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Révision constitutionnelle : Attention – IBK exclut les partis politiques du jeu
Publié le vendredi 20 mai 2016  |  Carrefour
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Lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita
Bamako, le 11 juin 2015, le CICB a abrité la cérémonie de lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita, c`était sous la Haute présidence de SEM, Ibrahim Boubacar KEITA




Cela fait un an que l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation a été signé à Bamako le 15 Mai 2015 par le gouvernement et ses alliés du GATIA, de la plateforme et le 20 juin par la Coordination des Mouvements Armés de l’Azawad (CMA).

Le chemin a été long pour obtenir cet accord élaboré et imposé par la France et la Communauté Internationale.



Il a été signé en présence de plus d’une dizaine de Chefs d’Etat dont le Panafricaniste du Zimbawé et les représentants de la France, de l’Union Européenne, des Nations Unies ; notamment

Ladsous Secrétaire Adjoint en chargé du maintien de la paix etc…
Les partis politiques étaient également présents à la cérémonie de signature.

Si cette signature a été saluée par les partis de la majorité sans grande analyse du contenu du projet d’accord, ceux de l’opposition ont pris acte, faute d’avoir été écouté par le Président de la République lors de son élaboration.

En effet, vu la tournure prise dans les négociations, par la France qui imposait tout à l’Etat malien, l’opposition Républicaine a souhaité des consultations préparatoires nationales des futures assises des négociations entre l’Etat et les Groupes armés. Pour cela la classe politique devrait être non seulement consultée avec d’ailleurs toutes les forces vives de la Nation mais aussi sur toutes les questions majeures concernant la nation.

Cela en vu de dégager une plateforme et une vision nationale avant d’engager des pourparlers avec les groupes armés, pour le présent de l’avenir du Mali. Au lieu de cela, le régime a appliqué la politique de l’Autriche en ne voulant rien voir, rien entendre, rien dire.

Notre souveraineté a été sous-traitée à l’Algérie et à la communauté internationale.

Sur cet accord I.B.K a trouvé le moyen de faire la propagande sur les mérites d’un accord imposé à un peuple de dignité au détriment de l’Unité Nationale.

Le Ministre des Affaires Etrangères en la personne de Abdoulaye DIOP, avait nié au tout début de la présentation du projet d’accord, son incidence sur la constitution du 25 février 1992.

Mais au fur et à mesure que les hommes de droit se prononçaient sur le contenu de l’Accord, il a admis finalement le fait qu’il faut une révision de la constitution.

Un an après la signature, peu d’avancées significatives sont notées. Comme acquis, on peut citer la nomination des Gouverneurs de MENAKA et de TAOUDENI, la loi sur les élections et les autorités transitoires, la mise en place du comité de suivi de l’Accord fonctionnel partiellement. Comme points de blocage de part et d’autre on peut citer la mise en place des autorités transitoires dont le vote de la loi avait suscité une saisine de la Cour Constitutionnelle par les partis d’opposition à juste raison d’ailleurs. Egalement la non fourniture des listes de combattants dont certains milieux les chiffrent à 9000 éléments, le refus par la CMA du processus de cantonnement avant la mise en place des Autorités Transitoires, le partage des postes de responsabilités dans les Institutions de la République etc… sont autant de points de blocage du processus de paix.

Autant de points de blocage, que de manque de volonté et de jeux de cache-cache du gouvernement à l’endroit du peuple malien.

Dans la mesure ou l’Etat même est dans des jeux de cache-cache, que voudra donc la portée d’une révision constitutionnelle pour l’Unité Nationale, la laïcité, l’égalité de tous les citoyens devant la loi, etc… ?

La question mérite d’être posée, lorsqu’on sait qu’un hold-up politique se prépare contre la nation malienne.

En effet, la défiguration du Mali dans la violence et le mensonge d’Etat, et même l’abandon des régions du Nord aux groupes armés sont en marche du fait qu’un décret est désormais envisagé pour créer une soit- disante commission administrative de révision de la constitution du 25 février 1992.

Cette commission semble concerner sept Ministères, le secrétariat général du gouvernement, le Commissariat au développement institutionnel.

La Portion congrue revient aux partis politiques à raison de 1 représentant par groupement politique (les 67 partis de la majorité), les 11 partis de l’opposition, les centristes et les non-alignés.

Le conseil national de la jeunesse, le Forum de la société civile docile la CMA et la Plateforme bénéficient d’un poste chacune et tant pis pour la société civile insoumise au régime qui est totalement ignorée dans cette commission.

A l’image de l’Accord d’Alger, I.B.K veut encore tromper pour la énième fois le peuple meurtri du Mali par sa gouvernance ; en ramenant la révision constitutionnelle à une question fermée et non ouverte.

Le dit décret vient d’être signé pour créer le comité d’experts pour la révision constitutionnelle. Ce comité a pour tâches notamment

de prendre en compte les clauses de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger qui ont valeur constitutionnelle ;
de valoriser les acquis des précédentes tentatives de révision constitutionnelle ;
de corriger les insuffisances de la Constitution.
Il est composé d’un président, de deux rapporteurs, d’une équipe d’appui, des experts nationaux et internationaux au besoin. Sa durée est de six mois.

Le hic, est que c’est le Ministre chargé des Réformes de l’Etat qui se charge de choisir et de proposer les noms des membres du dit comité. Nous n’avons rien contre ce Ministre, mais pour une question de transparence, le Premier Ministre aurait dû se charger lui-même de cette tâche, même si quelque part, ils sont tous soupçonnés d’être contre les intérêts du Mali dans sa forme républicaine.

Et que dire de ce comportement d’I.B.K à l’endroit de son peuple, lui qui était le 6 Mai 2016 à la cérémonie commémorative du 60ème anniversaire de Mamadou KONATE, le père de la nation malienne ? Lui qui a chanté en même temps que les élèves de l’école qui porte son nom l’hymne à Mamadou KONATE dont voici un extrait : « notre Père KONATE, dans la dignité, nous suivons ta voie, nous voulons ta foi, la bataille du souvenir, la bataille de l’avenir, nous saurons les gagner »

I.B.K saura-t-il sauver le Mali et lui-même ?

I.B.K peut-il encore mériter de ce peuple ? C’est donc lui seul qui peut donner des réponses à ces questions.

Badou S KOBA
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