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Appellation Azawad: le point de non-retour
Publié le jeudi 10 mars 2016  |  Info Matin
Kidal:
© aBamako.com par mouhamar
Kidal: M. Pierre Buyoya a rendu une visite de courtoisie à Intalla Ag ATTAHER, patriarche des touareg
Kidal, le 08 Août 2014. La délégation de la mission de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel (MISAHEL) conduite par son Excellence monsieur Pierre Buyoya, Haut Représentant de l`Union Africaine a rendu une visite de courtoisie au patriarche des touareg, Intalla Ag ATTAHER.




L’appellation Azawad, un crève-cœur pour bon nombre de nos compatriotes qui y rattachent encore velléité sécessionniste, défiance vis-à-vis de l’État, au regard de la logique en cours et des positions tranchées affichées par ses défenseurs, sera la énième pilule à avaler parce qu’elle passera comme lettre à la poste.

La disposition de l’Accord pour la paix et la réconciliation traitant de cette question prépare grandement le lit à l’acceptation de ce terme qui suscite les plus vives passions. L’article 5 stipule en effet : ‘’La dimension socio‐politique des crises cycliques qui ont jalonné le septentrion malien nécessite un traitement politique. À cet égard, une Conférence d’Entente Nationale sera organisée durant la période intérimaire, avec le soutien du Comité de Suivi et sur la base d’une représentation équitable des parties, en vue de permettre un débat approfondi entre les composantes de la Nation malienne sur les causes profondes du conflit. Ce débat aura à prendre en charge, entre autre, la problématique de l’Azawad. Il devra dégager les éléments d’une solution devant permettre au Mali de transcender sa douloureuse épreuve, de valoriser la contribution de ses différentes composantes à l’identité du pays et de promouvoir une véritable réconciliation nationale…’’ A l’évidence si la question de l’Azawad est posée comme une problématique, le débat devant le prendre en charge n’est rien moins qu’une manière de rendre la pilule moins amère, au nom de la paix et de la réconciliation.

Le terrain est d’autant bien préparé que le même article de l’Accord stipule : ‘’L’appellation AZAWAD recouvre une réalité socio‐culturelle, mémorielle et symbolique partagée par différentes populations du nord Mali, constituant des composantes de la communauté nationale. Une compréhension commune de cette appellation qui reflète également une réalité humaine devra constituer la base du consensus nécessaire, dans le respect du caractère unitaire de l’État malien et de son intégrité territoriale’’.
Pour avoir signé l’Accord, les points qu’il contient sont contraignants. Quand on reconnaît une telle définition de l’Azawad, rien ne devrait plus s’occuper à son acceptation. À ce niveau, le vin est tiré, il faut le boire.
Mais, il ne s’agit pas que de cela. Il existe des positions tranchées en la matière avec lesquelles, il faudrait nécessairement composer. C’est le cas de Almou Ag Mohamed, un porte-parole de la CMA qui dit dans un de ses post : ‘’vous ne voulez pas qu’on utilise l’appellation «Azawad» pour désigner nos terres? Vous préférez que nous continuions à appeler chez nous «Nord Mali»? Pas de soucis, mais apprêtez-vous dans ce cas à appeler chez vous «Sud Mali». Comme ça, à l’image du Soudan, on finira par avoir: «Le Mali du Sud» et «Le Mali du Nord»’’. En dehors d’être une position radicale, celle de Almou Ag Mohamed, pose un problème d’équité qui n’est pas sans rappeler une dérive verbale qui a coûté très cher à certains pays, dont un près de chez nous. Dans ce pays, on a rattaché à des régions des religions.
Le palliatif à cette dérive pourrait et devrait se trouver dans cette conception de Zeidane Ag Sidi Alamine pour qui, «pour qu’on parle du Mali du Nord ou du Sud, il faut pouvoir séparer le blanc de l’œil du noir de l’œil ». Une très belle métaphore qui illustre à merveille l’unité nationale.
Pour autant, il est évident qu’une appellation recouvrant une réalité socio‐culturelle, mémorielle et symbolique partagée par différentes populations du nord Mali ne saurait en aucun cas contenir les gerbes d’une remise en cause de l’unité nationale, de la souveraineté de l’État sur toute l’étendue du territoire national, de la forme républicaine et laïque de l’État. C’est d’ailleurs la ligne rouge fixée par le Gouvernement dès l’entame des pourparlers d’Alger et acceptée par l’ensemble des Parties signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Par Bertin DAKOUO
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