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Le Mnla sommé de quitter son statut d’Etat
Publié le mardi 5 avril 2016  |  le Temoin
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© AFP par AHMED OUOBA
Le président du Burkina Faso reçoit des rébelles touareg maliens du MNLA prêts.
Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a reçu jeudi à Ouagadougou la rébellion touareg malienne du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).




Le Mouvement National de Libération de l’Azawad i avait proclamé la République de l’Azawad en fin Mars 2012, dans le sillage de l’occupation des régions septentrionales du Mali avec leurs alliés islamistes. S’en est suivie la mise en place d’un gouvernement en bonne et due forme sous l’égide d’animateurs comme Bilal Ag Asharif ou encore de ministres comme Mohamed Djeri. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont depuis et il ne reste de l’Etat de l’Azawad, depuis l’Accord issu du processus d’Alger, que des débris comme sa reconnaissance en tant que réalité mémorielle.

L’ultime estocade vient de lui être porté par ses alliés au sein de la CMA (structure faîtière des mouvements armés) qui réclament avec insistance que le Mnla quitte le statut d’Etat pour se mettre au même pied d’égalité que les autres composantes de la Coalition des Mouvements de l’Azawad. En d’autres termes, le Mouvement de Bilal Ag Asharif est sommé de se ravaler au niveau de mouvement armé au même titre qu’Ansar Dine d’Algabass Ag Intalla et la tendance séparatiste du Mouvement Arabe de l’Azawad. Aussi nous a –t-on confié, de sources proches de la CMA, les formalités de cette transformation seront effectives dès le mois de Mai prochain, à l’occasion d’un autre forum que le Mnla envisage d’organiser à cette fin.

Le temps des pugilats à l’hémicycle

L’Assemblée nationale du Mali n’a désormais rien à envier à ses homologues du Japon ou de l’Ukraine, dans le domaine de la violence. Jeudi, à la surprise générale des habitués de l’hémicycle, la délibération sur la loi modificative du Code des collectivités n’a pu se conclure sans échanges d’injures, d’invectives, de propos peu amènes et même de coups de poings. L’épreuve pugilistique a en effet mis aux prises un député de la majorité élu à Bougouni et un autre de l’opposition élu dans la région de Tombouctou. Leur affrontement allait sûrement déboucher sur une effusion de sang si d’autres collègues n’étaient intervenus pour éviter de justesse un corps-à-corps.

En cause, une mauvaise maitrise de la distribution de la parole par le président de l’Assemblée trop hésitant et pusillanime dans la gestion des interventions. Pendant que l’opposition réclamait ardemment la parole à la dernière ligne droite vers la délibération, Issaka Sidibé a commis la maladresse de demander l’avis de la majorité. Cette dernière, au regard de l’enjeu, a naturellement réagi par le négatif provoquant du coup l’ire du camp opposé jusqu’aux échanges d’invectives, d’insanités et autres forme d’expression propres à allumer le feu. Et, tenez-vous bien, le détenteur du perchoir n’a rien fait pour calmer les ardeurs de la vingtaine de députés VRD, lorsqu’ils ont décidé d’abandonner la salle en guise de protestation. Il a au contraire attiré l’attention de leurs collègues sur ce qu’il a lui-même présenté comme irresponsabilité de ceux d’entre eux qui avaient la tâche de procéder au décompte des voix.

La ministre inapte

La ministre en charge de la fonction publique et des relations avec les institutions de la République, Mme Diarra Raky Talla, aura raté chacune des occasions de s’illustrer et de jouer convenablement sa partition, jeudi dernier, lors des échanges houleux entre le gouvernement et l’Assemblée nationale sur une loi aussi sensible que le texte sur les autorités intérimaires. Au four et au moulin face aux multiples interpellations des élus, le ministre de tutelle Mohamed ag Erlaf s’est vu contraint de dénouer seul certains contentieux latents au risque de déboucher sur une crise inter-institution.

L’un d’entre eux avait trait à un amendement introduit dans le circuit parlementaire par le député Zoumana N’Dji Doumbia, dont la correspondance, bien qu’acheminée par le cabinet du président de l’AN, n’est visiblement pas parvenu à destination. Après plusieurs échanges, Raky Talla n’a pas été capable de lever les équivoques sur le sujet. Elle ne s’en est donné aucune peine d’ailleurs, pas plus qu’elle ne s’en est donné lors des échanges très corsés entre le même ministre Ag Erlaf et le député Yaya Sangaré, qui allaient frôlé la discourtoisie entre les deux institutions incarnées respectivement par un membre du gouvernement et de l’Assemblée nationale. La ministre en charge des relations avec les institutions était pendant tout ce temps affairée à passer des coups de fil. Avec qui, on ne saurait le dire.

