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Visites improvisées dans le Mali profond: La campagne avant l’heure ?
Publié le lundi 25 avril 2016  |  le repere
Conférence
© aBamako.com par A.S
Conférence de presse de Soumaila Cissé
Bamako, le 30 juillet 2015. Le chef de file de l’opposition malienne, honorable Soumaila Cissé était face à la presse à la Maison de la presse. Objectif : échanger avec les hommes de media sur le statut de l’opposition, le rôle du chef de file et donner son point de vue sur l’actualité au Mali




2018, c’est demain. Les acteurs politiques le savent mieux que quiconque. Déjà, ils affûtent leurs armes. Ils multiplient les tournées et les descentes sur le terrain. Du côté de la majorité présidentielle comme de l’opposition, l’objectif Koulouba prend le pas sur l’unité qui, elle, semble de façade.

Depuis quelques mois, les acteurs politiques multiplient les descentes sur le terrain. Certains disent aller pour des conférences régionales et d’autres pour une prise de contact avec les militants. Mais la réalité est tout autre, car la campagne présidentielle a bel et bien commencé, même si le contexte est loin d’être favorable.
Soumaïla Cissé, qui fut le challenger d’IBK en 2013, a décidé de ne plus s’éloigner de son électorat. Aujourd’hui, il est l’un des potentiels candidats qui sillonnent le plus le Mali profond. De Ségou à Gao, en passant par Kayes, Sikasso, Mopti, le chef de file de l’opposition ne ménage pas sa monture pour rencontrer et échanger avec ses militants.
En fait, il n’a pas le monopole de ces déplacements politiques. Tièman Hubert Coulibaly était à Diéma et dans d’autres localités de la région de Kayes, de Mopti, de Ségou et de Tombouctou.
Modibo Sidibé tente de convaincre l’électorat de certains quartiers de Bamako, pendant que Moussa Mara multiplie les voyages à l’extérieur et à l’intérieur du pays. Mara est aussi devenu très actif sur les réseaux sociaux. Il participe souvent à des prières et des prêches dans certaines mosquées de Bamako et hors de la capitale.
Quant à Oumar Mariko, il n’a pas trouvé meilleure campagne que d’aller s’afficher avec les rebelles de Kidal. Sera-t-elle une stratégie payante ? L’avenir nous le dira.
Quid des sorties du président de l’Adema, Tiémoko Sangaré. Qui cherche bon gré, mal gré, à recoller les morceaux d’un parti presqu’en lambeaux, par des visites à l’improviste et des conférences régionales.
Le parti présidentiel n’est pas en reste. Les visites du président de la République à l’intérieur du pays sont taxées également de « campagne avant l’heure » par les opposants au régime. Le Président IBK a déjà visité les régions de Sikasso, de Ségou, et projette dans les mois à venir des déplacements dans d’autres régions du Mali.
Ces actions ponctuelles prouvent à suffisance le degré d’engagement des potentiels candidats de 2018 à jouer leur partition dans la conquête de Koulouba. Mais ils flanchent tous au niveau des alliances politiques. Les partis de l’opposition comme de la mouvance présidentielle peinent à aller vers la construction d’un regroupement fort à l’image de l’UMP, en France, ou du RHDP, en Côte d’Ivoire.
Avec un regroupement de 63 partis politiques, la Convention de la Majorité Présidentielle (CMP) peine à imposer la vision du Président Ibrahim Boubacar Keïta et à défendre son bilan. Ils sont rares ceux qui mouillent sérieusement le maillot. Le président de la République a été obligé, lui-même, de descendre dans l’arène pour expliquer sa vision et son programme. IBK s’en est plaint de façon ouverte de cette majorité. Bocary Tréta en a fait autant. On est même arrivé à s’interroger sur l’importance de cette CMP.
Dans le contexte malien, les alliances sont très souvent de circonstances. Il y en a qui sont comme dirait l’autre « contre nature ». Avec de telles alliances, il ne faut pas s’attendre à des miracles. Car, le but premier de la plus part de ces partis est la perception de « dividendes », en termes de postes ministériels, de postes de directeurs… La CMP n’y échappe malheureusement pas. Il faut reconnaitre que la plus part des partis politiques qui la composent, sont incapables de sensibiliser et de mobiliser pour la cause du régime. Les quelques rares qui en sont capables voient déjà midi à leur porte.
Puisque la vocation d’un parti étant la conquête du pouvoir, pourquoi alors venté les mérites d’un parti « adverse » pour qu’il me coiffe au poteau à la prochaine élection ?, s’interroge la plus part des partis politiques. Avec une telle logique, on comprend aisément pourquoi, les partis de la CMP, au lieu de soutenir le RPM, parti présidentiel, préfèrent réaffirmer sur le bout des lèvres, lors des quelques rares congrès ou conférences nationales, leur soutien à IBK. Ça s’appelle être avec toi à moitié. Les récentes tournées de l’ADEMA Pasj, de l’ASMA-CFP et d’autres partis pour mobiliser leurs militants, en sont des preuves. Ces partis se retrouvent conforter dans leur posture, quand ils voient le parti présidentiel faire des tournées à l’intérieur du pays aux allures de campagne.

Quid de l’opposition ?
Dans cette course pour Koulouba, l’opposition n’est pas en reste. Dans ces rangs, il y a l’URD, qui fut deuxième à la présidentielle de 2013. Elle espère tout naturellement que 2018 sera la bonne. Le président de ce parti est d’ailleurs le chef de file de l’opposition. Jadis connu pour ses propos mesurés, Soumaïla Cissé commence à tenir des propos très durs contre le régime. Il a tout intérêt à se faire entendre, car au sein de l’opposition, il y a d’autres partis politiques et leurs leaders qui veulent le court-circuiter, comme le Parena de Tiébilé Dramé et les FARE de Modibo Sidibé.
La cohésion qui fait défaut à la majorité n’est pas non plus la chose la mieux partagée au sein de l’opposition. Mais la critique faisant plus de bruit et étant plus accrocheuse, on a tendance à croire à une opposition unie avec les mêmes ambitions. Tant que les leaders des partis politiques croiront qu’ils sont présidentiables, il faut oublier les alliances sincères sauf celles venant de partis n’ayant rien à perdre.
Abouba Fofana
Idrissa Maïga

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