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Intégration des ex-combattants : baliser le processus Faire en sorte que la réalisation des nouvelles infrastructures accompagne le processus du cantonnement
Publié le mercredi 13 avril 2016  |  L’Informateur
Conférence
© aBamako.com par AS
Conférence de presse du Ministre de la défense sur l’attaque de Tombouctou
Bamako, le 05 février 2016 le Ministre de la défense a tenu une Conférence de presse sur l’attaque de Tombouctou




« Nous devrons éviter de signer des chèques en blanc. Pour éviter de faire un recrutement au rabais, les personnels intégrés doivent impérativement satisfaire aux exigences du recrutement dans l’armée » disait le ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Une mise au point lors de la cérémonie d’ouverture des journées de réflexion sur l’intégration des ex-combattants qui s’est tenue au CICB du 7 au 10 avril dernier. Tiéman Hubert Coulibaly avait à ses côtés le secrétaire permanent du Comité national de coordination de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la Réconciliation (CNCA), Inhaye Ag Mohamed, les chefs d’état-major et les directeurs de services centraux de l’armée, le représentant de la Banque mondiale.
Ces 4 jours de réflexion sont destinés à baliser un processus dont le maître d’œuvre est la commission ad ‘hoc qui verra très bientôt le jour. Les recommandations de ces journées de réflexion devront permettre à notre pays d’assurer le leadership dans la mise en œuvre de l’accord.
La problématique de l’intégration des ex-combattants constitue, selon le ministre Coulibaly, une préoccupation sécuritaire partagée et appelle à un appui multiforme de tous les acteurs concernés. La question générale de l’intégration des ex-combattants est déclinée en sous-thèmes comme « les principes de base de l’intégration » ; « les conditions d’attribution des grades et des fonctions de commandement » ; « les mesures d’accompagnement de l’intégration ».


« L’intégration des ex-combattants nous recommande, à tous et à tout moment, courage, tolérance, vigilance, rigueur mais surtout une réconciliation des cœurs et des esprits », a souligné le ministre de la Défense et des Anciens Combattants. C’est pourquoi, il a exhorté les FAMA au dépassement des contingences factices et factuelles et invité les ex-combattants à une compréhension mais surtout à une appropriation diligente des nouvelles exigences qui seront désormais les leurs. « En somme, il vous sera demandé de la courtoisie, le respect des opinions au cours de vos échanges. Le concert des nations exige un respect strict des normes et conventions internationales et des engagements pris dans l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger », a expliqué le ministre Coulibaly.
Tiéman Hubert Coulibaly qui a souligné que l’heure n’est plus à la réserve. Il faut, a-t-il estimé, s’engager, agir et au plus vite dans le cadre strict de l’accord. « Cependant, l’urgence ne doit en aucun cas prendre le dessus sur la nécessité du respect des principes fondateurs. Il revient alors à l’atelier de réfléchir sur l’intégration des ex-combattants et de baliser le chemin de ce processus », a-t-il demandé aux participants qui discuteront, entre autres, des effectifs à intégrer dans les FAMA, de la durée du processus d’intégration en conformité avec celle du DDR, des étapes obligatoires à franchir. Les réflexions porteront également sur les conditionnalités d’affectation dans un souci strict de cohésion et d’équilibre interne aux FAMa.
« Au-delà des effectifs à intégrer, la question des grades focalise une préoccupation essentielle, et cette dimension mérite une attention toute particulière. Certes l’accord prévoit une plus grande représentativité des ressortissants du nord dans les Forces armées reconstituées y compris dans les structures de commandement, mais il ne faut point douter que la paix et la quiétude tiennent aux équilibres et aux concessions », a tempéré Tiéman Hubert Coulibaly qui a rappelé que l’intégration des ex-combattants devient une question de gouvernance nationale. Il a surtout demandé aux participants de prévoir, redouter et éviter tout risque de non-adhésion populaire.
Ces journées vont aussi réfléchir à un mécanisme de suivi et des mesures correctives, des séances de formation pour la cohésion poste-intégration. « Les personnels intégrés devront avoir rempli une grille de sélection rigoureuse conformément aux conditions en vigueur dans l’armée, sans discrimination aucune », a instruit le ministre de la Défense et des Anciens Combattants.
