et législatives de 2002, le Parti n’a pas su, malgré des efforts méritoires, éviter les primaires et la convention qui devaient servir à désigner le candidat du Parti. Le refus du consensus et les dérapages dans l’organisation de la campagne ont amené le Parti à se diviser et perdre l’élection présidentielle de 2002.
Le camp battu à la convention qui est celui de Soumeylou B. MAÏGA et ses militants ont voté pour le Candidat Général Amadou Toumani TOURE, pour faire tomber le candidat du Parti en la personne de Soumaïla CISSE.
Soumaïla et ses militants se sentant trahi ont en conséquence décidé de quitter et former un nouveau parti dénommé : Union pour la République et la Démocratie (URD) en 2003. C’est la troisième crise interne à l’ADEMA qui venait de créer trois Partis : MIRIA, RPM, URD depuis sa création et en dix ans de gestion étatique.

Aux élections législatives de 2002, l’ADEMA a eu 41 Députés contre 15 pour l’URD et 38 pour le RPM.
A l’image de l’ADEMA-PASJ, d’autres partis du Mouvement Démocratique ont enfanté de nombreux partis (CNID, RDP, PDP, URD etc.…).
La venue du dirigeant qui disait en 1992, que seul un fou sera tenté de venir à la tête du Mali, est l’œuvre des Partis du Mouvement démocratique de part leur façon de faire la politique. Le « Moi » a primé sur le « Nous ». L’intérêt particulier a pris la place de l’intérêt général qui a existé à la création de ces Partis. C’est ainsi qu’ATT a fait un retour à la tête de l’Etat avec la complicité du premier Président malien démocratiquement élu et les Partis politiques qui se sont sentis exclu de la gestion de l’ADEMA-PASJ. La démocratie venait de prendre un coup de semonce pour une période de dix ans par la faute des démocrates incapables de maintenir la cohésion en leur sein. Dans ce dérapage démocratique, la part de l’ADEMA-PASJ est très grande, du fait de son soutien (même si c’est une tendance du Parti) à ATT en 2002 et le Parti en entier en 2007, pour lui donner une victoire sur un plateau d’or. Son score de 71,2% contre 19,15% pour le candidat du RPM est en grande partie l’œuvre de l’ADEMA-PASJ. D’ailleurs c’est ce soutien à ATT qui va amener une quatrième scission interne au sein du Parti. En effet le deuxième Vice-président du Parti en la personne de Souleymane B MAIGA a claqué la porte de l’ADEMA-PASJ, pour créer sa formation en 2008 au nom de l’ASMA-CFP.
En 2007, les élections législatives ont donné 51 députés à l’ADEMA.
En 2012, au mois de mars donc à trois mois de la fin du 2ème mandat d’ATT, tous les partis politiques avaient choisi leurs candidats pour l’élection présidentielle d’Avril 2012, couplées d’un référendum pour une nouvelle constitution. Une crise sécuritaire commencée en janvier 2012 s’est aggravée au fil du temps, par l’annexion des localités des Régions du nord par les groupes armés Touareg venus de la Libye après l’assassinat de Mohamar KADAFI. Elle a fini par engendrer un coup d’Etat contre le Général Président ATT par une junte militaire commandée par des officiers subalternes. Ces officiers croyaient pouvoir diriger la transition. Mais ils ont abandonné le pouvoir sous le coup de la pression internationale.

Constitutionnellement Dioncounda TRAORÉ en tant que Président de l’Assemblée Nationale a pris les reines du pouvoir d’un pays laminé, affaibli militairement avec les 2/3 du territoire sous la coupe réglée des groupes armés Touareg, des combattants d’AQMI, des Terroristes etc.…
Il a fallu l’intervention de la France de Janvier à Avril 2013, pour chasser les terroristes, tout en protégeant, les groupes armés. Cette crise a apporté un discrédit sur les Partis politiques qui ont été partisans du système de gestion appliqué par ATT à savoir le consensus. Seul le RPM qui se disait opposé à ce consensus, malgré qu’il ait des ministres dans les gouvernements successifs de 2002 à 2012, a échappé à la vindicte populaire. Certains acteurs politiques l’accusent même d’avoir initié et soutenu le coup d’Etat dès le départ.
Le fait seulement d’avoir déclaré que le RPM est de l’opposition au même titre que le PARENA et le SADI, tous disposant de députés à l’Assemblée Nationale, lui a valu cette sympathie du peuple et de la junte. La sympathie et l’appui de la junte, aidant le candidat du RPM IBK, qui était à sa troisième tentative, a été élu au second tour avec presque 78%. Les plus grands Partis entre 2002 et 2013 comme l’ADEMA-PASJ et l’URD, se sont vus recalé avec des scores faibles respectivement 9% et 17%.
Au 2ème tour l’ADEMA-PASJ a choisi le camp du RPM, au détriment d’une convention qui lui liait au Front pour la Démocratie et la République (FDR) opposé dès le départ à la junte militaire. Cette décision a apporté une autre scission au sein de l’ADEMA avec le départ de cette formation de son Président par intérim Ibrahim N’DAYE qui a rejoint les rangs de l’URD en 2013. Les Partis politiques dont l’ADEMA-PASJ, ayant soutenu le candidat IBK au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2013, ont formé avec d’autres petits partis n’ayant pas présenté de candidats à l’élection présidentielle, la convention pour la majorité (CMP) au nombre de 67 partis politiques afin de soutenir le projet de société du Président IBK.

