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Le front social en ébullition : La révolte des syndicats
Publié le jeudi 17 mars 2016  |  L’aube
Premier
© aBamako.com par A.S
Premier conseil des ministres du gouvernement Modibo KEITA
Le Conseil des Ministres s`est réuni en session ordinaire, le mercredi 14 janvier 2015 dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Président de la République, Monsieur Ibrahim Boubacar KEÏTA.




IBK a chaud. Le président de la République est chauffé à blanc par un front social en ébullition qui ne lui laisse nul répit pour respirer. Entre la première centrale syndicale, l’Untm (qui a déjà débrayé une fois mais dont l’épée reste toujours pendante…), la deuxième, la Cstm (actuellement en guerre ouverte contre le régime) et les syndicats sectoriels de la magistrature, de la police, du CHU Point G, du CHU Gabriel Touré, des Csréf, de l’IUG, de la Coses, de l’Ortm, des services du travail du Mali etc. (qui ont tous leurs doléances brûlants à l’endroit du gouvernement), Ibrahim Boubacar Kéïta est acculé jusque dans ses derniers retranchements par des revendications sociales des travailleurs, et au-delà des Maliens, qui expriment ainsi leur ras-le-bol. Revue de dossiers non satisfaits entassés en file indienne sur la table du gouvernement !

IBK, celui-là même qui promettait monts et merveilles aux Maliens, est à l’épreuve de l’exercice du pouvoir. Une autre réalité qui exige bien plus que des mots. Il l’aura appris à ses dépens. En effet, déjà empêtré dans le dossier du nord, le président de la République et son gouvernement devront satisfaire les demandes sociales qui fusent désormais de partout. Du secteur de l’éducation à la santé, en passant par la justice et les banques, quasiment tous les syndicats ont maille à partir avec le gouvernement. Les derniers à rentrer dans la dance : les magistrats qui, le 10 mars dernier, annonçaient un bras de fer avec le département de justice pour la revalorisation de leur salaire. En effet, depuis sa dernière assemblée générale extraordinaire d’information, le Comité directeur du Syndicat autonome de la magistrature (SAM) est dans une logique de « guerre » pour la satisfaction de ses doléances, déclinées en 27 points de revendications. Lesquelles revendications ont été portées, le 11 février dernier, à la connaissance du département de tutelle de la magistrature. Mais il semble que les magistrats n’ont bénéficié aucune attention particulière. Toute chose qui aurait fait monter la tension au sein du SAM qui, désormais, n’exclut pas une union avec le Syndicat libre de la magistrature (Sylima) pour l’aboutissement de son combat. Les revendications du SAM portent sur le relèvement de la part du budget accordée au ministère de la Justice à hauteur de 10% au moins à compter de l’exercice 2017; l’alignement, du point de vue traitement et avantages, de la Cour suprême sur les institutions de même niveau, ainsi que sa dotation en moyens suffisants nécessaires à son fonctionnement; le relèvement de la grille indiciaire des magistrats (350 à 750 pour le magistrat en début de carrière et 1100 à 3500 pour le magistrat de grade exceptionnel); le rehaussement des indemnités de judicature à hauteur de 800.000 FCFA pour chaque magistrat; le rehaussement des indemnités de logement à hauteur de 500.000 FCFA pour le magistrat de la Cour suprême et 300.000 FCFA pour les autres magistrats. S’y ajoutent l’octroi de primes de responsabilité et de représentation à hauteur de 500.000 FCFA pour le président de la Cour suprême et le Procureur général près la Cour suprême; 400.000 FCFA pour les autres magistrats de la Cour suprême; 350.000 FCFA pour le premier président de Cour d’appel, le Procureur général près la Cour d’appel, les chefs des services centraux du ministère de la Justice et le magistrat en détachement; 300.000 FCFA pour tout autre magistrat de la Cour d’appel ou tout autre magistrat de l’Inspection des services judiciaires; 250.000 FCFA pour le Président du Tribunal de grande instance, le Président du Tribunal administratif, le Président du Tribunal de commerce, le Président du Tribunal du Travail, le Président du Tribunal pour enfants, le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance ; 200.000 FCFA pour le Président du Tribunal d’instance, le Procureur de la République près le Tribunal d’instance et tout magistrat en fonction dans un service central ou assimilé du ministère de la Justice; 150.000 FCFA pour tout autre magistrat d’une juridiction de premier degré.

Autres points de revendication du SAM, c’est l’octroi d’une prime de risque d’un montant de 150.000 FCFA pour tout magistrat; l’extension des dispositions du décret N°2014-0837/PRM du 10 novembre 2014 aux magistrats (indemnités de représentation et de responsabilité, d’eau, d’électricité, de téléphone, de résidence, primes de zone, de domesticité et autres); l’octroi d’une prime d’installation non taxable d’un montant de 2.000.000 FCFA au jeune magistrat au moment de son entrée en fonction; l’intégration des primes et indemnités aux salaires; la revalorisation des pensions des magistrats à hauteur de 50%; la dotation en carburant de tous les magistrats; la réparation des dommages matériels causés aux magistrats lors des évènements survenus dans la partie Nord du pays; l’élaboration d’un plan de carrière des magistrats et la classification des juridictions… La liste n’est pas exhaustive.