Les calendriers et les agendas de Modibo Sidibé

Parmi les invités de la 14 ème conférence nationale, l’ancien Premier ministre d’ATT, Modibo Sidibé, aura été le plus en vue. Le président des FARE a visiblement préparé l’événement au détail près et s’est illustré en conséquence par un discours mieux fourni, à tous points de vue. A un point tel que plus d’une semaine après l’événement les observateurs avertis de la scène politique continuent de se l’arracher. Et pour cause, Modibo Sidibé, ancien ministre d’Alpha O Konaré, a dit à qui veut l’entendre qu’il se reconnait parfaitement dans l’Adéma et qu’il n’est point un étranger dans un parti auquel il est lié par le nombril, comme le dirait l’autre.

En outre, Modibo Sidibé n’est point passé par quatre chemins pour affirmer haut et fort tout l’intérêt et l’attention qu’il porte au projet de création du grand front de gauche annoncé depuis quelques temps. Le fondateur des FARE Anka Wili, très versé dans la politique depuis qu’il a quitté la Primature, est non seulement preneur mais également si pressé qu’il a fixé lui-même le calendrier dudit projet au 25 Mai prochain, date anniversaire du Pasj. Seulement voilà : le jeune-frère de Mandé Sidibé, par-delà ce calendrier, pourrait également avoir un agenda lié au putatif front de gauche. Or, les agendas du genre sont susceptibles le plus souvent de cristalliser les enjeux et ambitions au risque d’enlever toute autre teneur au projet.

Grâce à la députée Aziza, la ville Tombouctou sera enfin désenclavée

Après plusieurs décennies de rêve et d’espoirs brisés les uns après les autres, le calvaire des habitants de la Cité des 333 Saints pourrait bientôt connaitre une fin. Selon nos sources, en effet, bailleurs étrangers et partenaires techniques s’accordent à admettre la nécessité de désenclaver la ville mythique à travers la réalisation de deux grands qui tient à cœur la population. Il s’agit de la Route de l’Espoir (tronçon Douentza – Tombouctou) et du Pont devant relier Koriémé à l’autre rive du fleuve Niger jusqu’ici pratiqué au moyen d’un bac. L’intérêt des partenaires s’est manifesté pour les deux projets à la faveur d’une récente rencontre avec le département de l’Equipement à laquelle l’unique élue parlementaire du Cercle de Tombouctou était associée. Le conclave, qui s’est déroulée à l’Hôtel Salam, a été l’occasion pour la Secrétaire parlementaire de faire un vibrant plaidoyer et d’arracher aux bailleurs une promesse qu’aucune autorité n’a jamais pu obtenir auprès d’eux : l’intégration de la Route de l’Espoir dans les schémas de développement et de désenclavement de la 6ème Région. Jusque-là dans leurs projets n’étaient prise en compte que la réalisation du pont, mais la BADEA a finalement consenti à financer les études, à la lumière des arguments développés par la députée élue à Tombouctou sous la bannière de l’Adema. A tout seigneur, tout honneur.

Les nouvelles ardoises de la Bhm

Même dans une logique de fusion, la Banque de l’Habitat du Mali ne s’épargne pas les pratiques qui la tirent vers le bas. A en croire nos sources, en effet, le nouveau directoire installé pour la préparer à la jonction avec la BMS s’est occupé de tout sauf de mesures de redressement. Emporté par son élan et ses ambitions, le nouveau Dg de circonstance, de sources concordantes, a certes obtenu des résultats positifs qui proviennent plus de la vente du patrimoine que de produits bancaires proprement dits. Pour le reste, Lanfia Koïta, pour engranger des performances dignes de reconnaissance en si peu temps, aurait surtout tablé sur l’octroi de crédits massifs avec l’espoir de hausser virtuellement le niveau des emplois de la BHM. Il se susurre d’ailleurs que les crédits accordés pendant l’exercice écoulé atteignent le cumul des montants accordés pendant les dix dernières années. Pour une Banque sous perfusion, une telle permissivité fait naturellement jaser surtout que les largesses de la BHM n’ont été balisées par la moindre mesure prudentielle. Nos sources ajoutent également que les crédits massivement accordés sont le plus souvent alloués à des clients insolvables pour certains auprès de la même structure devant absorber la Banque de l’Habitat, la BMS en l’occurrence.

Perte d’humeur et d’humour

Avec un pays en lambeaux depuis le coup de massue assené par la junte du 22 Mars 2012, les Maliens en ont de moins en moins pour le fou-rire et la joie de vivre. Même certains shows jadis très prisés ont perdu de le leur notoriété auprès du public, à l’image de ‘Yelé Bougou’ dont on entend de moins en moins parler. Au fait le droit de rire se paie cher car en plus de payer pour accéder aux salles de spectacle, on est également obligé de refouler les préoccupations vitales pour s’offrir un instant d’éclatement plutôt assimilable à un exil dans le burlesque et le comique, dans le but de trahir une conscience constamment assaillie par les tracasseries. Quoi qu’il en soit, le subconscient finit toujours par prendre le dessus. En ce qui nous concerne nous Maliens, nous sommes si trahis par une perte progressive du sens de l’humour que le 1 er Avril passe inaperçu, à un rythme où de nombreuses générations ne l’ont vu passer. Perte d’humeur implique forcément perte d’humour et vice-versa.

La Rédaction
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