En 2013, aux élections législatives, le RPM a eu la majorité relative confortable avec 66 députés, l’URD avec 17 députés et l’ADEMA avec 15 députés. L’autre théorie qui voudrait que lorsque le rang change de sens, le premier devient dernier, sied bien à l’évolution politique du Mali à partir de 2013. En effet, l’ADEMA-PASJ qui disposait de 51 députés en 2007 contre 36 pour l’URD et 11 pour le RPM, s’est retrouvée 3ème rang national.
Voici les chiffres qui nous rendent des comptent à cet effet .En 1992 l’ADEMA a eu 65% des députés ; en 1997, l’ADEMA a eu 80% des députés ; en 2002 l’ADEMA a eu 27% des députés ; en 2007 l’ADEMA a eu 34% des députés ; en 2013 l’ADEMA a eu 10% des députés. Quelle décadence en chute libre ? L’ADEMA-PASJ a-t-elle amorcé en 20 ans de démocratie, sa courbe descendante, comme le ferait un produit commercial, qui a longtemps été le leader sur le marché, faute d’innovation ou d’apparition sur le marché d’un autre produit du même genre, mais avec d’autres attributs que le leader n’avait pas ?
Il y a de quoi réfléchir sur les causes de cette chute et l’avenir à inventer de nouveau.
Il est reconnu que tous ceux dont les promotions sont dues de l’ADEMA-PASJ finissent par la trahir. Cela a été le cas du président ADEMA, premier président démocratiquement élu du Mali, à la fin de son mandat de 10 ans. Il n’a trouvé mieux que de faire venir un indépendant
Cela a également été le cas de Dioucoumba TRAORE, Président de la transition pendant une année et demi. Il n’a même pas daigné appuyer ne serait ce que financièrement le candidat de l’ADEMA à l’élection présidentielle de 2013.il a préféré appuyer I.B.K. dont le parti est sorti des entrailles de l’ADEMA .Cela a été aussi le cas de nos cadres qui se trouvaient dans les gouvernements successifs de transition. Le cas le plus décrié est celui d’Abdoul Karim Konaté : ministre des finances ; semble-t-il selon les mauvaises langues, il a appuyé avec un montant de 100 millions de FCFA le candidat d’IBK .Ce qui lui vaut aujourd’hui d’être dans le gouvernement d’I.B.K.depuis Septembre 2013.
En 2002, le ministre de l’administration territoriale en la personne de Ousmane Sy a accepté semble-t-il de tricher le candidat de l’ADEMA, Soumi Champion au profit d’ATT. Où est donc le sérieux des cadres de l’ADEMA ?

Deux ans et demi, après son élection à la tête de l’Etat du Mali, la gouvernance d’IBK a pris du plomb dans l’aile, par manque de programme gouvernementale clair, de visions claires du développement, et de la mal gouvernance.
Nous savons que 2018 marquera la fin de son mandat. Les Partis de la Coalition pour la Majorité Présidentielle (CMP) seront comptables au même titre que le RPM du bilan d’IBK.A cet effet, beaucoup de questions trottent dans la tête des militants adémistes. L’ADEMA va-t-elle faire comme les Partis au Sénégal sous le règne d’Abdou DIOUF ? Pense-t-elle participer au diner jusqu’à la fin du repas pour oser dire ensuite que le repas n’était pas de son goût ?

L’ADEMA va-t-elle présenter un candidat contre celui du RPM, qui pourra être IBK ou Dr TRETA car chacun de ces deux a la chance d’être candidat en 2018 ? Où L’ADEMA va-t-elle soutenir dès le départ le candidat du RPM, pour récolter des dividendes aux élections législatives ? Va-t-elle fusionner avec le RPM, comme l’avait évoqué une fois le Président IBK lors de la rencontre des membres de l’international socialiste à Bamako en 2015 ? Ou alors sera-t-elle membre du grand Front de gauche avec comme leader le RPM comme le projette IBK ?
Ce qui semble être un théorème en politique, c’est que l’alternance au pouvoir bénéficie généralement aux partis qui ont gouté à l’opposition et disposant d’un poids politique réel sur le terrain.
L’ADEMA-PASJ va-t-elle mourir de sa belle mort d’ici l’an 2022 après les deux mandats du RPM à la tête de l’Etat ?
Le Comité Exécutif est invité non seulement à la réflexion, mais à la trouvaille d’une solution pour la survie de l’un des plus grands Partis politiques d’Afrique à l’avènement de la démocratie avec un score national de 69% en 1992.
Pour toutes ces questions, le fait de designer le président du parti, comme le candidat naturel, est-il la meilleure solution comme cela se passe dans la majorité des formations politiques en Afrique ? Si tel est le cas, il faudra alors mettre des gardes fous pour éviter que le président du parti, une fois élu président de la République, ne trahisse ses engagements par rapport aux cadres et à la ligne du parti.
Alassane TRAORE
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