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Coup d’état du 22 mars 2012, un anniversaire qui entache un autre : La 2ème page sombre de l’histoire du Mali indépendant
Publié le lundi 21 mars 2016  |  Infosept
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© aBamako.com par as
Audience et départ du président de la République Fédérale du Nigeria Goodluck Jonathan.
20/10/12. Bamako. Hotel Radisson. Le président du comité militaire de suivi et de réforme Capitaine Amadou Haya Sanogo et l`ancien président Général Moussa Traore.




Comme le 19 Novembre 1968, le 22 Mars 2012 demeure, sans nul doute, la 2e tache noire sur les pages glorieuses de l’histoire du Mali indépendant. Ce second coup d’Etat, le plus ignoble du monde, a failli enterrer à jamais la démocratie malienne acquise de hautes luttes, enviée par tous et citée en exemple, surtout dans une Afrique marquée par une instabilité institutionnelle. Pour faire échec aux forces rétrogrades et restauratrices, les démocrates s’étaient mobilisés pour dire « NON ». Ils s’étaient constitués en mouvements dont le plus visible a été le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie et de la République (FDR) ou front anti putsch. Ce coup d’Etat ne doit-il pas permettre au mouvement démocratique de se remettre en cause ? N’était-il pas l’expression d’un malaise social ? L’armée n’a-t-elle pas autre chose à faire que de vouloir, à chaque fois, s’accaparer du pouvoir ?
22 Mars 1991, 22 mars 2012, deux dates et deux symboles. La première est celle du souvenir, du recueillement et de la prière pour les nombreux martyrs tombés sous les balles assassines du régime dictatorial de Moussa Traoré pour avoir réclamé leurs droits fondamentaux. La seconde date est sans nul doute celle de l’ignominie et certainement de la repentance pour ses auteurs qui sont aujourd’hui en taule.

C’est la date du recul et de la tentative de réécriture de l’histoire de notre pays. Le peuple malien se rappellera longtemps de ce coup d’arrêt contre sa démocratie un 22 mars 2012. Les mutins, avec à leur tête un certain Capitaine Amadou Haya Sanogo, ont justifié leur forfait sur l’ORTM, par leur volonté d’aller combattre la rébellion au nord. Mais que faute d’armes et de minutions, ils ont subi des revers sur le terrain alors qu’au même moment les hauts gradés se mettaient plein les poches.

Arguments convaincants si la suite n’était pas connue. La suite, c’est la mise à sac de l’administration par les militaires putschistes, le détournement des fonds versés à la junte par les structures financières et la chasse aux sorcières des anciens dignitaires. La suite, c’est aussi et surtout l’occupation des 2/3 du territoire national par le MNLA et les groupes terroristes islamistes armés suivi d’une campagne de diabolisation des responsables du désormais ex régime qui ont été vilipendés et pris à parti par les nouveaux hommes forts de la République.

Le bilan de 22 ans de démocratie en général et de 10 ans d’ATT en particulier, a été peint en noir par la junte et ses affidés qui ne sont autre que des leaders politiques et associatifs en mal de popularité. Ces leaders qui pensaient obtenir ce qu’ils n’avaient pas pu avoir par la voie des urnes se sont acoquinés aux putschistes pour jeter l’anathème sur les autres en les faisant passer pour les seuls responsables de la situation.

Vivement une prise de conscience des militaires pour que soit banni, à jamais, le spectre du coup d’Etat et que la voix du peuple soit la seule et unique arme pour sanctionner les hommes politiques et dirigeants véreux.

Youssouf Sissoko

youssouf@journalinfosept.com
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