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Forum de Kidal et dialogue politique : Y’a-t-il raison d’y croire ?
Publié le dimanche 6 mars 2016  |  Aujourd’hui-Mali
Rencontre
© aBamako.com par A.S
Rencontre IBK-CMA-Plateforme
Bamako, le 27 février 2016 le président Ibrahim Boubacar Keita a rencontré les groupes armés a Koulouba




Samedi, le chef de l’Etat a rencontré les signataires de l’Accord de paix pour convenir des modalités d’organisation d’un forum à Kidal. Dimanche, une table ronde a réuni la Majorité, l’Opposition, la Société civile, la Cma et la Plateforme pour scruter les pistes de mise en œuvre de l’Accord d’Alger de Mai-Juin 2015. Dans les deux cas, il s’agit du retour de la paix définitive au nord du Mali. Mais, pourquoi faudrait-il croire à l’aboutissement de telles initiatives sporadiques là où des processus minutieusement conçus, conduits et menés à terme ont échoué ? Grosse interrogation !

Le retour à une paix définitive, le recouvrement de l’intégrité du territoire national, le redéploiement des forces armées dans tout le nord du pays, le retour de l’administration publique à Kidal…vont-ils se réaliser sur un coup de bâton magique ? Cette interrogation qui taraude l’esprit des Maliens fait suite à l’activisme du landerneau politique noté la semaine passée, avec en vedette les groupes armés. De quoi s’agit-il?

Le 27 février, le gouvernement, la Coordination des mouvements armés (Cma) et la Plateforme étaient à Koulouba autour du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, à qui ils ont rendu compte des conclusions des concertations tenues entre eux du 19 au 26 février. Avec les trois parties signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation, il a été fondamentalement question de l’organisation du forum pour la paix et la réconciliation au Mali, prévu à Kidal du 27 au 30 mars 2016 pour clôturer le processus d’Anefis. Ce forum est considéré comme la panacée à la gravissime crise qui secoue le Mali depuis 2012. Parce que, selon ce qui est convenu, il permettra l’adoption d’un chronogramme sur deux mois (mars-avril 2016) de mise en œuvre des activités garantissant la sécurité publique et l’instauration d’une vie sociale normale sur tout le territoire; la mise en place des autorités intérimaires ainsi que d’un dispositif de sécurité commun pour contribuer à la protection des personnes et des biens et la libre circulation des personnes dans le pays; la concrétisation urgente du cantonnement des combattants à travers le processus de Ddr ; et l’accélération de la mise en œuvre des différentes dispositions de l’Accord de paix par l’adoption des textes y afférents et de préparer les élections.

Les groupes armés ont pris l’engagement devant le président de la République de tout entreprendre pour sécuriser les régions du Nord avec les forces de l’ordre et de sécurité maliennes et pour le retour de l’armée et de l’administration publique à Kidal. IBK a pris acte de ces promesses et fera sans doute tout pour que le forum “de toutes les solutions “ ait lieu.

Comme par enchantement, le lendemain, les forces vives de la Nation prennent le relais pour montrer leur ardent désir de paix. Sur initiative de l’Opposition malienne, la Majorité, la société civile, la Cma et la Plateforme se retrouvent autour d’une table afin d’imaginer ensemble un cadre quadripartite qui puisse être préservé pour que chacun, en ce qui le concerne, apporte sa contribution à la restauration de la paix et de la sécurité.

Pour eux, il est important qu’un dialogue s’instaure entre la classe politique, les acteurs économiques, la société civile et les mouvements armés du Nord afin que la réunification du pays puisse se faire très vite, ainsi que le redéploiement des forces armées et de sécurité et de l’Administration. Car, bien qu’un accord de paix et de réconciliation ait été signé depuis 8 à 9 mois, la situation sécuritaire dans le pays continue à se dégrader, l’intégrité du territoire n’est pas une réalité parce qu’il n’y a encore aucun symbole de l’Etat à Kidal. C’est d’ailleurs pourquoi, malgré l’espoir suscité par ces deux faits qui peuvent s’avérer déterminants dans l’avenir immédiat du pays, beaucoup de Maliens sont sceptiques, voire même carrément pessimistes.

Ils en veulent pour preuve, le nombre d’accords et de conventions signés depuis le début de la crise en 2012 par divers acteurs: l’Accord de Ouaga du 18 juillet 2012, les pourparlers inclusifs inter maliens (16 juillet 2014- Avril 2015), l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Tous ces textes reviennent quasiment sur les mêmes dispositions, qui ne sont jamais appliquées. Au contraire, les groupes armés les torpillent et vont signer entre eux d’autres conventions, à l’image de l’Accord d’Anéfis (entre les mouvements armés) et du Protocole d’entente de Kidal entre la Cma et le Gatia pour la gestion concertée de la capitale de l’Adrar des Iforas. Toutes ces combines se font en l’absence de l’Etat et sur son dos.

Dès lors, peut-on faire confiance en la parole et aux promesses de ces rebelles ? Faut-il croire en les retombées du futur forum de Kidal ? Là, gît tout un fatras de questions.

A.B. HAÏDARA
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