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Litiges fonciers: Les populations de Sanamadougou et de Sahou exigent la « restitution de leurs terres »
Publié le lundi 21 mars 2016  |  Le Républicain
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© aBamako.com par Androuicha
Point de presse du ministre des affaires foncières et des domaines de l`Etat
Bamako, le 27 juillet 2015 au cabinet du ministère des affaires foncières et des domaines de l`Etat. Le ministre Mohamed Ali Bathily a tenu un point de presse au sujet de la démolition des constructions illicites deSouleymanbougou en commune I du district de Bamako.




La Section Mali du réseau Afrique Europe Interact (AEI) a animé, le 18 mars 2016, au Centre Djoliba de Bamako, une conférence de presse pour informer l’opinion de l’évolution des litiges fonciers qui opposent les populations de Sanamadougou et Sahou à l’operateur économique Modibo Keïta. La conférence était animé par : Alassane Dicko, chargé de communication de la section de l’AEI Mali, Fassery Traoré, président mouvement des sans voix non moins membre de l’AEI, les chefs de village de Sanamadougou (Drissa Coulibaly) et de Sahou (Ousmane Coulibaly), le président du collectif des paysans de l’office du Niger (Copon), Karamoko Coulibaly. C’était en présence de Dorett Fuhrer, représentante de la section Europe de l’AEI. Selon les conférenciers, malgré la lettre écrite et envoyée au président de République et les autres institutions de la République, à la direction de l’Office du Niger à Ségou, le blocage qui prévaut dans la restitution des terres que réclament les deux villages persiste.

«AEI est un réseau d’initiatives basées au Mali, au Burkina Faso, au Togo, en Allemagne, en Autriche et aux Pays Bas. AEI est engagé pour un renforcement du rôle des paysans et paysannes, renforcement qui comprend un développement des méthodes de culture, à la condition également que leur standard de vie puisse être progressivement améliorée », indiquent d’entrée de jeu les conférenciers. Avant d’ajouter qu’un tel renforcement se trouve à leur avis en opposition avec la façon de procéder de Modibo Kéita à Sanamadougou et Sahou. Car l’expulsion de 3000 et 5000 personnes ne correspondent pas aux critères d’un développement durable. Selon les conférenciers, le bras de fer terrien qui prévaut entre les populations de Sanamadougou et Sahou et Modibo depuis 2010 n’a que trop durée. Et pourtant, indiquent ils, sa résolution est simple. «Seulement, il y a deux poids, deux mesures dans le traitement du dossier», s’indigent les orateurs.

D’où la lettre envoyée aux plus hautes autorités du pays dont le président IBK afin de résoudre définitivement cette crise avant le début de l’hivernage. Cela, pour permettre aux cultivateurs d’être en possession de leurs terres pour les cultures. Selon les conférenciers, le bail que tient en main Modibo Kéita est à 22 Km de Sanamadougou. Pour mettre un terme au désaccord, le réseau et les chefs des villages de Sanamadougou et de Sahou veulent que l’exploitation par Modibo Kéita sans bail de leurs terres, ait un jugement définitif pour éviter des problèmes.

Outre le non respect du bail qu’il a en main, selon le réseau, Modibo Kéita, n’a pas respecté se engagements avec ses partenaires financiers aussi notamment la Banque Africaine de Développement. «Modibo a eu 10,8 milliards de FCFA de crédit de la part de la Bad sous deux conditions : d’une part, qu’aucun conflit concernant Sanamadougou et Sahou ne soit existant, et d’autre part que les habitants reçoivent un paiement de toute les indemnités de cession des champs. Des indemnités que les deux villageois ont refusé de prendre contrairement à ce que dit les rapports des huissiers commis et du gouvernement avec la participation de CMAT (Convergence Mali contre les accaparements des terres)», explique les conférenciers.

Selon les deux chefs cités dessus, les populations veulent la restitution pure et simple de leurs terres de cultures (plus de 863 hectares) pour leur permettre de les exploiter pendant la campagne agricole 2016-2017. «Un grand meeting est en vu à Bamako par le réseau pour annoncer l’action ultime qui sera mener pour permettre aux villageois de récupérer leurs terres», conclu Fasséry Traoré.

Hadama B. Fofana
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