Tiéman Hubert Coulibaly rappelé qu’un document de « Politique DDR du département de la défense » a été élaboré et présenté au Premier ministre et au président de la République. « Tout cela procède de notre volonté et de notre détermination à trouver une solution durable à la question de l’intégration des ex-combattants, conformément à l’esprit de l’accord. » Il a déploré, à ce propos, le fait que la question du cantonnement des combattants des groupes armés demeure encore hypothétique. Certes les sites ont été identifiés mais, regrette-t-il, les groupes peinent encore à rendre publiques leurs listes. L’accompagnement et l’appui des partenaires techniques et financiers sont, a-t-il cependant souligné, fort appréciables pour faire du DDR une réalité.
Dans une brève intervention, Inhaye Ag Mohamed a mis l’accent sur la mise en œuvre de l’accord, notamment dans son principe inclusif. Tous les acteurs doivent donc être associés pour éviter des frustrations. Le secrétaire permanent du Comité national de coordination de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la Réconciliation (CNCA) a, par ailleurs, félicité le département de la défense d’avoir initié ses journées.
Pour financer l’intégration des ex-combattants, les Nations unies ont mobilisé 10 millions de dollars (5 milliards de Fcfa) et la MINUSMA 3 millions de dollars (1,5 milliard de Fcfa).
Selon les conclusions des travaux, les effectifs des ex-combattants à intégrer au sein des forces armées maliennes et de sécurité doivent tenir compte non seulement des dispositions de l’accord, mais aussi de la Loi d’orientation et de programmation militaire. La durée de l’intégration s’appréciera en conformité avec celle du DDR. Il ressort aussi des travaux que la détermination des effectifs est essentielle pour l’accompagnement des partenaires. Les participants ont recommandé que le recrutement s’étende désormais à tous les cercles, arrondissements et localités du pays.
« Cela est aussi légitime car, dira le ministre Coulibaly, c’est un gage de la constitution d’une armée véritablement nationale. » Il a ajouté qu’un guide de méthodologie doit être mis en œuvre pour expliquer les critères d’intégration de façon à les rendre accessibles à tous. En ce qui concerne les conditions d’attribution des fonctions de commandement, les participants ont rappelé que les grades consacrent l’aptitude à exercer des fonctions déterminées.
La liste des ex-combattants doit être fournie et vérifiée dans le Système d’information, de conseil et d’orientation (ICRS). Aussi, l’appartenance à une unité combattante d’un mouvement signataire de l’accord issu du processus d’Alger, la définition de l’emploi de l’élément au niveau de l’unité combattante, l’expérience professionnelle, les limites d’âges, des grade, l’aptitude et les exemptions de mandats de dépôt, constituent, entre autres, des garde-fous et autant de conditionnalités à remplir.
Il faut retenir que tous les ex-combattants ne peuvent pas être éligibles à l’intégration. Cela évitera par exemple d’incorporer des enfants ou des éléments se trouvant dans les liens de la justice nationale ou internationale, ou même de combattants n’étant pas de nationalité malienne. « C’est pourquoi la question du recours au biométrique est à saluer », a indiqué le ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Pour éviter des frustrations dans l’armée, comme ça été le cas de par le passé, le respect de la pyramide des grades doit être un impératif dans l’attribution des grades, ont recommandé les participants à l’issue des journées de réflexion.
Par souci de conformité avec la Loi d’orientation et de programmation militaire, ne seront pas intégrés, les officiers supérieurs dont la fin de la disponibilité à servir sera dans 2 ou 3 ans. Parce que leur service prendra fin, juste au terme des formations normales qu’ils seront amenés à faire, alors que des formations spéciales ne seraient pas recommandables pour leur catégorie.
Autres détails importants dans les recommandations, les mesures d’accompagnement de l’intégration constituent un autre centre d’intérêt de grande importance. « A ce titre, nous ferons en sorte que la réalisation des nouvelles infrastructures accompagne le processus du cantonnement », a assuré le ministre Coulibaly qui a annoncé qu’un investissement de 27 milliards Fcfa est prévu pour la construction des infrastructures au profit de notre armée cette année.
Yattara Ibrahim
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