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Après l’échec du Forum de Kidal : IBK doit dissoudre le gouvernement
Publié le jeudi 31 mars 2016  |  Le 22 Septembre
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Lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita
Bamako, le 11 juin 2015, le CICB a abrité la cérémonie de lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita, c`était sous la Haute présidence de SEM, Ibrahim Boubacar KEITA




Annoncé au sortir d’une rencontre tripartite Etat – Plateforme - CMA, à Koulouba, sous la haute présidence du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, le samedi 26 février dernier, le Forum de Kidal, prévu du 27 au 30 mars, a été un flop magistral.
Il l’a été par la faute du gouvernement, qui s’est laissé arnaquer (de 200 millions selon une source crédible). Il l’a été également par la naïveté, voire l’incompétence, de l’équipe Modibo Keïta. Il l’a été aussi parce que le gouvernement manque cruellement de savoir -faire et de faire savoir. Pire, il utilise le mensonge, à travers la Cellule de communication de la Primature, comme arme de défense.
Résultat: le processus de paix est grippé. Le pays recule, au lieu d’avancer, dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. La conséquence de cette situation est toujours préjudiciable à l’unité nationale, dans la mesure où Kidal n’est toujours pas administrée par Bamako. Il reste le fief des bandits armés, qui sous-traitent avec les djihadistes, notamment ceux d’Ansar Dine d’Iyad Ag Aghaly.
Pourtant, la communauté internationale a donné au Mali la possibilité de faire revenir Kidal dans le giron malien, à travers le processus de paix. Malheureusement, ceux qui ont été mis en mission par le chef de l’Etat s’avèrent incapables de le faire. A commencer par le chef du gouvernement, ce grand commis de l’Etat, pétri d’une grande sagesse en raison de son âge, de son expérience, de sa modestie, qui n’est vraiment pas à la place qu’il faut.
Il est fatigué et épuisé. En tout cas, il n’a pas donné les résultats escomptés. Il parait très lourd dans l’action, dans l’initiative, dans la réaction. C’est ainsi que le Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) et les patrouilles mixtes ne sont toujours pas mises en place à Kidal, alors qu’ils devraient y être dans les 60 jours suivants la signature de l’Accord.
Que dire du cantonnement, prévu dans les 30 jours suivant la signature du document? Que dire également de la Commission technique de sécurité (CTS), inopérante, qui reprend les attributions de la Commission technique mixte de sécurité (CTMS) issue de l’Accord de Ouagadougou et élargie le 16 septembre 2014 à Alger? Idem pour la Commission d’intégration, prévue dans les 60 jours suivant la signature de l’accord. Beaucoup d’aspects du document issu du processus d’Alger, avec un chronogramme bien précis, n’ont pas été en œuvre.
Dans les faits, aucun projet de développement n’a évolué, en dehors des nombreuses réunions, sans suites concrètes. Les régions de Tombouctou et Kidal sous contrôle de Bamako ne bénéficient d’aucune largesse, parce que Kidal n’est pas libérée, par la faute du gouvernement, de ses tâtonnements, de ses incohérences.
Au même moment, on alloue 500 tonnes de riz à Kidal, plus précisément à l’adresse d’Alghabass Ag Intallah.
Ceux qui compliquent la vie à l’Etat, qui ne lui facilitent pas la tâche, sont adulés et bénéficient de tous les avantages, alors que la Plateforme, qui s’est sacrifiée pour obtenir l’existant, n’est point considérée et que les zones qu’elle occupe sont victimes d’injustices et de manque de générosité de l’Etat.
Nous ne sommes pas contre le fait que l’Etat donne des vivres aux affamés de Kidal, mais qu’il pense aussi à ceux de Gao et de Tombouctou, voire des autres régions. L’Etat, par ses maladresses, encourage Kidal dans son banditisme et dans son chantage. Il refuse d’amener le développement dans les autres régions. La preuve, c’est que toutes les localités contrôlées par la CMA (Anefif, Aguel-hoc, Inhalil…) sont électrifiées, par le truchement de la MINUSMA, alors que celles de la Plateforme restent dans l’obscurité, à l’instar de Tabancor, fief des mouvements pro-Bamako.
Les injustices sont criardes dans la gestion du conflit et le gouvernement ne s’y retrouve point. Il est basé à Bamako, sans jamais descendre sur le terrain, à l’exception du folklore auquel se livre le ministre en charge de la Réconciliation, Zahaby Ould Sidi Mohamed, dont la mission principale est auourd’hui de présider des rencontres dites communautaires, sur fond d’escroquerie, ou d’esquisser des pas de Takamba sur la scène de l’Institut national des arts ou sur l’Esplanade du CICB.
Il est vraiment dommage qu’au niveau du gouvernement la situation se soit très dégradée, à tel point que certains pensent au «Bé bi Ba bolo » d’ATT (chacun est entre les mains de sa mère).
Alors, comment gérer cette situation? IBK doit, sans états d’âme, dissoudre le gouvernement, pour former une nouvelle équipe dynamique, combative, prête à aller au charbon pour l’honneur du Mali et pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des Maliens.
Un attelage gouvernemental qui viendra pour servir, et non se servir et secourir les familles politiques et biologiques. Il faut de véritables hommes et femmes d’Etat, qui savent s’oublier un moment pour servir la cause nationale.
Sinon, à ce rythme, le pays ne s’en sortira point. Le plus tôt sera le mieux. Autrement, le réveil pourrait être brutal.
Chahana Takiou
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