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Sous-secteurs élevage et pêche : La faible capacité d’intervention des structures régionales
Publié le mercredi 4 mai 2016  |  L’Essor
Cérémonie
© aBamako.com par Androuicha
Cérémonie de passation de service au ministère du développement rural .
Bamako, le 18 janvier 2016 à la cité administrative. La salle de conférence du ministère du développement rural a servi de cadre à la cérémonie de passation de service entre le ministre sortant du développement rural Dr Bocary TRETA et les ministres entrants de l`agriculture et de l`élevage et de la pêche, respectivement Kassoum DENON et Dr Nango DEMBELE. (Photo Nango DEMBELE )




Le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Nango Dembélé, était en visite de prise contact, la semaine dernière, avec les acteurs des sous-secteurs élevage et pêche de la région de Sikasso. Il était accompagné d’une forte délégation composée, entre autres, de son chef de cabinet, Seydou Diakité, du Dr Souleymane Camara, directeur national adjoint des services vétérinaires, de Salia Togola, député et membre de la commission développement rural de l’Assemblée nationale.
Les sous-secteurs l’élevage et pêche ont pâti de leur association avec l’agriculture sous la tutelle d’un seul ministère car l’agriculture a drainé la quasi-totalité des financements alloués au monde rural. L’élevage et la pêche, « parents pauvres » du secteur, sont pourtant des « mines d’or » en friche, ont soutenu les acteurs des deux sous-secteurs pour décrire la réalité qu’ils vivent au quotidien. Pour eux, il faut soutenir ces sous-secteurs afin de donner toute sa puissance au monde rural pour assurer la sécurité alimentaire, donner du travail aux jeunes.
C’est pourquoi ils ont salué la décision du président de la République de créer le ministère de l’Elevage et la Pêche et de confier le portefeuille au Dr Nango Dembélé qui a débuté, vendredi dernier, une tournée dans la région de Sikasso par la localité de Madina Diassa, dans le cercle de Yanfolila. Là, il a visité des réalisations du Projet de gestion durable du bétail ruminant endémique (PROGEBE-Mali) puis les troupeaux « N’dama », avant une rencontre avec les techniciens et les responsables des collectivités locales au Centre de conservation, de multiplication et de diffusion du bétail ruminant endémique de Madina Diassa.
Ce centre est chargé du programme de développement de l’élevage du bétail ruminant endémique du PROGEBE, conformément à un protocole d’entente entre les deux structures signé le 31 août 2010 pour un montant total de 110,5 millions de Fcfa sur une période 4 ans. Le centre a donc engagé des activités d’amélioration, de vulgarisation et de diffusion du bétail ruminant endémique. Mais la mission qui lui est confiée est perturbée par des contraintes que son directeur, le Dr Lassina Doumbia, a signalé au ministre. « Le centre est confronté aujourd’hui à un certain nombre de difficultés qui entravent la mise œuvre des activités.
Ces difficultés sont relatives au manque de financement. Nous n’arrivons pas payer notre personnel d’appui, nous avons une inscription au budget national qui, malheureusement, ne prend pas en compte ce type de personnel. Nous avons besoin d’un personnel motivé pour faire face à notre mission de conservation du bétail ruminant endémique. Il s’agit des bovins « N’dama », de la chèvre naine du sud et du mouton Djallonké », a expliqué le directeur. Ces espèces endémiques, indique-t-il, vivent dans des zones où elles sont confrontées à beaucoup de maladies. Nous ne devons pas laisser nos races disparaître, recommande-t-il, car « ce sont les patrimoines de la nation, nous devons faire en sorte qu’elles continuent d’exister. Cela ne veut pas dire que nous fermons la porte aux autres races, à l’innovation, aux croisements de races. Mais nous devons garder la race endémique », a-t-il plaidé.
La conservation de ces bétails ruminants endémiques est hautement problématique. Le manque de financement du Centre de conservation, de multiplication et de diffusion du bétail ruminant endémique de Madina Diassa est en train saper les réalisations effectuées par le PROGEBE au bénéfice du bétail ruminant endémique. Le député Salia Togola a rappelé que notre pays a ratifié la convention sur la biodiversité et qu’il a pris des engagements par rapport à la race « N’dama » dont la niche écologique est réduite à quelque pays dont le Mali.
Samedi dernier, le ministre Nango Dembélé a rencontré au gouvernorat de Sikasso les services techniques régionaux de son département, ainsi que les organisations socioprofessionnelles des filières bétail et pêche. Les échanges ont permis de dresser un tableau objectif mais inquiétant de la situation de l’élevage et de la pêche dans la région de Sikasso. Nango Dembélé a rappelé que la décision du président Keita de créer le ministère de l’Elevage et de la Pêche était l’expression d’une volonté très forte de donner à ces deux sous-secteurs tout l’importance socioéconomique qu’ils méritent. Ils représentent 24% du PIB. Le potentiel de création d’emplois des filières bétail, viande, lait, avicole est assez important, a souligné le ministre Dembélé.
Les responsables des services techniques régionaux de Sikasso ont souligné la vétusté des équipements, notamment à l’abattoir de Sikasso où 80% du sang des animaux abattus se perd. Les statistiques d’abattage y sont également très basses : 35 bovins et 60 ovins/caprins par jour. Le sous-secteur de la pêche à Sikasso souffre du déversement dans les eaux de matières dangereuses comme le mercure. Le manque de formation des pisciculteurs est une autre lacune dont souffre la pisciculture.
Face à toutes ces insuffisances, le ministre Dembélé a fait le constat d’un déficit de capacité d’intervention sur le terrain. « Les structures d’encadrement de notre département manquent cruellement de moyens en termes de personnel, de matériel et de financement. La mission qui nous est confiée exigera de nous qu’on élabore un plan d’urgence de réhabilitation de nos capacités d’intervention sur le terrain. Il y a un déficit d’investissement dans les sous-secteurs de l’élevage et de la pêche depuis plus de 10 ans », a-t-il précisé.
Pour lui, les insuffisances de nos services expliquent le fait que nos éleveurs traversent la frontière pour s’installer dans des pays voisins où il y a des infrastructures. « Avec la volonté politique affichée, nous allons mettre fin à cette situation en investissant fortement dans ces infrastructures d’accueil pour que nos éleveurs puissent rester au niveau du pays », a assuré le ministre Dembélé qui a promis de trouver une solution aux préoccupations exprimées. Il a insisté sur l’ambition de créer une industrie de la viande et du lait qui va nécessiter des mesures d’accompagnement comme la rétention du cheptel malien sur notre territoire.
Le ministre de l’Elevage et de la Pêche a expliqué que tout ce qui a été vu et entendu au cours de cette mission servira d’intrants dans la stratégie et le programme qui sont en train d’être élaborés.

K. DIAKITE
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