Si les magistrats n’ont pas encore déposé de préavis de grève, les enseignants de l’Institut Universitaire de Gestion (Iug), eux, ont déjà engagé une grève illimitée. Cette grève, déclenchée le 8 mars dernier, intervient après deux grèves observées pendant cette année 2016. Le syndicat exige de son Rectorat, entre autres, la révision de l’article 2 du contrat autorisant les contractuels à donner 12h en cours du soir ; les paiements en intégralité des heures supplémentaires de cours au titre du deuxième semestre (S2, S4) de l’année universitaire 2013/2014 ; les frais de surveillance, de correction et de secrétariat au titre du premier semestre (S1, S3, S5) de l’année universitaire 2014/2015 ; le reliquat (38,07 %) des heures supplémentaires de cours au titre du deuxième semestre de l’année universitaire 2014/2015. Ce n’est pas tout. Les enseignants réclament également les frais de surveillance, de correction et de secrétariat au titre du deuxième semestre (s2, s4) de l’année universitaire 2014/ 2015 ; la mise en place immédiat d’une commission de relecture des textes régissant l’UFP.

Des grèves annoncées pour fin mars

La Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM) a déposé un préavis de grève sur la table du gouvernement, suite à la non-satisfaction de ses engagements dans plusieurs secteurs comme la santé, l’éducation, transports, Banques, liberté syndicale. Et elle est résolue à battre le pavé afin que le gouvernement respecte ses engagements. A cet effet, la centrale syndicale a déposé un préavis de grève de 48 heures, à compter du 21 mars 2016. Sur le plan éducatif, la CSTM demande l’intégration de tous les enseignants contractuels des collectivités dans la Fonction publique de l’Etat ; l’application du décret N° 2015-0363/PRM du 19 Mai 2015 qui fixe le SMIG des enseignants en service dans les écoles communautaires, centres d’éducation au développement et jardins d’enfants. Aussi, la Cstm réclame des primes d’ancienneté pour les enseignants de l’enseignement privé catholique. Concernant la santé, la centrale syndicale revendique l’amélioration du plateau technique des structures sanitaires de l’hôpital du Point G, des Centres de santé de références et Communautaires et du CHU Gabriel Touré ; le recrutement par l’Etat du personnel spécialisé pour les hôpitaux et du personnel qualifié pour les Centres de Santé communautaires. Figure dans les revendications également l’instauration d’un plan de carrière pour les agents non professionnels de la santé en activité dans les hôpitaux etc. Au niveau des services de sécurité, le syndicat s’insurge contre les licenciements abusifs dont sont victimes certains agents. De nombreuses autres revendications concernent d’autres secteurs vitaux, et la centrale syndicale observera une grève de 48 Heures à partir du lundi 21 au mardi 22 Mars 2016 sur toute l’étendue du territoire pour la satisfaction des revendications qui figurent dans son cahier de doléances.

En ce mois de mars, prend fin l’ultimatum lancé par le Syndicat de la Police nationale. Ce syndicat se plaint de la lenteur constatée dans la mise en œuvre du décret 350 modifié relatif à l’application des primes et indemnités. En effet, les policiers estiment qu’ils doivent bénéficier, au même titre que tous les travailleurs, les primes et indemnités accordés par l’Etat dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs.

«Pendant que les autres camarades militaires se tapent 30.000 à 40.000F CFA, nous ne recevons que des miettes comme primes de logements, soit 2.000 FCFA pour les Sous-officiers, 2.250 pour les Inspecteurs et 2.750F pour les Commissaires. Depuis le 25 octobre 2015, nous avons saisi le ministre de tutelle à travers une correspondance. Dans un esprit de justice et d’équité, nous demandons la signature du décret des primes et indemnités prenant effet à partir du 01/01/ 2016», s’indignait le secrétaire général du syndicat de la police. Et il avait à l’occasion souligné que « les policiers montrerons leurs muscles » si rien n’est fait avant fin mars.

Rappelons que depuis décembre 2015, les fronts syndicaux s’ouvrent à un rythme vertigineux, sans que les autorités n’aient réussi aucune action susceptible d’atténuer les ardeurs. Ainsi, les grèves se suivent, causant au passage d’énormes préjudices aux citoyens et surtout au trésor public déjà fragilisé par des faits de délinquance financière. Les travailleurs de l’hôpital Gabriel Touré, ceux de l’ORTM tout comme la Coordination syndicale de l’enseignement secondaire(COSES) et le Comité syndical des services du travail du Mali (CSST) ont observé des grèves et restent jusque-là sur le pied de guerre pour exiger la satisfaction de différentes revendications. C’est dire combien le vieux est trimbalé par les syndicalistes dont les actes traduisent en réalité le malaise général qui s’est emparé des Maliens, depuis l’accession d’IBK au pouvoir.

Sambou Diarra

Mémé Sanogo
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